mercredi 16 février 2011

[Critique] Qui a envie d’être aimé ? d’Anne Giafferi



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Qui a envie d’être aimé ? d’Anne Giafferi (France, 2010)



Note :
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Mais pourquoi diable me suis-je mis à pleurer à chaudes larmes devant ce premier film d’Anne Giafferi ? Il est des projections, parfois, qui nous bouleversent sans trop savoir pourquoi, et au
cours desquelles on perd complètement le contrôle de nos glandes lacrymales… Mais pour le prétendu athée que je suis censé être (qui ne parle à Dieu qu’en de rares occasions et surtout dans le
secret le plus absolu et la dénégation la plus totale…), chialer devant un film évoquant le récit de la conversion d’un homme à la foi catholique, ça la fout quand même plutôt mal !

Adaptant le roman « Catholique anonyme » de son mari Thierry Bizot, dont elle ne partage pourtant pas l’expérience « mystique », la réalisatrice raconte le parcours atypique d’Antoine (doux et
subtil Eric Caravaca), homme « accompli » dans un milieu embourgeoisé qui rejette avec moquerie et prétention toute trace de religion… Marié, deux enfants, avocat reconnu, il se révèle un jour
mystérieusement attiré dans un groupe de catéchisme pour adultes, où il allait d’abord par « politesse » comme il dit (suite à une invitation), puis par curiosité, et enfin par conviction. Le
film est à la fois drôle et terriblement émouvant, et présente un personnage en proie au doute, qui n’ose d’ailleurs pas évoquer auprès de son entourage ses nouvelles réunions « catholiques »,
comme pétri de honte… La chose devient son secret et sa femme ira même jusqu’à le soupçonner d’avoir une liaison avec une autre femme, avant qu’il n’avoue comme on avoue un crime !

Mais la beauté de « Qui a envie d’être aimé ? » n’est pas tant cette rencontre inattendue d’un homme avec Dieu ; c’est bien plutôt la prise de conscience de cet homme de sa propre fragilité et de
son besoin des autres… Car la religion n’est pas présentée ici comme une transcendance, mais bel et bien comme une ré-humanisation ! Le nom de « Dieu » n’est pas alors à prendre comme une entité
supérieure, mais au contraire comme l’amour qui devrait régner parmi les hommes… On voit alors peu à peu Antoine chercher à reprendre le contact avec ceux qui l’entourent : sa famille bien sûr,
ou même parfois de parfaits inconnus… Mais ce n’est pas chose aisée, bien sûr, et c’est peut-être même la chose la plus difficile au monde : la chose qui demande le plus de travail sur soi, et
dont on ne peut jamais présager un juste retour en sa faveur… Tout le contraire des fondements même de notre société matérialiste.

Tout cela est si joliment montré, si subtilement et humainement amené, que j’en ai ainsi eu les yeux mouillés… Les rapports d’Antoine avec sa femme, avec sa sœur joyeusement désespérée
(formidable Valérie Bonneton !), avec son frère « mauvais garçon » (Benjamin Biolay) ou avec son père toujours sec à son égard, sont comme autant de tranches de vie qui entrent fatalement en
corrélation avec notre propre vie et nos propres expériences… Et cet inertie quasi christique d’Antoine devant la violence des autres, ses efforts souvent vains de conciliation, sa façon de
tendre l’autre joue… sont-ils autant de preuves d’amour suffisantes pour continuer encore un peu à garder foi en l’homme ?



 



Mise en perspective :



- La critique du film chez Nicolinux































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[Critique DVD] Entre nos mains, de Mariana Otero



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Entre nos mains, de Mariana Otero (France, 2010)



Sortie DVD le 16 février 2011 chez Diaphana



Note :
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Pour sauver leur entreprise de lingerie féminine au bord de la faillite, et par là même leurs emplois, des salariés décident de devenir leurs propres patrons en créant une SCOP, une forme de
coopérative permettant aux employés d’être les associés majoritaires de leur boite… A travers des bribes de conversations filmées sur leurs lieux de travail, les salariés nous montrent tout le
processus qui mènera, l’espèrent-ils, jusqu’à la concrétisation du projet. Le principe de mise en scène est simple et impose par là même une dimension touchante, à la fois très humaine et
sociale, laissant entrevoir la mise en place progressive des solidarités et du bien-être collectif.

