Affichage des articles dont le libellé est Films du XXIe siècle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Films du XXIe siècle. Afficher tous les articles

mardi 22 avril 2014

[Critique] Les Citronniers, de Eran Riklis






les_citronniers.jpg
Les Citronniers



de Eran Riklis



(France, Israël, Allemagne, 2008)




star.gif

star.gif



Malgré son ancrage dans un contexte très réaliste (et politique) et le traitement psychologique réservé à ses personnages, « Les
citronniers » d'Eran Riklis appartient avant tout au genre de la fable. Ce film est une superbe métaphore du mal qui ronge deux peuples, en constante opposition depuis trop longtemps.



On peut à première vue y voir une adaptation libre de David contre Goliath, avec l'histoire de cette pauvre veuve palestinienne en
territoire occupé qui va tout faire pour défendre sa citronneraie, unique héritage de son père, qui visiblement met en péril la sécurité d'un ministre israélien, qui vient tout juste de
s'installer dans la maison voisine... Sauf que ça ne se terminera pas aussi bien que dans la Bible, car comme le dit quelqu'un dans le film : "Il n'y a que dans le cinéma hollywoodien que les
histoires finissent toujours bien". Dont acte alors, pour une fin plus douce amère, en cohérence avec le ton général qui parcourt ce très beau film, à la fois très touchant et intelligent.



Et l'intelligence des « Citronniers » apparaît dans la finesse de son message profondément humain. Chaque personnage semble
effectivement prisonnier de sa propre condition sociale et politique, alors même qu'au plus profond de lui il n'aspire qu'à la paix et à une meilleure connaissance de l'autre... Cette séparation
entre non plus deux êtres humains prêts à s'entendre, mais entre une palestinienne et un couple d'israéliens historiquement voués à se déchirer, cette séparation s'érigera d'ailleurs
littéralement en un immense mur entre les individus à la fin du film... Mur métaphore encore, de la petite histoire qui entre en résonance avec la grande. La subtilité du cinéaste rend l'ensemble
d'une grâce absolue et d'une douceur très émouvante... Je ne reparlerai pas ici (mais bon, un peu quand même...) de la phrase de Truffaut à propos de «
La Grande Illusion » de Renoir,
qui s'applique finalement aussi très bien au film de Riklis : "La cohabitation forcée [...] permet de faire ressortir les différences de classe, de race, de pensées et d'habitudes et,
naturellement, Jean Renoir évolue dans ce décor comme un poisson dans l'eau. L'idée qu'il a si souvent exprimée que le monde se divise horizontalement et non verticalement, c'est à dire par
affinités plutôt que par nationalités". Mais dans un monde en guerre, la nationalité dépasse les affinités et détruit toute entente possible...































  • Plus










mercredi 16 avril 2014

[Critique] Little Gay Boy, de Anthony Hickling


little_gay_boy.jpgLittle Gay Boy : un
Triptyque



de Anthony Hickling



(France, 2013)



Disponible en DVD et VOD chez L'Harmattan Vidéo




star.gif


Incroyable et hallucinant film que ce « Little Gay Boy », sous-titré « un Triptyque », afin que les initiales de son titre forment comme un clin d’œil le sigle « LGBT »… On est donc prévenu
d’emblée, on est ici dans l’ouverture d’esprit la plus large possible ! A vrai dire, rien que la structure du film est en soi surprenante et inhabituelle : ce premier « long métrage » de Anthony
Hickling est en réalité composé de trois courts-métrages, qui peuvent aussi bien être vus de façon indépendante que mis bout à bout pour une vision globale tout à fait cohérente…

En trois étapes, on suit ainsi le parcours d’un jeune homosexuel, de sa naissance à son « éducation » sexuelle, jusqu’à une grande histoire d’amour… Sauf que chacune de ces étapes est pervertie
systématiquement : le jeune homme est né des entrailles d’une grosse pute (« grosse » au sens littéral…), les rapports sexuels multiples du jeune homme sont des rapports de domination violents et
pervers, et l’histoire d’amour en question est celle qu’il vit avec son « père »…

Bien sûr, on est ici dans le symbolisme et le fantasme absolu, souligné par d’innombrables références du cinéaste à ses influences revendiquées : Pasolini ou Fellini côté cinéma, mais aussi les
photos de Wilhelm Von Gloeden (sublimant de jeunes hommes aux postures lascives en divinités grecques) ou encore les peintures de la Renaissance, qui font naître à chaque fin de partie du film
des visions hallucinées et presque kitsch de scènes éminemment christiques, comme l’Annonciation de l’ange Gabriel à Marie dans la première (sauf que l’enfant qu’elle porte est condamné à une vie
de souffrance et à mourir du Sida) ou la Cène pervertie avec délice et fulgurance dans la dernière… Comme l’explique le réalisateur lui-même, « l’idée était de proposer une relecture de
l’histoire, en l’occurrence de l’histoire biblique, à travers le prisme de la pensée Queer : raconter une histoire homosexuelle telle qu’elle n’aurait pas été racontée auparavant, en mettant en
avant cet aspect identitaire ».

Audacieux et provocateur, « Little Gay Boy » l’est obstinément… mais il ne l’est pas en vain, ou juste pour se faire remarquer. Il dresse effectivement un portrait douloureux de l’homosexualité
et du cheminement qu’elle suppose chez les homosexuels, notamment dans le rapport au père ou à ses substituts « féeriques »… Des séquences violentes de performances d’artistes viennent poser une
certaine folie comme corollaire au désastre psychologique de se sentir autre dans un monde qui nous rejette. « J’ai utilisé la symbolique religieuse comme métaphore de l’oppression des sexualités
et des identités sexuées », dit encore Anthony Hickling. Si une forme d’humour et d’ironie est présente dans son film, il rappelle les dangers inhérents au rejet de l’autre parce qu’il est
différent, comme à travers cette image d’une manif anti-gay assez ridicule et grotesque sur un lieu de drague, inquiétant écho aux récentes « manif pour tous » de notre monde malade…

En dépit de quelques maladresses et d’une esthétique très proche de l’expérimental pur, « Little Gay Boy » demeure pourtant furieusement intrigant et motivant… Anthony Hickling est un cinéaste à
suivre !































