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samedi 17 novembre 2012

[Critique] Comme des frères, d’Hugo Gélin



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(France, 2012)



Sortie le 21 novembre 2012




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Pour son premier film, le réalisateur Hugo Gélin sait imposer un style et une vraie originalité, autant dans le sujet de son histoire que dans la façon de la raconter… En décrivant la trépidante
odyssée de trois personnages intergénérationnels à travers la France, depuis Paris jusqu’en Corse, il ose non seulement un vrai road-trip à la française, mais propose en sus une comédie sensible
et subtile, dotée d’une intelligence et d’une fraîcheur plutôt rare dans le cinéma français…

Si l’histoire est assez simple - trois hommes liés à la même femme, qui les a fait se rencontrer, renforcent leurs liens d’amitié en allant disperser les cendres de cette dernière, morte, à
l’autre bout du pays -, elle n’en demeure pas moins judicieusement construite, notamment grâce à sa structure temporelle, la narration alternant le présent du voyage en voiture et le passé
expliquant les rapports qui les unissent par touches successives, remontant doucement le temps au gré de flash-backs très bien intégrés au récit, jusqu’au fameux jour de leur rencontre - très
jolie trouvaille…

Alors même que le sujet du film est assez grave - la mort de l’amie des trois « héros » -, le film sait pourtant conserver un ton de comédie, avec de vrais gags drôles et réussis dedans, et un
humour fin et subtil qui sait toujours dédramatiser les situations les plus délicates… L’équilibre entre rire et émotion est ainsi miraculeusement et parfaitement maintenu d’un bout à l’autre de
« Comme des frères »…

Mais le film ne serait certainement pas aussi chouette et revigorant sans son casting brillant et attachant, où tous les acteurs trouvent un accord parfait les uns avec les autres ! Chacun
incarnant un âge de la vie, ils réussissent pourtant avec brio à faire croire à la force des liens qui les unissent… François-Xavier Demaison incarne parfaitement la tristesse cachée de l’homme
d’affaire accompli, la quarantaine nostalgique de ses amours perdues… Nicolas Duvauchelle, peut-être pour la première fois dans une comédie, est juste parfait dans ce rôle de trentenaire un peu
paumé, qui ne sait toujours pas ce qu’il va faire de sa vie… Quant au plus jeune Pierre Niney, il joue délicieusement les balbutiements de l’âge adulte, entre certitudes
naïves et désillusions, avec cet irrésistible air taquin et cette douce fragilité… Ils sont véritablement « Comme des frères » dans cette comédie réussie et pleine de charme !































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vendredi 16 novembre 2012

[Sortie] La chasse, de Thomas Vinterberg


la chasse(Danemark, 2012)



Sortie le 14 novembre 2012




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Mads Mikkelsen est formidable dans cette "chasse" à l'homme accusé à tort des pires horreurs... Thomas Vinterberg analyse dans une sorte de "Festen" inversé le processus de l'emballement
populaire et de la folie des hommes qui isole tragiquement un innocent. Phil Siné vous
en dit plus dans la critique complète de "La chasse"
...































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samedi 10 novembre 2012

[Sortie] Sinister, de Scott Derrickson



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(Etats-Unis,
2012)



Sortie le 7 novembre 2012




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Scénario allégé et inutilement étiré, volonté de faire sursauter le spectateur à travers des procédés et des effets sonores éculés, autant dire que l'on s'ennuie ferme dans "Sinister", que Phil
Siné a tout bonnement trouvé "sinistre" et sans intérêt... Il s'en explique d'ailleurs ici
même
!































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vendredi 9 novembre 2012

[Sortie] House of boys, de Jean-Claude Schlim



house_of_boys.jpg
(Luxembourg,
2010)



Sortie le 7 novembre 2012




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Joli panorama de la vie gay et insouciante des années 80, bientôt rattrappée par les ravages d'une terrible maladie de l'amour, à travers le parcours d'un jeune homme un peu paumé, tombant
amoureux d'un garçon hétéro avec qui il travaille dans un club de strip-tease... Un
beau film, qui passe avec élégance d'une fantaisie légère à une intense gravité, dont Phil Siné vous dit le plus grand bien par ici
...