En respectant strictement l’ordre chronologique et en découpant sa structure en autant d’épisodes qu’il y a de rebondissements dans l’aventure, le documentaire de Mariana Otero propose à la fois
une belle sobriété et une intensité assez palpitante… Sans aller jusqu’à dire que le film se construit comme un thriller à suspense, on vit au bout du compte au rythme de la vie de l’entreprise
et de ses employés, qui s’inquiètent bien sûr pour leur emploi et leur situation personnelle, tout en s’impliquant pourtant dans une expérience fusionnelle pleine d’espoir… A l’heure du chômage
de masse et de l’individualisme forcené dans le monde du travail, voilà un film qui fait du bien : le principe des SCOP instaure finalement un principe de démocratie dans la gestion même des
entreprises et subvertit par là même les logiques libérales, fondées sur des profits redistribués à des actionnaires n’ayant aucun contact véritable avec la vie de l’entreprise.

On demeure ainsi pris par la progression logique du film et l’avancée du projet de coopérative, avec les doutes et les questionnements que cela suppose, mais avec aussi ses coups de théâtre,
comme un piège tendu par l’ancien patron (le salaud !) ou l’abandon catastrophique d’un client important… Au final, même si la SCOP ne pourra malheureusement pas se faire dans ce cas, une ultime
séquence heureuse en forme de comédie musicale vient casser le poids de la fatalité et redonner espoir à tous les travailleurs qui voudraient se lancer dans de tels projets, à la fois novateurs
et militants, guidés par des principes d’égalité et de démocratie !

En DVD :
Le DVD d’« Entre nos mains » n’est vraiment pas avare en bonus ! Outre un « making of » amusant du tournage de l’épisode de comédie musicale, on y trouvera surtout deux entretiens fleuves
passionnants : l’un avec la réalisatrice Mariana Otero, qui explicite avec beaucoup d’intérêt la façon dont elle a travaillé, et l’autre avec Sylvie Nourry, qui nous éclaire avec pertinence sur
le fonctionnement des SCOP et ses implications sociétales.































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mardi 15 février 2011

[Critique] 127 heures, de Danny Boyle



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127 heures, de Danny Boyle (Grande-Bretagne, Etats-Unis, 2011)



Sortie nationale le 23 février 2011



Note :
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Aron Ralston, un jeune con inconséquent et égocentrique, décide de partir en balade dans les gorges de l’Utah sans prévenir personne. Gambadant et fonçant comme un dératé de canyon en canyon,
histoire de profiter de la nature à fond (mode « into the wild » pour débile on), il finit par sombrer dans l’un d’eux, chutant avec un amas de rochers et se coinçant méchamment la main dans la
pierre… au point d’être complètement bloqué au fond du trou, c’est ballot ! Commencent alors 127 heures de galère pendant lesquelles notre petit « trisomique » pseudo-héroïque fera tout pour se
dégager du piège…

Comme le film est basé sur le bouquin écrit du bout de son moignon par le véritable Aron Ralston, qui y raconte sa « vraie » expérience « in the real life », autant le dire d’emblée : le jeune
homme sortira vivant de cette sale affaire, en se découpant tranquillement le bras avec son canif… Au passage, prévenons les âmes sensibles, cet épisode du film, gore à souhait et bien cadré en
gros plans, se vit comme une petite épreuve visuelle, la découpe de son propre nerf étant toujours une activité un brin délicate et douloureuse ! Les amateurs de sensations fortes pourront quant
à eux y trouver un certain contentement…