  • Plus










samedi 7 septembre 2013

[Critique] Backstage : Mylène Farmer part en live



backstage.jpg
Backstage



d’Emmanuelle Bercot



(France, 2004)



Passez un été "en chanté" avec Phil Siné !




star.gif

star.gif

star.gif


En intitulant son film « Backstage », la cinéaste Emmanuelle Bercot nous emmène en « coulisses ». A priori dans les coulisses du monde du show-business à travers la description du quotidien d’une
grande star de la variété française, mais peut-être bien plus certainement dans celles de l’adolescence, thème cher à la réalisatrice, avec le parcours de cette jeune « fan », absolue et maladive
dans son adulation, qui réussit à pénétrer l’intimité de la chanteuse à qui elle voue littéralement un « culte »…

C’est par le biais d’une émission à mi-chemin entre la variété et la télé-réalité que « Backstage » va se faire croiser deux mondes qui normalement ne se rencontrent jamais : celui de Lauren
Waks, célèbre chanteuse à succès, et celui d’une de ses plus grandes fans de 17 ans, Lucie, qui voit sa star débarquer à son domicile pour lui chanter une chanson, suite à la demande qu’a fait sa
mère, tout aussi allumée et collectionneuse d’autographes, à l’émission de télé. Sauf que la rencontre n’a pas lieu à ce moment-là, Lucie ne trouvant d’autre réaction que de s’enfermer dans sa
chambre devant le choc d’une telle confrontation… C’est à Paris, où la jeune fille s’enfuit pour retrouver son idole, que Lauren accepte de la recevoir dans l’hôtel de luxe où elle loge et de lui
faire alors pénétrer l’univers si fascinant dans lequel elle évolue…

C’est avant tout ce « choc » improbable et impossible de la star inaccessible et de sa fan que voulait montrer Emmanuelle Bercot : "Il y a un jeu du mystère et de la frustration. Le mirage doit
être préservé à tout prix. Entre les deux parties, le parcours est balisé par des vitres, des barrières, des gardes du corps... Autant de limites dressées entre deux mondes irrémédiablement
opposés, bien qu'entrelacés. Parfois, la rencontre se produit, mais les secondes sont alors sauvagement comptées. A l'origine de « Backstage », il y a eu cette question : qu'est-ce qui se
passerait si ces instants de quelques secondes se prolongeaient ? Qu'est-ce qui se passerait si le rapprochement illusoire entre une fan et son idole avait lieu, vraiment, physiquement, dans la
durée que suggère la découverte de l'un par l'autre ?" Par le prisme de la folie obsessionnelle d’une fan, qui révèle alors au sens propre sa position de « fanatique », la cinéaste filme au fond
quelque chose de la folie adolescente : les réactions passionnelles et irrationnelles, spontanées et presque dangereuses… Il y a de la cruauté, voire du sadisme, dans le jeu que finissent par
jouer les deux personnages principaux, et un mélange d’amour-haine qui demeure le vecteur de toutes les fascinations. Si Lucie finit par se transformer en succube quasi-vampirique à l’égard de
Lauren, commençant par lécher sa brosse à dents pour finir par s’offrir à son ex-amant, Lauren se révèle de son côté tout aussi perdue et enfantine que son admiratrice… La relation qu’elles
tissent se fait progressivement plus ambiguë et semble pouvoir dégénérer à tout instant : réaction épidermique quand la fan surprend sa star couchant avec un autre – la rendant alors « impure » à
ses yeux – ou tentative de noyade de sa fan pour la star qui se sent au fond dévorée par l’autre, au point de ne plus pouvoir exister ailleurs que dans ses fantasmes… De caprices de star en
dérives de fan, « Backstage » s’enfonce dans des abîmes de cruauté et d’autodestruction assez impressionnants !

Pour incarner ces deux personnages à fleur de peau, Bercot dirige avec beaucoup de talent deux actrices qui n’en manquent pas non plus ! Isild Le Besco fait presque peur tant son interprétation
de la folie de la fan, jusqu’à la perte de soi, semble authentique, et Emmanuelle Seigner électrise dans sa posture à la fois sévère et extrêmement fragile, glaçante et sensuelle… Son personnage
se rapproche d’ailleurs par bien des aspects d’une star bien connue de la chanson française, la seule à pouvoir comme dans le film créer un tel engouement auprès de son public : Mylène Farmer ! On dirait que les créateurs de « Backstage » se sont amusés à
disséminer tout au long du film comme autant d’indices révélant l’inspiration du personnage de Lauren Waks… La vision d’un concert qui ressemble plus à une messe grandiose et ritualisée, la
distance par rapport aux médias (Lauren ne voulait pas faire l’émission à la base), les fans qui campent devant son hôtel, l’évocation d’un certain « Laurent » à la composition des chansons de
Lauren (on pense forcément à Laurent Boutonnat), l’histoire au détour d’un dialogue des paillassons qui disparaissent du domicile de la star (des fans volaient régulièrement ceux de Mylène Farmer
lorsqu’elle n’habitait pas encore sa résidence surveillée), l’ambiguïté autour de la mort du père ou de l’inceste (la chanson « Blanc comme neige »)… et puis les chansons composées pour le film,
bien évidemment, enregistrées en qualité professionnelle avec la voix d’Emmanuelle Seigner (disponible dans leur intégralité sur la superbe B.O. du long métrage), qui paraissent parodier le style
poétique et mystérieux de Farmer (rythmes et musicalité, nappes sonores, vocabulaire utilisé dans les paroles, jeux d’écriture automatique…), au point de créer la même fascination chez
l’auditeur…



Perspective :



- Mylène Farmer fait son cinéma chez Phil Siné !































