dimanche 22 juillet 2012

[Critique] Sharkman, de Michael Oblowitz


sharkman.jpg(Etats-Unis, 2005)



The Shark Attacks Summer, c'est tout l'été sur le blog de Phil Siné !




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Un savant fou invite une bande de scientifiques sur son île pour soi-disant leur faire part de ses dernières découvertes dans ses recherches sur les requins… Mais l’effroi saisira les visiteurs
lorsqu’ils comprendront que leur hôte a réussi à mêler l’ADN d’un requin marteau à celui d’un homme pour lui permettre de vivre malgré son cancer généralisé (oui, il paraît que les requins ne
sont jamais malades…) et qu’il se livre à des expériences effroyables sur des êtres humains… L’effroi se transformera même en horreur quand ils se rendront jour du saigneurcompte qu’ils ne sont là que pour servir de repas au « Sharkman » ou dans le meilleur des cas d’utérus pour sa reproduction… et je ne suis pas sûr
qu’il s’agisse d’un meilleur sort, à dire vrai, vu l’atmosphère bien gore qui se dégage des accouchements !

Avec un scénario pareil, les éditions vidéos « Nu Image » à l’origine de ce DTV mémorable nous plonge bien entendu en pleine série B (voire triple Z), ne déviant pas d’un iota de leur ligne
éditoriale habituelle… La qualité du film est sans surprise, à l’image de son budget visiblement complètement fauché : décors minimalistes, effets spéciaux foireux, stock-shots issus d’autres
films (notamment pour les scènes avec hélicoptères), interprétation piteuse et shark attacks summeroutrée des acteurs tous plus mauvais les
uns que les autres… et pourtant, « Sharkman » impose un rythme soutenu, multipliant les scènes d’action ridicules et les attaques de l’homme requin aussi bien en mer que sur la terre ferme ! Bien
sûr, tout cela est complètement inepte, faisant parfois advenir un pseudo suspense à partir d’une simple flaque d’eau de laquelle tout le monde doit s’éloigner dans la panique générale… La mise
en scène est la plupart du temps parfaitement inexistante, le rythme étant imposé par un montage devenant carrément épileptique dans les scènes de terreur qui se révèlent pour le coup
parfaitement illisibles : vu la qualité des effets spéciaux et le risible costume de Sharkman, on se dit que ce n’est peut-être pas plus mal… L’ensemble est globalement plutôt répétitif et
ennuyeux, mais certains moments peuvent provoquer de sacrés fous rires, et rien que pour ça, « Sharkman » diffuse un certain charme parodique, un peu dans la veine d’un Bruno Mattei sur « Robowar »



Index du Jour du Saigneur































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vendredi 20 juillet 2012

[Jeu] Who's this shark ? Part IV


who_s_this_shark.jpg



"Who's this Shark ?", c'est le jeu de l'été sur le blog de Phil Siné, dans le cadre de "The
Shark Attacks Summer
" ! Environ une fois par semaine jusqu'à la fin du mois d'août, il vous faudra reconnaître trois requins en photo et surtout dire en commentaires dans quels films vous les
avez déjà vu... Le premier requin, trop facile à reconnaître, vous rapportera 1 point ; le second, un peu moins facile à trouver, vous créditera de 2 points ; et le troisième, encore moins facile
à deviner, vous fera remporter carrément 3 points ! Vous êtes prêts ? Alors feu, c'est parti... et bonne chasse aux requins à tous !



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10 - Pour 1 point



Réponse : Les dents de la mer (trouvé par MaxLaMenace_89)



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11 - Pour 2 points



Réponse : Shark 3D (trouvé par MaxLaMenace_89)



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12 - Pour 3 points



Réponse : Les dents de la mer 2 (trouvé par π)



A la fin de l'été, les joueurs se voyant crédités du plus grand nombre de points, gagneront bien évidemment de super cadeaux, dont la liste ci-dessous est encore susceptible d'évoluer...