Ceci étant dit, autant évacuer maintenant vite fait ce qui fâche un peu : le caractère presque héroïque d’une mise en scène toute à la gloire du jeune homme, érigé en « surhomme » des temps
modernes, alors qu’il ne fait que se prendre au piège de son propre manque de jugement… Mais même si le film glorifie finalement la connerie humaine, au fond on s'en fiche un peu, dans la mesure
où Danny Boyle nous prouve avant tout qu'il est un réalisateur de génie, soignant ses effets et signant une œuvre fondamentalement "cool" ! Du coup, on en oublie presque une fin à la morale
senti-"menthe-à-l'eau"-archi-convenue, dans laquelle on admire le jeune homme quelques années plus tard, nageant comme un gardon malgré son moignon tout mignon au bout du bras, marié avec
enfants, mais surtout n'omettant désormais jamais de dire à ceux qu'il aime où il allait quand il partait... C'est carrément gnan-gnan, profondément crétin et premier degré, mais pourtant ça
passe quand même, étrangement, grâce évidemment à l'épatent talent visuel du sympathique et éternellement jeune Danny "le cool" !

Et le cinéaste britannique s’en donne bien sûr à cœur joie du côté de l’image. Il faut dire que la gageure de départ, celle de tenir 90 minutes sur un type coincé dans un ravin, est remportée
haut la main ! A l’instar d’un Ewan McGregor plongeant dans les abysses de la cuvette des WC (« Trainspotting ») ou d’un Leonardo DiCaprio propulsé en héros de jeu vidéo (« La plage »), on
observe ici le personnage de James Franco (talentueux et beau jeune homme, expressif exactement comme il faut) dériver entre une multitude de délires fantasmatiques… Entre des flash-back sur ce
qui l’a conduit au fond de ce gouffre ou sur ce qu’il aurait dû faire avant d’y parvenir (ne pas laisser sa copine le quitter, prévenir sa môman qu’il partait en randonnée), des flashforward
imaginaires (une fête à laquelle il aurait pu aller au lieu de rester coincé là, un orage déversant sur lui des trombes d’eau lui permettant de s’échapper de son rocher), ou de curieux moments
aux portes de la folie (divagations hilarantes autour du chien des dessins animés Scoubidou, un sketch laissant le personnage s’imaginer qu’il est l’invité d’une émission de talk show idiote), «
127 heures » conserve un rythme effréné d’un bout à l’autre !

Si le caractère artificiel et « mode » du film pourra en agacer certains, avec des effets audiovisuels parfois vains ou purement décoratifs, il n’empêche que Danny Boyle sait magner sa caméra et
rivalise d’imagination pour surprendre le spectateur à chaque plan ! Un point de vue quasiment constamment subjectif de l’image permet par exemple de se situer au plus près du personnage, de le
sentir proche de nous et de presque éprouver ses émotions à pleine puissance : quand ce n’est pas son propre champ visuel que le plan adopte, on a alors droit de se retrouver à la place des
objets qui l’entourent, tel son caméscope, l’intérieur de sa gourde alors que le liquide file vers sa bouche, ou pourquoi pas la lame de son canif vue depuis l’intérieur de son bras… La mise en
scène se fait alors anatomique ! Bien qu’elle demeure essentiellement, pour notre plus grand bonheur de spectateurs d’ailleurs, complètement déjantée et joyeusement ludique : la scène
d’exposition, notamment, est une petite mine d’or frénétique… On citera notamment la main du personnage cherchant un couteau suisse dans un placard, bien en vue pour nous, mais que le personnage
finira par renoncer à trouver. Et on se doute bien alors que ça risque de vraiment lui manquer pour la suite du film !



 



Mise en perspective :



- La critique du film sur ASBAF



- La critique du film chez le passeur critique































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lundi 14 février 2011

[Expo] Science et Fiction : aventures croisées (à la Cité des sciences)


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Expo découverte « Science et Fiction : aventures croisées »
Du 21 octobre 2010 au 3 juillet 2011
A la Cité des sciences et de l’industrie (Paris)
Visitez le site web pour en savoir plus !