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jeudi 8 novembre 2012

[Critique] Frankenweenie, de Tim Burton



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(Etats-Unis, 2012)



Sortie le 31 octobre 2012




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Faisant fi des technologies numériques modernes et ostentatoires qui sont malheureusement devenues la « norme » dans le cinéma d’animation contemporain, Tim Burton préfère opter pour le charme
vintage d’une animation en stop motion, où des marionnettes évoluent image par image dans des décors en papier mâché… et quel bonheur de constater que ce style lui va fichtrement bien, à ce Tim
Burton ressuscité, celui-là même que l’on croyait perdu à jamais après un « Alice au pays des merveilles » d’une laideur abominable et un «
Dark Shadows » tout juste passable…

Il faut dire que son retour dans l’écurie Disney pour ses deux précédents films l’avait visiblement bien bridé le Tim, pour ne pas dire qu’il s’était laissé corrompre et embrigadé par la
mièvrerie édulcorée de la mickeyification des masses ! En reprenant ici le synopsis d’un court-métrage du même nom qu’il avait justement réalisé pour l’empire Disney (contre-attaque ?) en 1984 et
qui fut bien vite mis dans des cartons par ses patrons parce que le style sombre et gothique les inquiétait, le cinéaste prend en quelque sorte enfin sa revanche… « Frankenweenie » renoue avec
ses meilleurs films, qui sont aussi les plus personnels : ceux dans lesquels il laisse libre court à son univers noir et macabre, mêlant l’humour avec ses cauchemars !

On pourra justement trouver que cette version longue de « Frankenweenie » ressemble trop au Tim Burton d’avant, au réalisateur (et/ou scénariste) de « Beetlejuice », d’« Edward aux mains d’argent
», et bien sûr de films d’animation usant de la même technique : « L’étrange Noël de monsieur Jack » et « Les noces funèbres »… un peu comme si son style n’avait au fond jamais vraiment évolué.
Certains, médisants, diront même que l’ironie n’est plus aussi caustique qu’avant, que l’humour est moins noir et que Disney conserve finalement l’avantage… Mais au fond qu’importe ! Le spectacle
offert par « Frankenweenie 2012 » est un tel miracle que l’on ne fait pas la fine bouche pour le savourer… Cette histoire d’un petit garçon jouant les apprentis Frankenstein pour ressusciter son
seul et meilleur ami canin mêle tellement d’émotions que cela suffit pour nous ravir. Du rire aux larmes, Tim Burton nous emporte avec lui dans son merveilleux monde en noir et blanc, tantôt
cruel et tantôt sensible, toujours intensément généreux et empli de réconfort pour toutes les âmes solitaires… Peu importe si on se laisse un peu avoir par la moue irrésistible du chien Sparky, «
Frankenweenie » nous transmet plein d’espoir et la conviction que Tim Burton reste capable d’accomplir de grandes et belles choses !



Autres films de Tim Burton :



Alice au pays des merveilles 3D (2010)



Dark Shadows (2012)































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mercredi 7 novembre 2012

[Critique] Looper, de Rian Johnson



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(Chine, Etats-Unis, 2012)



Sortie le 31 octobre 2012




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Loin d’être loupé, « Looper » est plutôt le film de science-fiction à ne pas louper en ce moment ! A travers une intrigue emberlificotée à base de voyages dans le temps, mêlant le polar au
fantastique, le film de Rian Johnson réussit surtout l’exploit de réconcilier dans un même film la série B efficace avec la réflexion métaphysique un peu plus fine…

Surprenant scénario, tout d’abord, que celui de double futur qui s’offre à nous : car si le présent où se passe l’action du film est déjà le futur pour nous (celui de 2040), il se réfère
néanmoins à un autre demain, celui où les voyages dans le temps auront été rendu possible et d’où une mafia envoie les hommes dont elle veut se débarrasser. Ceux-ci sont éliminés par des tueurs
des temps présents (c’est à dire futurs, vous suivez ?), dont notre « héros », qui va bientôt être confronté à son double futur, qu’il est donc censé tuer… Il y a d’ailleurs un joli travail sur
la notion de « héros » dans « Looper », tant il est curieux – et diablement ambigu – de s’attacher à des personnages qui ne sont autres que des tueurs… Mais des tueurs qui sont avant tout des
êtres humains complexes, qui s’interrogent sur leurs propres actes, rendant justement l’intrigue si passionnante et philosophique !

L’aspect SF demeure en outre souvent discret dans le film, comme si les enjeux pour les personnages devenaient progressivement plus importants que toute débauche d’effets spéciaux
techno-futuristes superflus. Il est ainsi assez habile de la part du cinéaste d’avoir gommé une vision trop ostentatoire du futur, offrant notamment une année 2040 qui ressemble à quelques
détails près à notre époque : seul une petite parenthèse sur la télékinésie ou quelques véhicules plus modernes sont introduits, histoire d’amuser un peu la galerie… Outre la notion presque
obligée de paradoxes temporels et une vision assez brève et presque « vintage » de la machine à remonter le temps, « Looper » se concentre ainsi sur l’évolution du héros coupé en deux, entre son
lui présent et son lui futur, autant dire entre deux personnalités qui ont bien du mal à s’entendre…