  • Plus










jeudi 5 septembre 2013

[Critique] Subwave : Le tunnel infernal



subwave.jpg
Subwave



de Anton Megerdichev



(Russie, 2013)



Actuellement en DVD et Blu-Ray chez Condor Entertainment




attention.gif

star.gif


Vous rêviez depuis longtemps du grand retour du film catastrophe ? Eh bien la Russie l’a fait pour vous, à travers cette « production ambitieuse » (dixit le dossier de presse) de 13 millions de
dollars (allez savoir combien ça fait en roubles !), qui sort directement en DVD par chez nous… A Moscou, une fuite dans le métro inonde un tunnel qui passe sous le fleuve et menace alors de
s’effondrer, après qu’une rame pleine de voyageur y ait bien sûr déraillé ! La grandeur soviétique, symbolisée par la construction de ce métro dans les années 30, en prend un sacré coup plus de
vingt ans après l’effondrement du bloc… « Subwave » évoque effectivement en (très léger) filigrane certaines conditions de vie à Moscou : eau courante aléatoire dans les immeubles, négligences en
matière de sécurité (via celle du métro), difficulté d’organiser les secours, pauvreté générale, même pour la famille d’un médecin par exemple… C’est intéressant, au fond, de trouver une telle
thématique dans un film dans lequel on attend a priori rien de bien folichon ! Pourtant, malgré un scénario archi attendu (le sort en suspens de quelques passagers miraculés, un happy end
larmoyant et presque moralisateur en matière de mœurs) et des personnages ultra stéréotypés (l’affrontement entre le mari et l’amant d’une même femme parmi les survivants du métro alourdit
notamment inutilement la tension dans la dernière partie du film), le film d’Anton Megerdichev sait réserver d’autres bonnes surprises, à commencer par des scènes d’action et des effets spéciaux
assez réussis, illustrés par une mise en scène certes pompée sur un cinéma hollywoodien moderne, mais parfaitement efficace pour ce genre de film… Un film au fond banal et sans surprise, mais pas
nul pour autant !































  • Plus










vendredi 23 août 2013

[Critique] Happy Feet, de George Miller



happy_feet.jpg
(Etats-Unis, Australie, 2005)



Passez un été "en chanté" avec Phil Siné !




star.gif


Voici un spectacle familial comme on aimerait en voir plus souvent, capable de plaire autant aux enfants qu’aux adultes… Il faut dire que cet univers dans lequel les manchots portent chacun un
nom de standard de la chanson (Mumble, Memphis, Gloria…) demeure parsemé de clins d’œil pour les grands, pendant que les plus petits resteront sous le charme de toutes ces petites bêtes en train
de pérorer en musique sur la banquise…

Certes, l’animation en images de synthèse se voulant réaliste propose un résultat assez décevant, pour ne pas dire d’une laideur monumentale, mais la fantaisie de l’ensemble nous permet néanmoins
de rester sous le charme… On est bien loin de la poésie qui émanait de « Babe », le petit cochon qui se rêvait chien de berger proposé par le même George Miller, mais les aventures de Mumble le
manchot, surnommé « Happy feet » à cause de ses pattes dansantes (alors qu’il est un médiocre chanteur, contrairement à tous les autres manchots de son espèce), possèdent suffisamment d’énergie
et d’idées pour parvenir à susciter l’émotion… Le héros est d’ailleurs un peu comme « Babe », devenant la risée de son peuple parce qu’il est différent – ou veut être différent. L’histoire se
révèle ainsi un joli conte sur la différence, la tolérance, doublé en outre d’une fable écologiste un brin maladroitement amenée mais qui a le mérite de se trouver là…

Si le scénario du film n’est pour le coup pas complètement convaincant, sans doute mal équilibré et proposant parfois des enchaînements de situations peu crédibles, il se rattrape amplement dans
ses séquences chantées, qui le transforment en véritable comédie musicale pour enfants ! De nombreuses chansons célèbres se laissent entendre à un rythme assez frénétique et réjouissant, offrant
un spectacle alerte et drôle, souvent parsemé de gags bien amenés… Au milieu des chansons, l’aventure et l’émotion priment, entre une course poursuite terrifiante entre Mumble et un léopard des
mers et un éloge de l’amour triomphant de la différence et de tous les préjugés !































  • Plus










mercredi 10 avril 2013

[Critique DVD] Vent d’Ouest, de Tim Staffel



vent_d_ouest.jpg
(Allemagne, 2012)



Disponible en DVD chez Outplay




attention.gif

star.gif


Adaptant son propre roman à l’écran, Tim Staffel évoque avec « Vent d’Ouest » une étrange relation entre deux garçons taciturnes, bravant le froid et le vent sur l’île de Sylt en mer du Nord,
entre l’Allemagne et le Danemark… Il y a Jesus, un garçon très beau mais loin d’être un sauveur comme son prénom l’indique : peu loquace, paumé, drogué, il révèle peu à peu un comportement
autodestructeur, qui finira par être une lourde charge pour Cem, l’autre garçon de l’histoire, qui le prend pourtant sous son aile. Cem semble l’opposé de Jesus : jeune travailleur bosseur et
déterminé, il refuse de voir son nouveau compagnon se faire du mal sous ses yeux et tente de l’aider, en l’hébergeant et en passant du temps avec lui…