Une grande exposition à la Cité des sciences retrace actuellement les rapports souvent étroits qu’entretiennent la science et la fiction, en particulier lorsque la fiction se fait
science-fiction… Le parcours, joliment scénographié dans des décors futuristes, s’avère vite passionnant, en montrant notamment que si la science-fiction s’inspire largement des progrès de la
science pour s’écrire, elle va bien souvent au-delà et finit par la devancer ! C’est par exemple avec des décennies d’avance (voire des siècles, si l’on pense à Jules Verne) que certaines œuvres
de fiction annoncent les évolutions scientifiques futures, voire les questionnements éthiques ou sociétaux majeurs que se posent les civilisations.

Structurée autour de différentes thématiques (les voyages dans l’espace et le temps, l’invention d’autres sociétés…), l’exposition met à chaque fois en perspective des données scientifiques avec
ce qui en a été fait dans la fiction. Si la littérature et la bande dessinée restent très présentes par le biais de planches ou de nombreux manuscrits exposés (des feuillets de « La Planète des
singes » de Pierre Boule, notamment, montrant comment l’idée de « singe » est apparue en cours d’écriture !), c’est avant tout le cinéma et la télévision qui s’imposent au cœur de décors
immersifs, que le public traverse avec une certaine émotion…

Il serait impossible de tout citer, mais certaines pièces impressionnantes se détachent d’emblée, qu’il s’agisse d’un original du robot R2D2 de « La guerre des étoiles » ou d’une impressionnante maquette d’un vaisseau spatial de « Starship
Troopers », tous les deux ayant été utilisés pour le tournage des films en question ! Au gré des salles traversées, on est très vite captivé par l’agrégat de maquettes ou de répliques issues de
nombreux films célèbres, mais aussi d’objets divers emblématiques de nos souvenirs de cinéphiles. Evoquons en vrac des maquettes pour « 2001, l’Odyssée de l’espace », une réplique du monstre dans
« Alien » et du T-800 dans « Terminator », ou encore le « hoverboard » (mais aussi les faux journaux post-datés) utilisés dans la saga « Retour vers le futur »… On se retrouve aussi comme des gosses à traverser des
galeries entières composées des costumes des personnages des plus grands « Space Operas » télévisuels et d’autres grandes films de SF : « Star Trek » (aah, les maillots de corps pyjamas de la
série « classic » !), « Battlestar Galactica » (avec en prime un cerveau de Cylon exposé !), « Blade Runner », « Le cinquième élément »…etc.

Conservant un côté ludique de bout en bout, l’expo propose également quelques expériences amusantes : un voyage dans l’espace comme si on y était (enfin presque…), une caméra permettant de
visualiser les créatures des mondes parallèles qui nous entourent, ou un essai vidéo sur le temps, sa relativité et ses paradoxes, raconté par Melvil Poupaud et divisé sur quatre écrans géants.
Les thématiques étant illustrées par de nombreux extraits de films, on reste quand même parfois un peu frustré de voir des scènes amputées de leur meilleur, dès lors qu’elles commencent à devenir
trop sanglantes, mais ce sont là les conséquences logiques d’une exposition orientée « tout public »… C’est après tout une sacrée gageure, quand même, de confronter des enfants à certaines des
œuvres les plus violentes du cinéma populaire, tel que « Robocop » ou « Terminator » !































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dimanche 13 février 2011

[Critique] Braindead, de Peter Jackson


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Tous les dimanches, c'est désormais "le jour du saigneur" sur le blog de Phil Siné, avec la
critique d'un film d'horreur bien gore, bien saignant ou bien barré. Pour une première, rien de mieux que "Braindead", l'un des films les plus cultes et mythiques du genre... Enjoy !