Si l’économie toute relative d’effets spéciaux permet de resserrer l’attention du spectateur sur l’intrigue, elle révèle en outre avec une force plus grande encore les scènes fantastiques qui
ponctuent l’action : très impressionnante scène, par exemple, où un homme du futur voit son corps disparaître par amputations progressives au fur et à mesure que les mafieux s’acharnent sur son
double du présent ; splendides et surprenantes fulgurances graphiques lors de la manifestation du pouvoir véritable d’un enfant, qui deviendra l’homme à abattre d’un futur visiblement très
noir…

Côté acteur, belle performance – encore – de Joseph Gordon-Levitt, bien que curieusement maquillé au point de devenir presque laid (était-ce bien nécessaire, soit disant pour que son personnage
ressemble à son double futur ?) : il est en tout cas parfait pour offrir au personnage une véritable profondeur, notamment à travers son débat avec son autre lui… Doit-il tout faire pour sauver
une vie qu’il n’a pas encore vécu ? Quant à Bruce Willis, il prend visiblement plaisir à refaire du Bruce Willis bien bourrin et expéditif, tout en jouant sur certains détails troublants, comme
lorsqu’on le voit tuer froidement des enfants… Décidément, les « héros » d’aujourd’hui ne sont plus du tout ceux de l’entertainment d’il y a une ou deux décennies !



Perspectives :



- Time out, d’Andrew Niccol



- Retour vers le futur, de Robert Zemeckis































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lundi 29 octobre 2012

[Critique] Skyfall, de Sam Mendes



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(Etats-Unis, Grande-Bretagne, 2012)



Sortie le 26 octobre 2012




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La saga « James Bond », au fond, c’est un peu comme « Les Simpson » : on y voit un personnage qui traverse les différentes époques auxquelles les films sont tournés tout en restant toujours aussi
jeune et fringant au gré de ses aventures, quitte à changer l’acteur une fois de temps en temps, acteurs qui malheureusement eux vieillissent, contrairement aux personnages de cartoons… Dans «
Skyfall », l’épisode anniversaire du personnage (qui mine de rien fête 50 ans de bons et loyaux services pour le grand écran !), on a l’impression d’une vague ironie vis-à-vis de ces paradoxes
temporels, quand on découvre le retour du héros fatigué, visant de travers quand il tire, à qui l’on conseille d’ailleurs de songer bientôt à un travail de bureau, comme si l’heure de la retraite
avait sonné… Bien sûr, il n’en sera rien, et le héros prouvera une fois encore toute la verdeur dont il est capable dans un enchevêtrement de scènes d’action et de cascades incroyables…

Tout commence d’ailleurs par une séquence d’ouverture époustouflante, avec course-poursuite en voitures, puis sur le toit d’un train lancé à toute vitesse, pour finir par la chute vertigineuse de
notre héros, emporté par une rivière et laissé pour mort aux yeux des services d’espionnage britanniques… Question rythme et divertissement pur, la suite de « Skyfall » n’est largement pas en
reste, proposant un spectacle riche et couillu visuellement, où abondent les détours rocambolesques en tout genre ! Mais si l’on n’est pas mécontent de quitter un peu les problématiques vieillies
des aventures de naguère de l’agent 007, notamment autour des tensions issues de la Guerre froide, force est de constater que sur près de 2h30 de film, l’intrigue y demeure très légère, si ce
n’est inexistante ou décousue : de vagues menaces contre les employeurs de Bond, un méchant très méchant et un dernier détour inintéressant au possible sur les lieux de l’enfance du héros… Un
scénario plus étoffé, conforté par une durée plus raisonnable, aurait certainement évité ce sentiment de lassitude et d’ennui qui finit par nous saisir au fil de cet amoncellement de trucs trop
attendus ou m’as-tu-vu !

Il faut dire aussi que le cahier des charges d’un long métrage de James Bond est toujours très verrouillé et systématique, capable d’étouffer dans l’œuf toute la créativité de n’importe quel
réalisateur, quel que soit son talent ! Je mets d’ailleurs n’importe qui au défit de retrouver le style d’un Sam Mendes dans « Skyfall », certes très bien mis en scène, mais avec cet aspect
routinier, voire banal, de tout film dans lequel l’action, le gimmick ou l’effet finit par prendre le pas sur tout le reste… Que de talent gâché au fond, pour attirer des masses dont le prix du
billet est de toute façon déjà acquis, simplement sur le nom d’un héros pourtant si fade à force de rééditions… Ah si, avouons tout de même avoir souri lors du dialogue à fort caractère
homosexuel entre 007 et le super méchant, Bond laissant supposer à la surprise générale qu’il a déjà eu des rapports intimes avec un homme, un peu à la façon d’un Clint Eastwood dans « La corde raide » ! Reste que la véritable audace serait
justement de nous proposer un jour un film qui en atteste, plutôt que de poursuivre éternellement ce défilé de bimbos de magazines dans les bras du célèbre agent secret…































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jeudi 25 octobre 2012

[Sortie] Into the abyss, de Werner Herzog



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(Canada, Allemagne, 2011)



Sortie le 24 octobre 2012




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Phil Siné n'a pas (encore) vu "Into the abyss" (ce qui ne saurait tarder
néanmoins...), mais son collaborateur épisodique R.C. l'a fait et vous en
parle généreusement à cette adresse
. Quand Werner Herzog évoque la peine de mort sous la forme d'un documentaire, ça  ne peut que valoir le coup après tout !