Ce qui est beau dans cette histoire, c’est au fond son mystère : l’attraction de Cem pour Jesus demeure notamment très ambiguë et visiblement difficile à définir… Si le désir semble prégnant, la
relation des deux garçons reste pourtant purement platonique : on parlera alors d’une relation forte entre les deux jeunes hommes, où l’attachement paraît venir d’une grande énigme indicible…
Pour évoquer cette relation finalement très humaine dans ce qu’elle a d’indescriptible, la mise en scène très contemplative de Tim Staffel se révèle plutôt judicieuse, même si elle ne va sans
doute pas au bout de ses ambitions : l’exploitation du cadre naturel de l’île, où les personnages marchent des heures dans une nature peu chaleureuse, manque notamment de conviction ! « Vent
d’Ouest » enchaîne en outre certaines scènes parfois malheureuses et maladroites, liées parfois à une interprétation pas toujours très juste, malgré le charme incontestable des deux acteurs
principaux… On reste un peu sur sa faim au final, malgré une évocation à la base assez originale et intrigante.































  • Plus










jeudi 21 mars 2013

[Critique] Hulk, d’Ang Lee



hulk.jpg
(Etats-Unis, 2003)




attention.gif


Loin d’être le meilleur film d’Ang Lee (capable de choses quand même bien plus subtiles, à l’image de « Garçon d’honneur », de « Brokeback Mountain » ou dernièrement de « L’odyssée de Pi »), « Hulk » est très probablement son film le plus bourrin et le plus
hollywoodien ! Une débauche d’effets spéciaux (dont un Hulk numérique tellement vert qu’il en devient souvent risible) comble hélas trop souvent la vacuité de l’ensemble… Le développement «
scientifique » de l’intrigue, pourquoi pas, mais tout le côté psychodrame du passé fait vraiment nunuche et laisse finalement s’enchaîner à l’écran des séquences trop attendues et généralement
très convenues. Certaines scènes trop musclées et des trucages hyper-exagérés (Hulk sautant par exemple de montagne en montagne, ou l’artillerie plus que lourde de l’armée), qui pourraient être
drôles si l’on en ressentait vraiment l’ironie, transforme surtout le film en grand n’importe quoi hurlant et abêtissant ! C’est d’autant plus dommage qu’Ang Lee excelle à rendre l’atmosphère
typiquement « comics » de l’œuvre originale signée Stan Lee : il soigne notamment les transitions visuelles, à travers de multiples fondus d’images originaux ou par le biais d’une utilisation
dynamique et éclatée du « split screen », découpant l’écran presque à l’infini, le rendant ainsi assez proches des cases d’une planche de bande dessinée…



Perspectives :



- L’odyssée de Pi, d’Ang Lee



- Avengers, de Joss Whedon



- The Green Hornet (Le Frelon vert), de Michel Gondry



- Spider-Man, de Sam Raimi































  • Plus










vendredi 11 janvier 2013

[Critique] The Bubble, d’Eytan Fox



the bubble
The Bubble



d’Eytan Fox



(Israël, 2003)




star.gif

star.gif

star.gif

star.gif

coeur


« On ne veut pas des territoires, on veut danser ! » clament haut et fort les jeunes héros de « The Bubble ». Des personnages beaux, touchants et hauts en couleurs, qui voudraient « supprimer la
politique » et oublier la violence du conflit israélo-palestinien pour simplement vivre et profiter de leur jeunesse… C’est en gros le propos d’Eytan Fox dans sa description de Tel-Aviv, qu’il
décrit comme la ville de tous les possibles et des libertés au milieu de tous ces territoires écrasés par le poids de la guerre, des attentats, de la tradition et de l’intolérance. La « bulle »
du titre désigne justement cette ville qui contraste étrangement avec le reste de son pays : ce lieu est comme une bulle protectrice pour tous ceux qui veulent fuir la dure réalité du conflit et
toucher du doigt l’insouciance de la vie, en la vivant pleinement en dépit de tous les préjugés, notamment en matière de religion ou de sexualité… Mais une bulle reste une bulle, avec tout ce que
cela comprend de fragilité, et finit toujours par « éclater », aussi triste et désespéré que ce soit…

Il y a une belle fraîcheur et une sacrée liberté de mise en scène dans « The Bubble », qui offre une image ouverte et pleine d’espoir de la jeunesse israélienne… Avec une bande originale au top
et des jeunes acteurs enthousiastes et attachants, le film nous décrit le quotidien de trois colocataires libres et épanouis : Lulu, vendeuse de produits de beauté, Noam, disquaire, et Yali,
gérant d’un café… Les deux garçons sont homos et tous les trois participent activement à une association prônant la réconciliation des peuples avec une belle légèreté, en organisant par exemple
une « rave pour la paix » sur la plage. Le jour où Noam entame une liaison avec Ashraf, un palestinien qu’il a croisé à un « check point » où il terminait son service militaire forcé, leur vie va
se retrouver rattrapée par la triste réalité politique de leur nation… Pourtant c’est par l’humour et une certaine forme de superficialité qu’Eytan Fox nous entraîne dans ce sombre univers : une
superficialité seulement apparente néanmoins, à l’image de Tel-Aviv… « Cette ‘bulle’ est selon nous un mécanisme de survie », explique le cinéaste : sans leur insouciance, tous ces jeunes gens
auraient une vie proprement insupportable et invivable !

C’est avec finesse et un goût du détail impressionnant que le réalisateur nous raconte son histoire, écrite en collaboration avec son compagnon Gal Uchovsky. La scène du check point qui ouvre le
long métrage se révèle déjà en tout point admirable : en quelques plans seulement, Fox nous dit quasiment tout des problèmes de son pays ! D’un côté des militaires israéliens qui abusent de leur
pouvoir en voulant empêcher des journalistes palestiniens de filmer leur travail, ces derniers guettant la bavure ; de l’autre des palestiniens toujours obligés de se faire fouiller et écraser
par l’autorité israélienne, quitte à laisser provoquer des situations atroces : une femme enceinte perd son enfant dans l’attente de soins au barrage… Il y a aussi comme une provocation de la
part du cinéaste de faire naître l’histoire d’amour entre Noam et Ashraf précisément à cet endroit où se cristallisent toute la tension du conflit politique !