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Braindead, de Peter Jackson (Nouvelle-Zélande, 1992)



Note :
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Film culte réalisé par Peter Jackson à l’époque où il faisait encore de bons films, à la fois audacieux et originaux, « Braindead » est une petite merveille dans l’univers du gore parodique et
déjanté ! Le film raconte l’histoire de Lionel, un jeune homme vivant sous la coupe d’une mère très possessive, qui tombe amoureux de la belle et hispanique Paquita, à qui le destin l’a
visiblement lié. Sauf que la mère de Lionel ne l’entend pas de cette oreille (cette même oreille qu’elle laissera tomber dans un bol de crème anglaise un peu plus tard dans le film…), et suivant
le petit couple jusqu’au zoo pour les espionner dans leur bluette sentimentale, elle se fait malencontreusement mordre par une espèce de singe rare et dangereux, née de l’accouplement de petits
singes violés par de gros rats et que l’on ne trouve que sur l’île de « skull island » (référence directe aux origines de King-Kong, soit dit en passant… tiens, tiens ?) Ni une ni deux, la
vieille mère se transforme progressivement en zombie sanguinaire que Lionel tâchera tant bien que mal de cacher dans la grande maison familiale : mais de fil en aiguille, elle mordra ici et là et
la demeure se retrouvera bien vite infestée de morts vivants… Commençant comme une mauvaise et caricaturale telenovela espagnole à voir au second degré, le long métrage s’achève ainsi dans des
torrents de sang ébouriffants, laissant toujours une place prépondérante à l’humour !

La mise en scène de Peter Jackson est constamment outrée et excessive, pour verser dans un grand guignol volontaire et parfaitement assumé : mouvements de caméra amples et exagérés, effets
visuels ou de maquillage « à la truelle », jeux excédés des acteurs, gros plans poussifs sur les visages… Tout est fait pour en rajouter une louche à chaque plan, comme si l’intention du cinéaste
devenait justement la perspective de la surenchère elle-même : surenchère gore, surenchère comique, surenchère dans le niveau de lecture du film, que l’on peut / doit voir au moultième degré !
Mais l’aspect cinématographique ne se limite pas à une mise en scène de folie, il fourmille aussi de références et d’hommages à l’histoire du cinéma et à plein d’autres choses, comme autant de
clins d’œil qui rendent le tout encore plus jouissif : l’île de King-Kong donc, « Psychose » de Hitchcock, des scènes burlesques mimées comme au temps du cinéma muet… ou encore des allusions à
l’univers du « cartoon » et à ses gags : Lionel faisant du sur-place en essayant de courir dans une flaque de sang, un gros bonhomme qui poursuit un bébé aux traits de dessin animé un hachoir à
la main…

« Braindead » ose ainsi aller très loin dans le délire furieusement barré et enchaîne les situations et les rebondissements à la fois drôles, ahurissants et inventifs ! On croise par exemple le
chemin de personnages haut en couleurs, tel qu’une infirmière mutante qui perd régulièrement (et littéralement) la tête, un monstrueux bébé rigolard et tête à claque, ou encore un prêtre peu à
cheval sur les traditions et professionnel des arts martiaux (« Au nom du seigneur, je vous botte le cul », déclamera-t-il à quelques zombies dans son cimetière). On assiste à de nombreuses
séquences peu ragoûtantes, mais néanmoins profondément originales et décalées : une tête qui s’éclaire après avoir été traversée par une ampoule électrique, des organes qui continuent à vivre et
à se promener sans leurs corps, Lionel s’occupant des zombies comme on s’occupe d’enfants (il faut le voir apprendre à manger à ces créatures lors d’une scène de repas inoubliable !) Bref, le
scénario nous embarque ainsi souvent vers des routes à peine imaginables, où la surprise est de tous les plans, nous guidant peu à peu jusqu’à un finale hallucinant, avec visiblement pour seul
mot d’ordre : déchiqueter tout ce qui bouge, au mixer ou même à la tondeuse à gazon, dans une débauche de sang et de membres coupés rarement vu dans un film !