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mardi 23 octobre 2012

[Sortie] Amour, de Michael Haneke



amour
(France, 2012)



Sortie le 24 octobre 2012




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Haneke est-il sincère quand il nous parle d'"Amour" ? Ou un brin de cynisme et d'ironie
émaille-t-il tout de même son discours, même insidieusement ? C'est en tout cas la question que
soulève Phil Siné dans sa critique sur la Palme d'or du Festival de Cannes 2012
!































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jeudi 18 octobre 2012

[Critix] Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté, de Laurent Tirard



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(France,
2012)



Sortie le 17 octobre 2012




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Quatrième adaptation de la célèbre bande dessinée au cinéma, « Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté » se regarde sans déplaisir, même s’il n’est au final rien de plus que ce qu’il prétend
d’ailleurs être (ça tombe bien !) : un simple divertissement ! Loin d’égaler le « Mission Cléopâtre » signé Alain Chabat, deuxième et délirante adaptation des aventures d’Astérix, le film de
Laurent Tirard s’en sort pourtant bien mieux que les deux autres tentatives à ce jour, que je qualifierais sans vergogne de parfaitement médiocres et exécrables, même si je ne les ai jamais vu…
C’est un parti pris certes plein d’a priori, mais que j’assume parfaitement !

Mais revenons à nos brebix… Les moyens mis au service de cette nouvelle aventure ont l’air plutôt conséquents, mais le résultat à l’écran apparaît pourtant toujours très inégal… C’est peut-être
fait exprès, après tout, mais les décors sentent bien fort le carton-pâte, les costumes sont pour la plupart bien ridixcules, et surtout les effets spéciaux se révèlent un peu trop souvent
approximatifs… Ce ne serait en outre pas grand chose s’ils étaient au servix d’un scénario riche, intéressant et construit : mais même ça… comment dire ? L’histoire a l’air écrite dans les
grandes lignes, et tout ce qui se trouve entre le début et la fin se révèle vite du remplissage un peu aléatoire, avec des gags et des situations vraiment drôles parfois, mais sans le souffle ou
même la cohérence que tout cela exigerait pour vraiment séduire !

C’est dommage, car on s’amuse tout de même à de nombreuses reprises dans cet « Astérix et Obélix 4 » : les savoureuses différences culturelles entre les gaulois et les « bretons » (comprendre les
anglais), le plaisir de l’anachronisme, les bonnes manières britanniques inculquées à un rustre normand sous la forme d’une parodie d’« Orange mécanique »… Mais ces petits plaisirs ne sont que peu de choses par rapport à ce
qui donne finalement tout son sel et son intérêt au film : son casting de rêve ! Gérard Depardieu campe toujours avec une excellence confondante un Obélix carrément benêt, et le formidable
Edouard Baer propose la meilleure version d’Astérix à ce jour (il faut dire qu’après Clavier et Cornillac, la tâche était aisée !) Et quel bonheur de retrouver aussi toutes ces têtes que l’on
adore, du petit Vincent Lacoste au gros Bouli Lanners, de Valérie Lemercier à Jean Rochefort, d’un Fabrice Luchini (jules)césarisé à une Catherine Deneuve prenant un drôle d’accent anglais pour
incarner pas moins que la reine d’Angleterre… un rôle tout juste à sa démesure !































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samedi 13 octobre 2012

[Critique] Dans la maison, de François Ozon



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(France, 2012)



Sortie le 10 octobre 2012




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coeur


Un professeur de français en lycée croit faire sa pire rentrée des classes en lisant les copies navrantes de ses élèves à sa femme galeriste d’art contemporain (le couple Fabrice Luchini /
Kristin Scott Thomas fait mouche dans ces rôles taillés sur mesure !) Persuadé que la société est en train de fabriquer des monstres et que l’école n’y peut plus rien, il tombe soudain sur une
copie d’exception et cet élève-là, le genre de ceux que l’on ne croise qu’une fois dans une carrière de professeur (et encore, si on a de la chance !), va très vite devenir son obsession… à un
point tel que le lien qui va se nouer entre eux – l’élève écrivant et le professeur lui apprenant à écrire – va peu à peu dégénérer…