Si l’introduction du terrorisme dans la dernière partie du film se révèle peut-être un peu maladroite et appuyée, la subtilité avec laquelle « The Bubble » dresse les enjeux sociaux et politiques
de ses personnages est passionnante : l’obscurantisme sitôt quitté Tel-Aviv (l’incompréhension incompréhensible de la sœur d’Ashraf quand son frère lui révèle l’amour qu’il porte à un autre
homme), la bavure militaire tuant la sœur d’Ashraf le lendemain de son mariage, les attentats kamikazes à Tel-Aviv… Mais entre une référence amusante à « Jules et Jim » de Truffaut et une scène
d’amour très belle et sensuelle entre Noam et Ashraf, Eytan Fox revient cependant toujours à ce qui le motive peut-être le plus : la difficulté de l’amour homosexuel dans cette société… Cette
difficulté, vécue par Ashraf comme une impossibilité, explique sans doute la motivation de son acte à la fin du film : s’il se fait « éclater » en pleine rue de Tel-Aviv dans les bras de son
amant (après que tous deux se soient « éclatés » au lit), ce n’est au fond pas pour des raisons politiques, mais bel et bien amoureuses… Loin d’être un terroriste, il n’est au fond qu’un jeune
qui a perdu tout espoir dans ce monde : « Il y a peut-être un paradis où nous pourrons nous aimer » murmure sa voix off après sa mort, comme si son amour ne pouvait plus être vécu qu’en quittant
enfin la Terre…



Perspectives :



- Yossi, de Eytan Fox



- Mon Top 15 des films les plus Gay !































  • Plus










jeudi 29 novembre 2012

[Critique DVD] Better Things, de Duane Hopkins



better_things.jpg
(Grande-Bretagne, 2008)



Disponible en DVD et VOD le 4 décembre 2012 chez Memento Films




star.gif

star.gif


Dans « Better Things », Duane Hopkins filme les lieux où il a grandi, une toute petite ville de l’Angleterre rurale, où semble régner la tristesse et la grisaille. Mais sans tomber dans le piège
de l’autobiographie, ce premier long métrage soigne davantage la forme et le climat général qu’un récit trop écrit ou attendu… Le résultat est une œuvre atmosphérique à la photographie sublime et
à l’esthétique impressionnant, dont la pesanteur mélancolique rappelle beaucoup les chef-d’œuvres de Gus Van Sant… Parallélisme qui se révèle d’autant plus pertinent lorsque l’on constate que le
cinéaste s’attarde essentiellement sur le quotidien d’adolescents perdus et livrés à eux-mêmes, dont les visages et les regards évoquent plus la fin de vie que les promesses de l’avenir…

Certes, le film est dur et désespéré : on y côtoie la mort, la difficulté de communiquer avec l’autre, la question de l’amour et la tristesse de la chair… Mais « Better Things » n’est pas qu’une
plongée amère dans un réalisme social à se flinguer, c’est peut-être avant tout une expérience audiovisuelle unique et originale : l’aisance d’un montage qui juxtapose habilement les images,
créant à chaque fois tout un panel de sensations riches et intenses, accompagnée d’un travail subtil sur la musique et les sons, révèle la marque d’un auteur prometteur, dont on ne manquera pas
de suivre la carrière avec attention !

Bonus DVD :
Outre un entretien avec Duane Hopkins, le DVD propose de découvrir les deux premiers courts-métrages du réalisateur, aux titres éloquents : « Love or leave me alone » et « Field ».































  • Plus










lundi 19 novembre 2012

[Critique] Space Time : l’ultime odyssée, de William Eubank



space_time.jpg
(Etats-Unis, 2011)



Disponible en DVD et BR depuis le 6 novembre 2012 chez Emylia




star.gif


« Space time » est un film vraiment surprenant. En premier lieu, bien sûr, à cause de l’atmosphère fascinante et hypnotique qu’il parvient à créer sur les 80 minutes de sa durée… Proche du trip
métaphysique à la « 2001 l’odyssée de l’espace » (le sous-titre «
l’ultime odyssée » de son titre français en est d’ailleurs un indice…), ce premier film de William Eubank montre l’isolement de l’astronaute Lee Miller à bord de la Station Spatiale
Internationale après qu’il ait perdu tout contact avec la Terre, où la fin du monde a peut-être eu lieu… « Peut-être », parce que jamais rien ne paraît sûr dans ce long métrage, qui joue
justement sur les incertitudes, nous laissant aussi supposer que l’on est peut-être en train de vivre le parcours mental du héros, jusque dans ses fantasmes et ses délires ?

On est vraiment surpris par la capacité du film à nous embarquer dans des délires assez fous et bien souvent imbitables avec une aisance inattendue : de la solitude de l’homme, qui a pourtant
besoin de rapports sociaux, voire amoureux (c’est là que le titre original, « Love », s’éclaire enfin !), jusqu’à des visions hyper léchées de la Guerre de Sécession, « Space Time » embrasse
l’histoire humaine avec une fougue et une audace que l’on a rarement vues… Il faut dire que l’on est tout de suite impressionné par le soin extrême apporté aux images, réalisées pourtant avec des
moyens dérisoires ! La vision du réalisateur est pourtant simple, sa mise en scène multiplie les petits « trucs », et le tout conserve une cohérence et un aspect immersif joliment réussi…

Le reproche que l’on pourra formuler au long métrage concerne son esthétique fortement influencé par l’univers du clip. Il faut dire que William Eubank a essentiellement œuvré dans le domaine
auparavant et surtout que son film devait être à la base un ensemble d’une dizaine de clips pour illustrer les chansons d’un album du groupe Angels & Airwaves, qui servent d’ailleurs de bande
son à « Space time »… Le concept a ainsi dérivé vers autre chose, un peu comme une nouvelle voie expérimentale entre la musique et le cinéma. Et si le résultat n’est pas exempt de défauts, le
mystère qu’il dégage et la tentative qu’il propose sont déjà en soi des qualités réjouissantes… Une pure expérience audio-visuelle, dont la rareté même mérite que l’on s’y intéresse !