Si « Braindead » est avant tout un puissant défouloir cathartique pour amateurs de gore et de trash, le tout abondamment saupoudré d’humour gras mais toujours pertinent, il n’en reste pas moins
une œuvre un peu plus fine (à sa façon) par endroits… A commencer par la relation de Lionel à sa mère, que l’on peut lire dans une perspective délicieusement psychanalytique ! Traumatisé par la
mort violente de son père quand il était enfant, le jeune homme demeure ainsi « captif » de sa vieille mère, femme « dévoratrice » dans tous les sens du terme, en particulier une fois qu’elle est
devenue zombie… Mais malgré sa monstruosité, Lionel fera tout pour la garder jusqu’au bout près de lui, l’idée de détruire sa mère s’avérant pour lui parfaitement atroce… Heureusement, la
rencontre de Paquita va pouvoir changer la donne et le décider à « couper le cordon ». Au cours d’une ultime scène, la mère devenue gigantesque finit par reprendre Lionel dans son ventre :
celui-ci n’aura alors plus d’autre choix que de la tuer de l’intérieur, figurant ainsi une « nouvelle naissance » bien sanglante, lui permettant enfin de partir tranquillement vivre son idylle
sentimentale avec sa belle… Une illustration quasi littérale des théories de ce cher Sigmund : absolument charmant !



 



Mise en perspective :



- Créatures célestes (Heavenly Creatures), de Peter
Jackson (Nouvelle-Zélande, 1995)



- Lovely bones, de Peter Jackson (EU-GB-Nouvelle-Zélande, 2010)































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samedi 12 février 2011

[Jeu] La Star mystère # 4


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Réponse : Mathieu Amalric



Trouvé par Violaine



Jouez et gagnez plein de cadeaux avec Phil Siné : guettez la publication des jeux sur le blog, soyez le premier à donner la bonne réponse en commentaire et accumulez un maximum
de points afin de choisir le lot que vous convoitez parmi la liste mentionnée un peu plus bas…

Règle de la « Star mystère » : Devinez quelle personnalité du cinéma se cache sur l’image ci-dessus et gagnez un point si vous parvenez à être le premier à donner la bonne
réponse en commentaire !

A partir de 3 points cumulés, vous pourrez choisir un cadeau parmi les suivants :
- 1 badge collector « I [love] Phil Siné » (3 points)
- 1 badge collector « I [star] Phil Siné » (3 points)
- 1 lot des 2 badges collector (4 points)
- DVD « The calling » de Richard Caesar (5 points)
- DVD « L’étrange créature du lac noir » de Jack Arnold
(accompagné du documentaire "Retour sur le lac noir") (5 points)
- DVD « Flandres » de Bruno Dumont (dans une superbe édition collector digipack
double-DVD, débordante de bonus passionnants !) (5 points)
- DVD  "Karaté Dog", de Bob Clark (5 points)
- DVD "Ally McBeal" (les 4 premiers épisodes de la saison 1) (5 points)
- DVD « Tropical Malady », d’Apichatpong Weerasethakul (5
points)
- 1 TV écran plasma 100 cm (1000 points)
- 1 voyage pour 2 personnes à Hollywood (1300 points)



Scores actuels :
Romainst : 5 points
Docratix : 2 points
Violaine : 1 point
Bruce Kraft : 1 point



Foxart : 1 point



 



Bonne chance à toutes et à tous !