Cet élève, c’est Claude. Incarné à l’écran par un jeune prodige que nous a dégoté une fois encore François Ozon pour le plaisir des yeux : Ernst Umhauer. Beau et troublant, il interprète un
personnage d’une ambiguïté ernst_umhauer.jpgfascinante : apparemment sage et timide, son étrange regard semble contenir une perversité sournoise et indéfinissable… Ce qu’il écrit à son professeur, c’est sa découverte de la
famille d’un de ses camarades de classe depuis l’intérieur de sa maison, où il se fait inviter plus pour l’expérimentation nécessaire à ses textes que pour approfondir sa relation avec son ami…
L’expérience devient vite bizarre et malsaine, chacun de ses récits à l’intérieur de la maison posant parfois un regard distancié, quand il n’est pas méprisant, à l’égard de cette famille de la «
classe moyenne »…

Mais l’essentiel est que Claude « tient » son professeur avec ses rédactions, qu’il le « tient » en haleine comme un auteur omniscient, notamment à coups de « à suivre » à la fin de ses copies,
mais qu’il le « tient » aussi dans une forme de rapport de domination qui ne dit pas son nom… Au fond, Ozon dresse avec « Dans la maison » un véritable traité de manipulation ! On assiste alors à
un jeu du chat et de la souris entre les protagonistes, chacun se servant tour à tour des uns et des autres pour accomplir une forme de désir, dont il n’est pas forcément tout de suite conscient…
Pourquoi le professeur aide cet élève par exemple : pour l’encourager dans ses efforts comme un simple professeur ? pour faire de lui un simulacre du fils que sa femme n’a jamais pu lui donner ?
parce qu’il en est tombé amoureux ? Un mystère entoure chaque personnage et le cinéaste passe en revue leurs diverses motivations possibles, créant en quelque sorte un jeu de Cluedo géant et
hypnotisant son spectateur avec un récit à tiroirs absolument passionnant !

« Dans la maison » est d’ailleurs aussi une exploration admirable de la fabrication même des histoires ! La construction d’un récit, le choix d’un style ou d’un genre, les intentions de l’auteur,
les motivations des personnages, toutes les questions de la fiction y passent, créant à l’écran des retours incessants sur les scènes et semant un peu plus le trouble dans une intrigue où réel et
fiction deviennent progressivement indémêlables… Que se passe-t-il véritablement « dans la maison » ? La fiction écrite par Claude s’appuie sur une certaine réalité, mais jusqu’à quel point ?
Jusqu’où peut-il aller dans le fantasme autour de la famille de son ami ? Qui est qui ? Qui veut quoi ? Qui manipule qui ? reste au fond la question au cœur du nouveau film de François Ozon,
probablement l’un de ses meilleurs !

Demeurant exceptionnel de bout en bout, « Dans la maison » dérape en outre comme il se doit, à l’image de la plupart des films du réalisateur, depuis la matrice originelle « Sitcom ». Mais ce
dérapage se fait subtilement, de façon presque invisible et sinueuse… et quand la fin arrive, comme le professeur le « professe » : tout ce qui arrive est parfaitement inattendu, mais cette
conclusion s’impose pourtant comme une évidence… Le plan final est en ce sens d’une beauté et d’une subtilité extraordinaire, ouvrant en grand une boite de Pandore de la fiction, chaque récit
proliférant et s’enchâssant toujours à la nécessité de raconter encore et encore, lorsque l’on est écrivain, ou artiste… ou bien sûr cinéaste ! Ozon s’impose alors comme un conteur hors pair,
truffant qui plus est ses récits d’une ironie et d’une distance qui en font toute la personnalité et la drôlerie… On retiendra ici les discours du couple Luchini / Scott Thomas sur l’inutilité de
l’art ou de la littérature, le nom – et surtout le prénom – du professeur qui apparaît au détour d’une couverture (Germain Germain !), les parodies parfois proche de la « sitcom » justement que
livre parfois Claude sur son expérience « dans la maison », le dédoublement d’une Yolande Moreau pour notre plus grand plaisir ou encore le personnage de Luchini qui se retrouve assommé par le
livre de Céline, « Voyage au bout de la nuit », que l’acteur a lu pendant des années au théâtre… au point donc d’être assommant ? Avec humour, Ozon nous manipule ainsi constamment, et on se
laisse faire avec complaisance et volupté…



Autres films de François Ozon :



Potiche (2010)



Le refuge (2010)































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lundi 8 octobre 2012

[Critique] Después de Lucia, de Michel Franco



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(Mexique, 2012)