1er prix : 1 DVD au choix (Shark Attack III ou Killing Sharks ou Peur bleue) + 1 requin "collector" en origami + 1 badge I ❤
Phil Siné



2e prix : 1 DVD au choix parmi les 2 qui n'auront pas été choisi par le 1er prix + 1 requin "collector" en origami +
1 badge I ❤ Phil Siné



3e prix : le DVD qui n'aura été choisi ni par le 1er prix ni par le 2e prix + 1 requin "collector" en origami +
1 badge I ❤ Phil Siné



4e et 5e prix : 1 requin "collector" en origami + 1 badge I ❤ Phil Siné



6e au 10e prix (et peut-être un peu plus...) : 1 requin "collector" en origami + rien d'autre



Le point sur les points :



π : 15 points



Titoune : 6 points































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jeudi 19 juillet 2012

[Critique] Les dents de la mer 2, de Jeannot Szwarc


dents_de_la_mer_2.jpg(Etats-Unis,
1978)



The Shark Attacks Summer, c'est tout l'été sur le blog de Phil Siné !




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Malgré son titre français pas très flatteur (prononcé un peu vite, on peut entendre « Les dents de la merde », ce qui valu d’ailleurs au film de sortir en salles sous le titre tout de suite plus
subtil de « Les dents de la mer : 2ème partie »), cette suite du chef-d’œuvre
de Spielberg
, même s’il souffre évidemment énormément de la comparaison avec son prédécesseur, n’est pourtant pas si mauvaise que ça… Certes, le scénario semble un peu un calque légèrement
modifié du premier, mais l’ensemble se laisse regarder comme un film de terreur familial plutôt sympa et efficace.

Steven Spielberg étant trop occupé à chasser les extraterrestres sur le tournage de « Rencontres du troisième type », c’est le tâcheron Jeannot Szwarc (l’un des premiers réalisateurs français
exilé aux Etats-Unis) qui se colle à l’ouvrage de ce deuxième volet des aventures de la petite station balnéaire d’Amity, de nouveau en proie à un énorme requin mangeur d’hommes ! Et c’est sans
doute là que le bât blesse le plus : car si le cinéaste sait grosso modo filmer ce qu’il faut, il le fait sans grande originalité ni la moindre audace… Sa mise en scène est finalement un peu
l’antithèse de celle de Spielberg : là où ce dernier savait donner du relief à son film avec une réalisation et un montage précis qui savait faire monter la tension et la terreur chez le
spectateur, on ne retrouve ici qu’une illustration un peu plate d’un scénario bien construit, certes, mais sans véritables effets de surprises… On est par exemple un peu navré devant les divers
plans présentant la station d’Amity, propices à nous montrer quelques scènes de plages inutiles et bassement voyeuristes sur des jeunes femmes en maillots de bain, notamment… Mais le manque de
panache de la mise en scène se voit bien plus encore à chaque attaque du requin : quand celui de Spielberg savait se faire désirer, avec une attente angoissante créée par quelques plans
sous-marins bien sentis ou une musique annonciatrice, celui de Szwarc apparaît probablement trop vite à l’écran, rendant ses attaques plus directes et moins terrifiantes…

Du côté de l’histoire, si l’on n’est pas mécontent de retrouver quelques personnages déjà présents dans le premier film (à commencer par le chef Brody, incarné par Roy Scheider), on reste
cependant sur sa faim, tant l’enchaînement des évènements ressemble à s’y méprendre à celui qu’on avait déjà connu : premières disparitions mystérieuses, toujours le même entêtement de la
municipalité à faire la sourde oreille… et Brody qui se retrouve vite très seul à rester convaincu de l’existence du requin, jusqu’à ce finale en mer, où il se retrouve à porter secours à une
bande d’adolescents (dont ses enfants) dérivant sur des voiliers attaqués par le monstre marin… Bien sûr, Brody réussira à vaincre le terrible squale, mais dans un moins grand fracas pourtant
qu’à la fin du film original. Nouvelle déception de spectateur…

Bien sûr, il suffit de ne pas voir « Les dents de la mer 2 » en pensant à son modèle pour savoir en profiter et ne voir en cette suite qu’un gentil film de terreur plutôt plaisant, avec ses
victimes qu’on prend plaisir à voir se faire dévorer et un requin qui reste plutôt crédible malgré ses nombreuses apparitions à l’écran.