Bonus DVD : Making-Of, Scènes coupées, Interviews, Clips vidéos, Bande originale d’Angels and Airwaves, Diaporama, Copie digitale, Commentaire audio du film…































  • Plus










samedi 20 octobre 2012

[Critique DVD] Les révoltés de l’île du diable, de Marius Holst



revoltes_ile_du_diable.jpg
(Norvège,
2010)



Disponible en DVD et Blu-Ray le 24 octobre 2012 chez Filmedia




star.gif

star.gif


Inspiré de faits réels, « Les révoltés de l’île du diable » décrit la vie de jeunes garçons dans une maison de redressement isolée sur une île… Souvent là pour des délits mineurs et pour éviter
de se retrouver en prison, les adolescents se retrouvent finalement confrontés à bien pire que l’univers carcéral… A peine arrivés, on leur retire toute dignité et toute humanité en leur donnant
notamment un numéro de matricule en lieu et place de toute identité. Presque condamnés à des travaux forcés (travail dans les champs, dans la forêt… etc.), ils sont surtout soumis à la seule
volonté de leurs surveillants, qui décident de tout et entre autre du moment de leur libération… Subissant de multiples tortures et humiliations, souvent insidieuses, les personnages du film nous
font pénétrer un univers violents et traumatisants, qui fut pourtant la réalité de la Norvège du début du 20e siècle jusqu’en 1970.

L’arrivée d’un jeune homme visiblement plus endurci que les autres, ne pensant qu’à s’échapper pour repartir à la pêche à la baleine (belles échappées romanesques à la « Moby Dick » au fil du
long métrage…), va conduire la vie de l’établissement à des débordements qui mèneront à une rébellion terrible et tragique ! Le scénario, bien que construit sur un schéma assez convenu, propose
néanmoins une dramaturgie impressionnante et efficace… L’ensemble révèle une belle énergie et surtout un réalisme qui permet de renvoyer en permanence au pan de l’histoire norvégienne auquel se
réfère le film.

Si Marius Holst propose une mise en scène à la fois convaincante et puissante, ne laissant jamais la place à l’ennui, « Les révoltés de l’île du diable » doit également sa réussite à l’intensité
du jeu des jeunes comédiens… Pour la plupart débutants et ayant même pour certains déjà séjournés en prison, ils incarnent avec conviction les diverses figures imposées pour une dramaturgie
efficace : le héros fougueux, des personnages impulsifs, d’autres plus introvertis, voire fragiles et pour le coup atrocement abusés par la perversité de leurs gardiens….

« Les révoltés de l’île du diable » est une nouvelle preuve de la belle vivacité du cinéma norvégien, qui outre son efficacité tragique suggère également une certaine poésie, à travers les
aspirations du jeune personnage principal et de son terrible destin : la métaphore de la baleine qu’il décrit lui-même à plusieurs reprise lui va alors comme un gant… Il devient comme cet animal
harponné, capable de continuer à nager jusqu’à la mort, en dépit de ses blessures… Poignant !

Bonus DVD : Le DVD comprend un documentaire très intéressant sur « La véritable histoire de l’orphelinat de Bastoy ». Des images d’archives et des témoignages permettent de se
rendre compte de ce que fut véritablement cette prison pour mineurs…































  • Plus










dimanche 15 juillet 2012

[Critique] The reef, d’Andrew Traucki



the_reef.jpg
(Australie, 2009)



The Shark Attacks Summer, c'est tout l'été sur le blog de Phil Siné !




star.gif

star.gif


Clamant dès son introduction que son histoire se base sur des faits réels, le film d’Andrew Traucki revendique ainsi une certaine caution réaliste à cette énième mise en scène cinématographique
d’attaques de requin… Et c’est bien là justement que « The Reef » trouve sa force et un intérêt tout à fait notable et novateur. Le comportement du requin se révèle en effet ici nettement plus
crédible et naturaliste que dans tout autre film sur le sujet, bien éloigné des excès des « Dents de la mer » et de ses émules… On voit notamment l’animal tourner autour de ses proies humaines sans leur fondre
directement dessus, prendre son temps avant de se rapprocher et n’attaquer que lorsque jour du saigneurl’occasion s’avère le plus propice : agitations
plus soutenues des victimes, éloignement du groupe d’un des personnages…

Mais le réalisme apparaît également dans la situation de base de l’intrigue et surtout dans les comportements des personnages… Cinq amis s’en vont tranquillement sur un bateau quand paf ! un
récif retourne le tout et les laisse dériver au large sur la coque, sans beaucoup d’espoir d’être secourus… Il leur reste une chance : regagner l’île qu’ils viennent de quitter à la nage, en
espérant que les courants ne soient pas trop forts et que les requins habitants ces eaux ne soient pas trop affamés ce jour-là… Avant même l’apparition d’un véritable requin, la peur du petit
groupe se fait déjà shark attacks summersentir : la mer recèle une vie profuse et
l’eau s’agite quasiment en permanence… Le doute est continu sur ce qui les entoure et ce n’est pas le champ de vision que l’un des personnage possède avec des lunettes sous-marines qui peut
véritablement rassurer tout le monde : on scrute avec lui l’infinie profondeur de l’océan, ses mouvements, ses ombres incertaines et son inquiétante pesanteur… La panique commence à naître et
l’agitation gagne tout le monde lorsque le requin fait son apparition pour de bon ! Quand il fait une première victime, la douleur psychologique des vivants se fait prégnante et seul compte alors
l’instinct de survie… Va-t-on mourir noyé ou dévoré par un requin avant de regagner la terre que l’on n’aperçoit nulle part autour de soi, telle est la question !