Sortie le 3 octobre 2012




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Conscient de l’extrême violence de la société dans laquelle il vit (la société mexicaine en particulier, mais même plus largement celle du monde actuel…), Michel Franco estime ne pas avoir
d’autres choix que de l’exploiter dans son cinéma… Après le sexe forcé entre frère et sœur pour alimenter des marchés vidéos malsains dans « Daniel & Ana », « Después de Lucia » évoque le « bullying », soit le harcèlement
scolaire à l’heure de facebook et autres réseaux sociaux… Mais le sujet du film est aussi bien plus large et englobe de nombreuses dimensions d’une violence sociale et psychologique, parfois même
diffuse et presque invisible au premier coup d’œil…

Tout commence notamment avec la situation d’Alejandra, venant de perdre sa mère et s’installant avec son père dans un tout nouvel environnement à Mexico : ce dernier, ayant bien du mal à faire
son deuil, se referme sur lui-même au point de ne plus s’occuper de sa fille comme il le faudrait… C’est un drame de l’incommunication qui se noue alors sous nos yeux, Alejandra se retrouvant
livrée à elle-même et fragilisée à un point tel que l’acceptation et la résignation devant ce qui va se passer dans sa nouvelle école seront ses seules réponses à la violence – autant psychique
que physique – qui va bientôt la cerner de toute part, jusqu’à un point de non retour tragique et assourdissant…

C’est avec de jeunes acteurs non professionnels et en laissant une large place à l’improvisation que le cinéaste Michel Franco parvient à saisir des scènes d’une justesse et d’une vérité
absolument incroyable, qu’il nous expose d’ailleurs avec une intelligence subtile et une mise en scène précise… Le principe de ses nombreux plans séquences demeurent un procédé fascinant pour le
spectateur, qui comme dans un film de Michael Haneke est sommé de rechercher lui-même dans l’image quels indices a disséminé pour lui le réalisateur… L’exemple de la fête des jeunes lycéens dans
une chambre est idéal : un couple se bécote sur le lit à gauche de l’écran, d’autres jeunes discutent en se saoulant à droite, et un personnage s’éclipse discrètement par la porte des toilettes
au fond du plan, avant de revenir prendre place pour qu’un autre disparaisse par la même porte à son tour… Un terrible drame est alors en train de se jouer, sans que le spectateur y soit
explicitement confronté !

En gros, « Después de Lucia » est exactement l’antithèse du cinéma mainstream, ou du moins d’un cinéma qui prend ses spectateurs pour des gros benêts, incapables de saisir les enjeux d’une
situation qui leur est exposée… et qui auraient donc sans arrêt besoin d’inserts ou de gros plans pour qu’on leur explique constamment les choses… Michel Franco use d’une pureté et d’une
radicalité rare au cinéma, que l’on pouvait admirer chez des cinéastes comme Robert Bresson jadis ! C’est juste admirable et passionnant, même si « Daniel et Ana », son précédent film, semblait tout de même aller beaucoup plus loin d’un
point de vue formel… Il faut dire que le réalisateur avoue lui-même avoir dilué la force même de ses préceptes fondateurs dans ce second long métrage : "Je ne tourne plus une scène en fonction
d’une règle immuable préétablie, mais selon ce qu’elle nécessite sur le moment. Je ne suis plus prisonnier de mes propres dogmes […] j’ai même tourné quelques scènes avec plusieurs caméras, ce
qui m’aurait semblé un sacrilège auparavant." Des concessions qu’il considère comme un progrès, mais que l’on peut néanmoins prendre comme une légère régression d’un point de vue de cinéphiles
intransigeants !



Perspective :



- Daniel & Ana, de Michel Franco (Mexique, 2010)































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jeudi 4 octobre 2012

[Critique] Le magasin des suicides, de Patrice Leconte



magasin_des_suicides.jpg
(Belgique, Canada,
France, 2012)



Sortie le 26 septembre 2012




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L’affiche dessinée était pourtant un indice, mais ayant vu qu’il s’agissait d’un film de Patrice Leconte, je m’attendais vraiment à un film de chair et d’os, réalisé avec une caméra à manivelle
et tout le tralala… Mais non, je me suis tout à coup retrouvé devant un film d’animation sans le savoir, ce qui au début m’a quelque peu contrarié… Sauf que le sujet du film – le suicide et la
morosité de ces temps de crises – et le public auquel il s’adresse – plutôt des adultes – me réenchanta bien vite aussitôt la séance commencée ! Du coup, je plaignais les deux petites filles du
rang devant le mien, que leur mère avait visiblement amené là par erreur, se laissant quant à elle attirer par l’aspect « dessin animé » du long métrage… Pourtant, avec un titre comme « Le
magasin des suicides », elle aurait pu y réfléchir à deux fois avant d’y faire entrer ses enfants ! (Non mais quelle cruche, tout de même…)

Si l’on ne s’attache d’abord qu’à la forme du film, on pourra peut-être trouver l’animation elle-même assez rudimentaire, mais cet aspect lui confère finalement un côté daté, ou tout du moins
modeste, assez aimable… D’autre part, les dessins et le graphisme en lui-même sont très réussis et fourmillent de détails absolument savoureux, comme des parodies d’affiches de cinéma ou quelques
bons mots disséminés sur des panneaux d’indications routières… Le film en devient du coup extrêmement riche visuellement et par là même occasion un pur bonheur pour les yeux !

