samedi 25 février 2012

[Critique] Cheval de guerre, de Steven Spielberg






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Cheval de guerre, de Steven
Spielberg



(Etats-Unis, 2011)



Sortie le 22 février 2012



Note :
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Steven Spielberg aurait-il tout du parfait petit alchimiste ? Quel autre cinéaste serait-il en effet capable avec autant d’aisance et de simplicité de transformer le plomb en or ? Avec « Cheval
de guerre », il prouve que même à partir d’une histoire niaiseuse au possible, tirée d’un roman pour enfants de Michael Morpurgo, il est capable de livrer un immense film ! Ainsi, cette histoire
d’amitié entre un jeune homme et son cheval séparés par la guerre mais qui finiront par se retrouver miraculeusement devient devant sa caméra un récit passionnant et vibrant, romanesque et
incroyable, dans lequel tout passe sans que l’on n’ait rien à en redire et cela en l’espace d’un instant, alors même que le film avoisine la durée des deux heures et demi… Un vrai petit « miracle
» de cinéma, en somme !

Pour réussir un tel exploit, il faut dire que Spielberg embrasse son scénario avec une fougue et une flamboyance folles, ne reculant devant aucune fantaisie, filmant en fin de compte l’amitié
d’Albert le garçon et de Joey le cheval comme une véritable histoire d’amour, romantique et passionnée ! C’est avec un rythme époustouflant et effréné, aussi désarçonnant qu’un cheval au galop
pourrait-on s’amuser à dire, que le cinéaste se lance dans une frénésie d’aventures et de rebondissements rocambolesques, depuis le dressage (l’éducation ?) de Joey par Albert dans la campagne
anglaise jusqu’à leurs retrouvailles inespérées dans les derniers grondements des tranchées de la première guerre mondiale… Entre temps, nous aurons vécu leur séparation déchirante, lorsque le
père d’Albert vend Joey à l’armée britannique, les péripéties incroyables et improbables du cheval entre les deux camps ennemis qui s’affrontent, les déboires d’Albert engagé dans le conflit pour
retrouver son ami équidé… Le tout donnant lieu à des séquences visuelles incroyables et admirables, depuis des reconstitutions impressionnantes du conflit jusqu’à Joey cavalant apeuré sur le
champ de bataille, traversant les tranchées pour finir par se prendre dans un enchevêtrement terrifiant de fils barbelés…

En utilisant une atmosphère de conte de fées, « Cheval de guerre » conserve une candeur et une naïveté à la fois très sérieuse et sincère pour montrer la tragédie historique qui entoure Albert et
Joey avec un regard touchant et particulier. Dès la naissance du cheval (scène à la grâce enchanteresse  où l’on se croirait presque dans « Bambi »), le film revêt une dimension merveilleuse
: elle se poursuit tout au long du récit en se confrontant pourtant à l’horreur de la guerre, qui nous est ainsi montrée sans fard mais avec les yeux de l’innocence… Cette thématique purement
spielbergienne est à son comble lorsque sur un champ de bataille, un soldat allemand aide un soldat anglais à dégager  le cheval de sa prison de fils barbelés… Et puis il y a cette manie de
l’ellipse lorsqu’il s’agit de montrer le moment de la mort : lorsque le soldat anglais qui monte Joey meurt désarçonné par une balle, on ne le voit ainsi par tomber de cheval (un premier plan
nous le montre galopant sur sa monture, un second plan nous montre un soldat allemand tirant, un dernier plan nous montre Joey courant seul sans son cavalier), et lorsque deux enfants soldats
sont exécutés pour désertion, l’aile d’un moulin recouvre pudiquement l’instant fatal, pour ne laisser voir ensuite que les deux jeunes corps à terre…

S’il y a constamment chez Spielberg une forme de « magie » de la représentation, on retrouve également dans son « Cheval de guerre » une forme très classique de faire du cinéma : un récit clair
et chronologique, une mise en scène forte et grandiose, une émotion vibrante et toujours vraie… On admire aussi l’économie de dialogues, qui permet au film de dire l’essentiel par sa forme, ses
images et la puissance de son style, jusqu’à cette fin entièrement muette autour des retrouvailles familiales, portée par des lumières presque fantastiques et le lyrisme de la musique de John
Williams… On a beau se demander comment cela est possible, on ne peut que rester sensible à la pure émotion de la magie incomparable du cinéma de Spielberg !



Autres films de Steven Spielberg :



- Les aventures de Tintin : le secret de la
Licorne



- E.T. l’extra-terrestre



- Sugarland Express































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9 commentaires:

  1. Une bien belle critique ! J'ai très envie de le voir même si pour certains ce film est trop mielleux et remplit de guimauve...


    Bises et bon dimanche !

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  2. Guère convaincu. J'ai vu le film et bien que j'adore Spielberg je l'ai trouvé trop long, trop baveux au niveau des émotions et (première fois de ma vie) la musique de Williams m'a paru trop
    agressive... Moyen selon moi.

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  3. Magnifique. J'ai été d'autant plus conquis par ce fier destrier spielbergien que je n'en attendait rien de particulier. La mièvrerie tant redoutée est en effet très bien bien habillée par la
    maestria du metteur en scène (et de ses collaborateurs, notamment Kaminski à la photo). Finalement rendue très présentable grâce à quelques scènes vraiment sidérantes, Spielberg nous la fait
    avaler sans broncher, mieux encore, avec grand plaisir. Une prouesse inattendue pour moi suis d'habitude plutôt à cheval sur ces principes .

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  4. Article tout à fait juste sur cette nouvelle claque signée Spielberg. Comme tu le dis il va sur du tout à fait classique, mais dans la plus grande des efficacités. Du grand cinéma, propre,
    émouvant et universel.

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  5. Un beau film mais Spileberg utilise de tros grosses ficelles pour en faire un mélo... 2 gros défauts : le début très très long et la dernière scène qui m'a fait penser à "Autant en emporte le
    vent", un choix qui ne colle en plus pas du tout au reste du film... Le cinéaste reste assez talentueux pour que la magie fonctionne mais ça reste un film moyen pour un Spielberg... 2/4

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  6. Merveilleux ce film! A mon avis, c'est celui-là qui aurait dû gagner un Oscar!

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  7. La magie de Speilberg est encore présente, et certaines séquences sont d'une grâce folle.


    Après je suis personnellement beaucoup moins sensible à ce type de mélodrame qui croise l'Histoire avec beaucoup de bons sentiments.

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  8.  


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    AEC.

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  9. je crois qu'aucun cheval n'a été mangé pendant le tournage de "cheval de guerre"... ;)

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