En dépit de moyens minimaux, le film de Traucki possède un vrai pouvoir anxiogène, en grande partie grâce à une interprétation crédible des acteurs et d’une mise en scène remarquable
d’efficacité… Evitant soigneusement toute surenchère gore (par volonté ou par manque de crédit ?) et ne montrant jamais les acteurs et le requin dans le même plan (seul de vraies images de requin
apparaissent à l’écran), le cinéaste joue avec habileté d’une réalisation presque entièrement basée sur l’attente et l’inconnu, parvenant ainsi à maintenir une tension constante durant toute
l’heure où l’on reste seul en pleine mer avec les personnages… Le défi était de taille et l’on est agréablement surpris de le voir aussi bien relevé ! Il faut dire qu’une des leçons les plus
efficaces de la mise en scène cinématographique du « film de monstre » est ici respectée à la lettre : moins l’on montre le monstre et plus l’angoisse augmente dans l’esprit du spectateur…
Parvenir à un tel degré d’efficacité plus de 35 ans après le film précurseur et
exemplaire de Spielberg
, il fallait de l’audace et beaucoup de talent !



Index du Jour du Saigneur































  • Plus










mercredi 27 juin 2012

[Critique DVD] The hunters, de Chris Briant


the_hunters.jpg(France, 2010)



Sortie en DVD le 29 juin 2012 chez BAC films




attention.gif

star.gif


Il faut bien dire que « The hunters » débute plutôt mal. En cherchant visiblement à élaborer une intrigue complexe et crédible, le cinéaste-acteur Chris Briant (qui réalise et tient en même temps
le premier rôle de ce premier film) réussit finalement tout le contraire : la mise en place de l’action devient alors emberlificotée à souhait, avec une profusion de personnages dont l’ancrage
dans l’histoire se révèle assez chaotique et des enjeux scénaristiques embrouillés et mal amenés… Quand le personnage principal arrive enfin aux abords du mystérieux « Fort Goben », l’action et
la « chasse » à l’homme commence enfin, permettant au film de redresser un peu la barre, malgré une première demi-heure carrément décourageante… C’est bien dommage pour cette énième tentative de
« cinéma de genre » français, réalisée par un français mais tournée en anglais et avec des acteurs internationaux, qui sort directement en vidéo et qui n’a finalement de « brillant » que le nom
de son réalisateur…

Si le film n’est pas foncièrement mauvais et révèle une jolie sincérité dans sa mise en scène, qui fleure d’ailleurs bon l’urgence qui a du régner sur le plateau de tournage, on reste néanmoins
assez sceptique devant un ensemble très inégal, souvent pas très cohérent et globalement trop long… Par amour pour son film, le cinéaste n’a visiblement pas voulu trop couper dans le vif de la
pellicule, alors que le tout aurait certainement gagné à bénéficier d’un montage nettement plus resserré ! L’ennui règne souvent dans des scènes de dialogues inutiles, qui n’aident même pas
forcément à mieux comprendre les motivations de personnages aux psychologies très mal caractérisées… On se demande d’autre part l’intérêt de certains rôles, à commencer par celui tenu par la
jolie Dianna Agron (de la série « Glee »), si ce n’est de
permettre une présence et une respiration féminine dans un univers brutal et éminemment masculin…

L’atmosphère de « The Hunters » est parfois réussie, dans ce qu’elle peut avoir de sombre et de violent, mais on reste souvent sur notre faim en matière de violence : mis à part une scène
vaguement gore à base de têtes tranchées, l’ensemble du long métrage demeure plutôt édulcoré… Des scènes d’action sont en partie efficaces, même si elles traînent la plupart du temps en
longueurs, souffrent de mauvais raccords ou du manque de crédibilité de la majeure partie du casting… Des séquences entières semblent enfin chercher le sensationnel ou le seul effet visuel sans
avoir pourtant la moindre justification dramatique… dramatique, vous avez dit ? Oui et non, tant on peut observer que le film avait un sacré potentiel… malheureusement sous-exploité et sabordé
par un manque évident d’expérience et d’autocritique !



Bonus DVD : Making of































  • Plus










dimanche 20 mai 2012

[Critique DVD] Danika, d’Ariel Vromen


danika(Etats-Unis, 2006)



Disponible en DVD depuis le 24 avril chez Metropolitan Filmexport




attention.gif

star.gif


« Danika » a le mérite d’être un film pour le moins déstabilisant… Pas vraiment parce qu’il provoque une terreur sans nom de part son statut de film semi-horrifique, mais avant tout parce qu’il
bénéficie d’un scénario et d’une construction étrange et pas toujours très évidente à appréhender… Il nous fait plonger dans le cerveau probablement jour du saigneurcomplètement schizophrène d’une jeune femme qui subit de multiples hallucinations abominables dans sa vie quotidienne : elle voit sa patronne se
faire tuer dans une fusillade à la banque où elle travaille, elle voit le chien du voisin noyé ou encore la vie de ses enfants en grave danger… De là à supposer qu’elle a des visions prophétiques
ou qu’elle réalise en fantasme ses désirs psychanalytiques les plus obscurs, avouez que c’est tentant ! Mais le film décide de nous emporter ailleurs… ou plutôt nulle part, à dire vrai, et c’est
bien là que le bât blesse !