Mais c’est bel et bien dans l’atmosphère qu’il porte en lui et dans le récit qu’il déroule image par image que « Le magasin des suicides » impressionne et passionne le plus… Dans sa description
d’un monde sinistre où le commun des mortels ne pensent qu’à en finir avec la vie, il fait preuve d’un humour noir vraiment chouette et bien amené ! Il faut dire qu’il s’agit de l’adaptation d’un
roman de Jean Teulé, que le cinéaste a qui plus est en partie édulcoré, notamment sur sa fin, d’après ce que l’on peut lire ici ou là… L’idée même de ce magasin qui propose aux gens les mille et
une façon de se suicider, commerce florissant en temps de crise interminable, est excellente : tenu par une famille aux allures de morts-vivants, les jeux de mots et les dialogues grinçants sont
légions, mais le tout est déclamé avec une telle légèreté que ce n’est paradoxalement jamais glauque ! Quand un client entre, on ne dit pas « bonjour », mais « mauvais jour », bien sûr, et quand
il s’en va, on ne lui dit pas « au revoir » mais « adieu », dans la mesure où la devise du magasin est qu’un client satisfait est un client qui ne revient jamais !

Les passages chantés sont également fort joliment réussi, et surtout très drôle, dans la mesure où les paroles des chansons sont très bien trouvées et que la dynamique musicale est boostée par la
multiplicité des voix s’enchaînant sur un même titre… L’aspect musical permet d’ailleurs un contraste bienvenu entre la noirceur environnante et le rythme guilleret qui s’impose tout à coup. Mais
la dimension « colorée » du film est bien plus soulignée encore par l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille travaillant au « Magasin des suicides », qui est la honte de ses parents tant il
arbore en permanence un sourire horripilant ! Il est pourtant un étonnant rayon de soleil, et d’espoir, dans ce monde désespéré, comme si le bonheur n’était finalement qu’une question de
conditionnement, de regard sur le monde ou d’état d’esprit… de volonté, peut-être ?































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lundi 1 octobre 2012

[Critique] Vous n’avez encore rien vu, d’Alain Resnais



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(France, 2011)



Sortie le 26 septembre 2012




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A partir d’un matériau purement théâtral - deux pièces de Jean Anouilh, "Eurydice" et "Cher Antoine ou l'amour raté"-, Alain Resnais réalise un film incroyablement gonflé et novateur, aux
frontières parfois d’une expérimentation typique d’un jeune cinéaste fougueux… c’est dire si le nonagénaire possède encore une vigueur et une énergie certaine pour nous offrir encore
d’authentiques merveilles !

Ce qui attire le plus l’œil, à la vue de « Vous n’avez encore rien vu », c’est à quel point Resnais parvient haut la main à honorer la gageure et le pari fou qui caractérise son film. Après avoir
réuni les comédiens qui à travers le temps ont incarné les différentes versions de sa pièce dans sa maison, un homme désormais défunt leur présente une nouvelle captation de cette pièce, en leur
laissant le soin de juger si elle mérite qu’on la finance… C’est alors que se déroule la pièce, via d’abord cette captation que l’on voit sur écran, puis via les différents comédiens devenus
spectateurs et redevant acteurs : leurs différentes voix se mêlent, ainsi surtout que leurs jeux différents, révélant leurs âges et leurs époques, montrant la modernité atemporelle du texte
qu’ils jouent… Mais de ce concept très théâtral, Resnais, le cinéaste « moderne » issu de la « nouvelle vague » française, sait le transformer en pur objet cinématographique… Et à la façon d’un
Lars Von Trier sur « Dogville », notamment, il démontre que le décor, même figé ou absent, n’est pas le révélateur d’un art, mais que tout n’est au contraire que mise en scène : « Vous n’avez
encore rien vu », même confiné dans des décors factices de théâtre, se révèle ainsi d’un bout à l’autre comme un pur film de cinéma, fourmillant de trouvailles et de techniques de réalisation que
l’on ne trouve que dans le septième art !