Perspective :



- Les dents de la mer, de Steven Spielberg































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mercredi 18 juillet 2012

[Sortie] Laurence Anyways, de Xavier Dolan



laurence anyways
(Canada, France, 2012)



Sortie le 18 juillet 2012




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C’est l’histoire d’un couple qui va se déchirer pendant plus d’une décennie, depuis la fin des années 80 jusqu’à l’aube du nouveau millénaire… Un couple qui va en quelque sorte réinventer et
moderniser l’amour, dans ce qu’il a de conformiste et réducteur. Car au sein de ce couple, il y a Laurence, et Laurence est un homme qui voudrait être une femme, sans pourtant renoncer à Fred,
l’amour de sa vie, qui est elle aussi une femme… Curieux et culotté mélange des « genres », qui marque la belle complexité du propos que le film tend à nous insuffler ! [...] Dolan se permet
d’interroger en profondeur et avec une intelligence folle la question du genre dans un couple et dans la civilisation. En cela, « Laurence Anyways » est un film hautement progressiste et
sociétal, qui fait exploser les conventions et montre l’extrême difficulté de s’en extirper…



Retrouvez ici la critique complète de "Laurence Anyways" par Phil
Siné































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mardi 17 juillet 2012

[Critique] Kill List, de Ben Wheatley



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(Grande-Bretagne, 2011)



Sortie le 11 juillet 2012




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« Kill List » commence pourtant de façon tellement innocente : le couple avec enfant que forment Jay et Shen semble battre de l’aile… Jay subit les reproches de sa femme Shen parce que cela fait
huit mois qu’il ne travaille plus et que l’argent commence à manquer, notamment pour réparer le jacuzzi… de quoi faire des scènes de ménage impressionnantes, en somme, même devant leurs amis Gal
et Fiona, venus dîner un soir à la maison… Et puis la situation se trouble peu à peu, quand on voit Fiona dessiner un drôle de signe cabalistique derrière le miroir de la salle de bain ou quand
Gal propose un nouveau travail à Jay, que l’on comprend alors être son partenaire comme tueur à gage ! Mais l’étrangeté de ce long métrage et surtout la longue descente aux enfers qu’il décrit ne
font alors que commencer… et l’on n’est pas au bout de nos surprises !

Ben Wheatley signe avec « Kill List » un film impressionnant, tant dans sa forme que dans la puissance de sa construction scénaristique, découpée par l’annonce via des cartons des diverses
victimes des tueurs à gage, comme autant de personnages symboliques : « the priest », « the librarian », etc. Si la mise en scène est constamment maîtrisée, on reste surtout impressionné par la
brutalité et la sauvagerie qui émaillent à diverses reprises le film ! S’apparentant à une forme de thriller horrifique, « Kill List » se permet des dérives et des fulgurances sacrément
impressionnantes… On reste notamment abasourdi par le zèle et la conviction que Jay met dans son « travail », au fur et à mesure que les deux partenaires exécutent le contrat qu’on leur a proposé
: alors que la « kill list » ne comporte que trois noms, Jay se transforme à plusieurs reprises en véritable psychopathe lors de folies meurtrières acharnées et difficilement contrôlées… Ses
façons de procéder restent également pas très catholiques (même lorsqu’il s’agit de tuer un prêtre !), en particulier lorsqu’il se met à fracasser le crâne d’une de ses victimes avec un marteau…
On pense alors à l’ultraviolence insoutenable d’un certain cinéma coréen (au hasard Park Chan-wook et son autre tueur au marteau dans « Old Boy ») et on comprend mieux les réticences de Jay à
reprendre le travail, tant la violence de ses pulsions semble incontrôlable !