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[Critique DVD] Submarino, de Thomas Vinterberg



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Submarino, de Thomas Vinterberg (Danemark, Suède, 2010)



Sortie DVD le 16 février 2011 chez MK2 et TF1 Vidéo



Note :
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Douze ans après son Prix du Jury cannois électrochoc avec « Festen », et après quelques tentatives de réalisation anglaise peu fructueuses, Thomas Vinterberg revient à ses premières amours, si
l’on puit dire, filmant le spectacle d’une tragédie familiale du côté de Copenhague…

Le terme « Submarino » désigne une technique de torture par laquelle on maintient la tête de la victime sous l'eau pour l’empêcher de respirer… Et tout le film semble d’ailleurs n’être qu’une
longue apnée, sans la moindre respiration et si possible jusqu’à ce que mort s’ensuive, pour les « héros » persécutés par la vie qui nous sont donnés à voir à l’écran. Tout commence notamment par
une séquence d’ouverture terrible et éprouvante, qui donne le ton de l’ensemble du film. Présentée comme un long flash-back, on assiste à l’enfance de deux frères, vivant seul dans une maison où
leur mère alcoolique rentre parfois complètement bourrée, tout juste bonne à les battre ou à s’écrouler au sol dans sa propre pisse… La vision de la mère giflant avec une force inouïe le visage
de l’aîné est d’une violence cruelle et dérangeante : le fils, qui est déjà adolescent, reste d’ailleurs debout, encaissant les coups sans broncher et avec un air de défi dans le regard, alors
que la mère s’effondre en arrière, vaincue par la propre violence des coups qu’elle porte et surtout par les effets des litres d’alcool qu’elle vient d’absorber… Histoire de se venger, on s’amuse
presque de voir les enfants prendre un pervers plaisir à électrocuter leur mère dans la flaque de sa propre urine… Sauf que l’horreur ne s’arrête pas là : la mère vient d’avoir un bébé, et ce
sont exclusivement les deux frangins qui s’en occupent… jusqu’au jour où l’irréparable arrive fatalement, comble du brutal et électrochoc inguérissable pour les deux enfants !

Le film continue en montrant les adultes que sont devenus ces deux frères, ayant fini par se perdre de vue. On s’intéresse d’abord au plus grand, à peine sorti de prison, qui passe une vie triste
et misérable, le visage marqué et impassible (l’acteur Jakob Cedergren est formidable !), à la recherche de son jeune frère… Puis l’on voit le jeune frère en question, père célibataire d’un petit
garçon, veuf d’une femme tuée par un automobiliste… Son garçon est désormais tout pour lui, même s’il ne s’en occupe pas très bien et que l’on veut lui en retirer la garde, même s’il est
dangereusement toxicomane et qu’il tombe peu à peu dans le marché de la drogue… Arrêtés tous les deux, les jeunes hommes affreusement écrasés par le poids de leur existence finissent par se
retrouver en prison, très furtivement… Car l’un d’eux mettra fin à ses jours, définitivement plus à même de remonter à la surface de l’eau pour respirer…

Noir c’est noir, on peut le dire à la vue de « Submarino » ! Tout semble sans espoir, et malgré une légère note positive dans la dernière scène, ainsi que le rappel de la toute première (le film
s’ouvre sur un baptême improvisé, immaculé par l’intermédiaire de draps blancs), Thomas Vinterberg n’hésite pas à chaque fois à en rajouter dans le glauque et le sinistre. On peut trouver ça très
étouffant, c’est vrai, mais c’est surtout sans concession, et porté par une mise en scène à la fois simple et dure, d’une brutalité bien souvent toute pétrie de l’intériorité à vif des
personnages… Les plans peuvent parfois être très beaux, notamment quand ils s’attardent sur les visages. Le tout demeure très sombre et très cru, magnifié par une lumière froide et terne qui
donne au film son atmosphère si particulière...



 



En DVD :



Peu nombreux, les compléments du DVD tournent étonnamment autour d’Ivan, un personnage secondaire, et de Vesterbro, le quartier où le film a été tourné. Deux featurettes d’une quinzaine de
minutes en tout, qui permettent néanmoins de mieux contextualiser l’univers très sombre du long métrage ou de découvrir un peu la façon dont Vinterberg travaille sur un tournage, notamment avec
ses acteurs...































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