Mais outre la mise en scène, intelligente et innovante, réussissant entre autres des mises en abyme passionnantes (la captation théâtrale, véritable « film dans le film » est d’ailleurs réalisée
par un autre regard que celui de Resnais : celui de Bruno Podalydès…), « Vous n’avez encore rien vu » est aussi un grand film sur la direction d’acteurs ! Il est d’abord amusant de voir tous ces
grands acteurs français introduits à l’écran dans leurs propres rôles par un même coup de téléphone qu’ils reçoivent tour à tour (générique ludique et original), puis on demeure fasciné et
passionné par leurs jeux et la superposition de leurs voix tout au long du film : chacun se révèle comme l’écho de l’autre, ou inversement… Si Resnais ne joue pas toujours le jeu jusqu’au bout,
privilégiant parfois son couple fétiche (Sabine Azéma et Pierre Arditi) au risque de quelques menues longueurs, le concept reste suffisamment intrigant et surprenant pour nous tenir en haleine
jusqu’au bout, nous délivrant au passage de belles tirades sur l’amour, le vie, la mort, ou le temps qui passe… Pour ponctuer le passage du temps, même Bruno Podalydès a eu l’idée de fabriquer un
véritable pendule de Foucault dans le « film dans le film » qu’il a réalisé : "Je tenais à ce que le pendule soit autonome, qu’il mène sa vie, que les comédiens s’écartent pour le laisser passer.
Quel que soit le rythme de la scène, il y avait, visible, un temps objectif, inéluctable".



Autres films d'Alain Resnais :



L’année dernière à Marienbad (1961)



Les herbes folles (2009)































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jeudi 20 septembre 2012

[Critique DVD] Louise Wimmer, de Cyril Mennegun



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(France, 2010)



Disponible en double DVD chez Blaq Out




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Louise, 50 ans, s’est séparée de son mari et sa fille a depuis longtemps quitté le foyer parental… Ce qui fait que Louise est toute seule, et qu’elle n’ose dire à personne qu’elle est désormais à
la rue, passant ses nuits dans sa voiture en bout de course et le reste du temps à chercher un endroit où manger ou se laver… Les ménages qu’elle fait chez les gens ou dans un hôtel ne suffisent
plus pour payer le minimum vital !

Bien au-delà du misérabilisme social, « Louise Wimmer », première fiction du documentariste Cyril Mennegun, est un film coup de poing sur le climat de malaise dans la classe populaire française…
Mais son film va bien plus loin, puisqu’il aborde aussi certains rapports sociaux quotidiens de plus en plus dégradés et de moins en moins civilisés entre les gens… Car dans son combat au jour le
jour pour garder une figure descente, Louise devrait encore remercier ou supplier les gens qui l’emploient ou qui lui cherchent un logement… Toujours s’incliner et s’humilier, alors même que l’on
fait tout ce que l’on peut pour s’en sortir… Mais « tout ce que l’on peut » ne suffit pas quand l’étau de la crise se resserre, en s’attaquant d’abord aux personnes les plus précaires !

« Louise Wimmer » émeut, bien sûr, en grande partie grâce à la force dramatique de son actrice principale, Corinne Masiero, qui porte le long métrage avec un jeu tout en contrastes… Elle traverse
un monde en pleine déshumanisation, où c’est désormais chacun pour sa pomme et où les amitiés – ou les amours – ne peuvent alors plus être que superficielles… Cyril Mennegun parvient à élever son
film au-delà du seul docu-fiction malgré la simplicité de son scénario et fait preuve d’un vrai regard cinématographique à travers le parcours de sa courageuse héroïne : le « happy end » final,
qui n’en est pourtant pas vraiment un, parvient notamment à une belle illusion sur la vie, signifiée par le sourire généreux et sincère qui irradie enfin le visage de Louise…



Suppléments présents sur le DVD bonus :



- 2 FILMS DE CYRIL MENNEGUN :
Tahar l’étudiant avec Tahar Rahim (2005, 52 min)
Le Journal de Dominique (2006, 52 min)
- AUTOUR DE LOUISE WIMMER
Entretien avec Cyril Mennegun et Corinne Masiero (23 min)
Entretien avec Cyril Mennegun (28 min)
Clap de fin































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lundi 17 septembre 2012

[Sortie] Would you have sex with an Arab ? de Yolande Zauberman



would you have sex with an arab
(France, 2010)



Sortie le 12 septembre 2012




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Phil Siné a eu bien du mal à évaluer correctement le film "Would you have sex with an Arab ?" tant sa projection fut perturbante... Il vous raconte cette séance très particulière dans une critique
complètement gonzo à cette adresse
!































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jeudi 13 septembre 2012

[Sortie] The We and the I, de Michel Gondry



the we and the i
(Etats-Unis, 2010)



Sortie le 12 septembre 2012




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Michel Gondry passe subtilement du "Nous" au "Je" en suivant l'itinéraire d'un car scolaire rempli de jeunes du
Bronx...
Un documentaire décidément pas comme les autres, qui porte l'empreinte de son réalisateur, et dont la critique de Phil Siné est à découvrir en cliquant ici !































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