Heureusement, toute cette noirceur et l’abomination des images est parfois tempérée par une note d’humour, notamment à travers la relation entre les deux tueurs à gage. Quand Jay revient vers Gal
maculé de sang, ce dernier lui rappelle par exemple que l’on reconnaît un bon peintre artisan au fait que sa blouse reste encore propre une fois le travail accompli… Humour noir et
pince-sans-rire, mais humour tout de même !

Mais la force de « Kill List » demeure dans son atmosphère unique et puissamment cinématographique ! Si l’idée de départ du film provient des cauchemars que faisait enfant le cinéaste, on admire
cette façon dont le long métrage dérive justement discrètement dans l’onirisme et le fantastique, jusqu’à un finale complètement outré et jouissif pour tous les amateurs de cinéma de genre, qui
rappellera d’ailleurs peut-être à certains le complètement allumé « A Serbian
film
» ! La subtilité du film de Ben Wheatley demeure sans doute dans cette zone d’ombre et d’incertitude, qui repose sur le personnage de Jay et qui nous empêche à chaque fois de trancher
afin de savoir si ce que nous voyons porté à l’écran est la réalité ou la représentation de sa propre paranoïa… Tout en ellipses et en mystères, l’habileté de « Kill List » est finalement de
toujours laisser croire son spectateur, le faire frémir ou fantasmer, sans jamais ô grand jamais lui révéler clairement ce à quoi il assiste véritablement… On demeure fasciné et impressionné par
une réussite aussi percutante et inattendue !































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lundi 16 juillet 2012

[Critique] Mobile Home, de François Pirot



mobile_home.jpg
(France, Belgique, 2011)



Sortie le 29 août 2012




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Pour son premier film, François Pirot a réussi à trouver un très joli titre à la fois drôle et polysémique… mais ce n’est pas tout ! Il réussit également un très joli film, chronique douce amère
de deux trentenaires qui n’ont pas encore réussi à trouver leur voie… et leur vie ! Le ton y est à la fois réaliste et très tendre, rendant le tout plutôt convaincant et émouvant, avec un soupçon
d’humour ou d’ironie plutôt bienvenu…

L’histoire est celle de Simon, qui a tout plaqué à la ville pour venir se ressourcer chez ses parents à la campagne, et de Julien, qui est revenu chez son père depuis plusieurs années maintenant,
afin de l’aider à se remettre d’une grave maladie… Ce sont deux copains d’enfance qui se retrouvent sur les lieux de leurs meilleurs souvenirs et qui ont tout à coup l’idée saugrenue de réaliser
un de leur rêve d’antan : partir à l’aventure « on the road » et vivre ainsi au jour le jour… Sauf qu’un contretemps avec le camping car qu’ils se sont décidés à acheter les empêche de partir
tout de suite : ils décident toutefois de commencer leur grand voyage malgré tout, en habitant déjà leur camping car à deux pas de chez leurs parents.

François Pirot filme ses personnages avec une belle affection : s’il se moque parfois un peu d’eux et de leurs airs d’« adulescents » incapables de s’inscrire dans l’âge adulte, il les accompagne
avec beaucoup de respect et surtout une grande humanité… Guillaume Gouix et Arthur Dupont forme un duo d’acteurs très réussi et très attachant dans ces rôles de paumés qui ne savent pas vraiment
ce qu’ils veulent, souvent hésitants ou ridicules dans leurs choix, toujours furieusement proches de nous… Comment s’inscrire dans le monde ? Faut-il renoncer à ses rêves ? Au gré de diverses
rencontres et de situations insolites, les projets de Simon et Julien ne vont finalement jamais aller dans la direction qu’ils pensaient… Si Simon reste persuadé que sa liberté passera par la
fuite de ce qui l’entoure (et l’enchaîne ?) ici, Julien finira au contraire par se rendre compte que son désir de partir l’amène à redécouvrir un bonheur qui se trouvait peut-être sur place… Les
deux amis seraient-ils finalement en train de grandir pour se rendre compte qu’ils ne sont peut-être plus tout à fait les mêmes et qu’ils doivent du coup faire des choix différents en se séparant
?