Si Marisa Tomei porte le film avec une belle conviction et que certaines séquences hallucinatoires sont vraiment très bien mises en scène, avec ce qu’il faut de tension et d’efficacité, force est
néanmoins de constater que « Danika » ne propose pas une dramaturgie satisfaisante… Le dénouement se révèle ainsi non seulement peu lisible et incompréhensible de part le climat de confusion dans
lequel il erre, mais il décevra également par son manque d’enjeux ou de cohérence par rapport à ce qui a pu précéder… Du coup, on sort de la « vision » du film assez déçu, voire frustré, d’autant
que l’ensemble commençait plutôt pas mal, installant une atmosphère énigmatique, bien que sans grandes innovations notables non plus… Passable, mais très largement dispensable !



Critique réalisée en partenariat avec
cinetrafic



Découvrez aussi plein d'autres films sur Cinetrafic dans la catégorie Film d'horreur ainsi que la catégorie Film thriller.



Index du Jour du Saigneur































  • Plus










vendredi 20 avril 2012

[Critique] Le candidat, de Niels Arestrup



candidat.jpg
(France, 2006)



Spécial élection présidentielle




star.gif


Pour son passage de l’autre côté de la caméra, l’acteur Niels Arestrup signe un film plutôt ambitieux sur les arcanes et les dessous du pouvoir politique… Lors d’une campagne présidentielle,
Michel Dedieu remplace au pied levé le candidat d’un parti, victime d’un cancer foudroyant. Entre les deux tours, on le voit se préparer à un débat avec son adversaire, entouré de toute son
équipe de communicants… Il comprend peu à peu que tout le monde est assuré de sa défaite, même dans son propre camp, et qu’il n’est qu’un pantin naïf qu’on manipule sans égards… L’occasion pour
lui de tirer un grand coup sur la classe politique, au péril de sa propre vie ?

L’intelligence d’Arestrup est peut-être d’avoir très bien gommé l’aspect purement politique de son film (on ne sait jamais à quel bord politique appartient « Le candidat »), pour ne garder à
l’écran que les querelles intestines et les manigances mesquines du pouvoir, dressant ainsi le portrait de puissants purement attachés à leurs intérêts personnels bien avant l’intérêt commun ou
l’intérêt du peuple… Le présupposé n’est pas très neuf, son traitement plutôt attendu, mais le film a le mérite de s’attaquer à toutes ces honteuses connivences et ces pernicieux calculs de ces
pourris qui nous gouvernent… Michel Dedieu (formidable Yvan Attal !) fait figure d’agneau condamné au milieu des loups, jusqu’à ce qu’il vire finalement tout le monde pour chercher un moyen de
prendre sa revanche…

Si « Le candidat » possède un rythme peut-être trop tranquille, un souffle probablement trop timide, sa vision de son sujet fascine néanmoins son spectateur, qui se laisse embarquer dans une
forme de thriller politique assez glaçant qui laisse souvent envisager que tout peut se produire lorsque l’on évolue au milieu des puissants… Un climat à la fois anxiogène et terrifiant qui
cristallise certainement ce à quoi doivent ressembler les discussions au sein des partis français actuellement en campagne…































  • Plus










dimanche 15 avril 2012

[Critique] Choose, de Marcus Graves


choose.jpg(Etats-Unis, 2011)



Sortie DVD et Blu-Ray le 9 mai 2012 chez CTV International




attention.gif

star.gif


« Qui préfères-tu voir mourir ? Ton père ou ta mère ? Fais ton choix ! » assène le serial-killer de « Choose » dans la première bobine à une jeune fille terrifiée… Si elle ne choisit pas, les
deux mourront, et une fois choisi, le tueur oblige l’adolescente à accomplir elle-même le crime… Autant dire que le film de Marcus Graves démarre plutôt fort et très efficacement ! La suite va
enchaîner les scènes d’horreur du même type, laissant à chaque fois les victimes face à des choix impossibles : un pianiste doit choisir entre ses dix doigts et ses deux oreilles jour du saigneur(pratiquer ou entendre la musique), une actrice entre sa beauté et ses yeux (voir ou séduire, il faut choisir !), etc. Le film tient vraiment un
concept intéressant, hérité de films tendance des années 90, façon « Seven » et ses meurtres inspirés chacun des sept péchés capitaux…

Le rythme de ce thriller va plutôt bon train, alternant les scènes sanglantes avec l’enquête d’un policier et de sa fille en école de journalisme… Peu à peu, la piste du tueur va bien sûr
rejoindre la vie intime de ces personnages, dont la femme et mère respective s’est suicidée l’année précédente… Des révélations, un twist et youplaboum c’est parti pour un film pris en étau entre
les influences du néo-slasher à la « Scream » made in 90’s et le « torture porn » estampillé
années 2000 à la « Saw ». Mais les amateurs des deux tendances devraient se retrouver à tour de
rôle un peu déçus, tant le scénario manque de souffle sur la longueur et d’originalité dans son dénouement (une ultime scène complètement débile tente de sauver un final un peu trop pépère, mais
je crois que ça finit bien plutôt de le pourrir…) et tant les scènes pseudo-gore se révèlent globalement assez inoffensives pour les spectateurs rodés au cinéma d’horreur… Si on ne retient pas
grand chose une fois ce DTV ingurgité, reste que « Choose » se laisse regarder sans ennui, ce qui n’est déjà pas si mal quand on a une heure trente à tuer…

Sinon, j’aime beaucoup la critique décalée du film par Nicolas Bardot sur le site Filmdeculte, cela devait être dit !



[Film chroniqué en échange d'un DVD]



Index du Jour du Saigneur































  • Plus