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dimanche 15 juillet 2012

[Critique] The reef, d’Andrew Traucki



the_reef.jpg
(Australie, 2009)



The Shark Attacks Summer, c'est tout l'été sur le blog de Phil Siné !




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Clamant dès son introduction que son histoire se base sur des faits réels, le film d’Andrew Traucki revendique ainsi une certaine caution réaliste à cette énième mise en scène cinématographique
d’attaques de requin… Et c’est bien là justement que « The Reef » trouve sa force et un intérêt tout à fait notable et novateur. Le comportement du requin se révèle en effet ici nettement plus
crédible et naturaliste que dans tout autre film sur le sujet, bien éloigné des excès des « Dents de la mer » et de ses émules… On voit notamment l’animal tourner autour de ses proies humaines sans leur fondre
directement dessus, prendre son temps avant de se rapprocher et n’attaquer que lorsque jour du saigneurl’occasion s’avère le plus propice : agitations
plus soutenues des victimes, éloignement du groupe d’un des personnages…

Mais le réalisme apparaît également dans la situation de base de l’intrigue et surtout dans les comportements des personnages… Cinq amis s’en vont tranquillement sur un bateau quand paf ! un
récif retourne le tout et les laisse dériver au large sur la coque, sans beaucoup d’espoir d’être secourus… Il leur reste une chance : regagner l’île qu’ils viennent de quitter à la nage, en
espérant que les courants ne soient pas trop forts et que les requins habitants ces eaux ne soient pas trop affamés ce jour-là… Avant même l’apparition d’un véritable requin, la peur du petit
groupe se fait déjà shark attacks summersentir : la mer recèle une vie profuse et
l’eau s’agite quasiment en permanence… Le doute est continu sur ce qui les entoure et ce n’est pas le champ de vision que l’un des personnage possède avec des lunettes sous-marines qui peut
véritablement rassurer tout le monde : on scrute avec lui l’infinie profondeur de l’océan, ses mouvements, ses ombres incertaines et son inquiétante pesanteur… La panique commence à naître et
l’agitation gagne tout le monde lorsque le requin fait son apparition pour de bon ! Quand il fait une première victime, la douleur psychologique des vivants se fait prégnante et seul compte alors
l’instinct de survie… Va-t-on mourir noyé ou dévoré par un requin avant de regagner la terre que l’on n’aperçoit nulle part autour de soi, telle est la question !

En dépit de moyens minimaux, le film de Traucki possède un vrai pouvoir anxiogène, en grande partie grâce à une interprétation crédible des acteurs et d’une mise en scène remarquable
d’efficacité… Evitant soigneusement toute surenchère gore (par volonté ou par manque de crédit ?) et ne montrant jamais les acteurs et le requin dans le même plan (seul de vraies images de requin
apparaissent à l’écran), le cinéaste joue avec habileté d’une réalisation presque entièrement basée sur l’attente et l’inconnu, parvenant ainsi à maintenir une tension constante durant toute
l’heure où l’on reste seul en pleine mer avec les personnages… Le défi était de taille et l’on est agréablement surpris de le voir aussi bien relevé ! Il faut dire qu’une des leçons les plus
efficaces de la mise en scène cinématographique du « film de monstre » est ici respectée à la lettre : moins l’on montre le monstre et plus l’angoisse augmente dans l’esprit du spectateur…
Parvenir à un tel degré d’efficacité plus de 35 ans après le film précurseur et
exemplaire de Spielberg
, il fallait de l’audace et beaucoup de talent !



Index du Jour du Saigneur































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