samedi 14 juillet 2012

[Fil ciné] Les films de juin 2012


Index des sorties ciné



Semaine après semaine, suivez le fil des sorties ciné et des films vus par Phil Siné. Les liens renvoient aux critiques des films présentes sur le blog...



 



Semaine du 6 juin 2012



- Le grand soir, de Benoît Delépine et Gustave Kervern (France,
2011)

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- Une seconde femme, d'Umut Daq (Autriche, 2012)
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- Des saumons dans le désert, de Lasse Hallström (Grande-Bretagne, 2011)
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- Une éducation norvégienne, de Jens Lien (Norvège, 2011)
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Semaine du 13 juin 2012



- Journal de France, de Claudine Nougaret et Raymond Depardon (France, 2012)
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- Blanche-Neige et le chasseur, de Rupert Sanders (Etats-Unis, 2012)

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- Quand je serai petit, de Jean-Paul Rouve (France, 2012)
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Semaine du 20 juin 2012



- Jitters, de Baldvin Zophoníasson (Islande, 2010)
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- Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé, de Bruno Podalydès
(France, 2012)
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- The deep blue sea, de Terence Davies (Etats-Unis, Grande-Bretagne, 2011)
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- The Dictator, de Larry Charles (Etats-Unis, 2012)
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- Faust, d'Alexandr Sokurov (Russie, 2011)
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- The Raid, de Gareth Evans (Etats-Unis, Indonésie, 2011)
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Semaine du 27 juin 2012



- Starbuck, de Ken Scott (Québec, 2011)
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- La part des anges, de Ken Loach (Grande-Bretagne, 2012)
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- Alice n'est plus ici, de Martin Scorsese (Etats-Unis, 1974)
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- Jules et Jim, de François Truffaut (France, 1961)
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vendredi 13 juillet 2012

[Carnets de Festival] Paris Cinéma 2012 : épisode 4


paris cinema 2012Après s’être pris du « vent dans les mollets » en pleine face, avoir aimé comme un clochard sur le « Pont-Neuf » et avoir fait « la chasse » avant l’« Amour », Phil Siné a achevé le Festival Paris cinéma 2012 « hors les murs »… Il s’est même incrusté à la petite fête de clôture, parmi des VIP pas très célèbres cette année (contrairement à l’année dernière, où il y avait du beau monde tout de même ! Ah, Jérémie
forever…
) : il faut dire que Vanessa Paradis n’est pas restée après la présentation de son film (paraît qu’elle avait même l’air dévastée… à cause des multiples histoires de coucheries de son
ex ? Ce n’est pas le genre de la maison de s’appesantir sur ce genre de rumeurs…) Mais outre le petit Pio (Marmai) plus barbu que jamais, c’était l’occasion de rencontrer le sympathique Jury des blogueurs de cette édition, presque au grand complet ! (non, on ne lancera pas de
rumeurs sur l’absence d’une des membres ce soir-là, pourtant visiblement en bien charmante compagnie…) Vivement l’année prochaine !

hors_les_murs.jpg[Avant-première]
Hors les murs, de David Lambert
(France, Belgique, Canada, 2011)
Prochainement




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Premier film de David Lambert (notamment co-scénariste de Bernard Bellefroid sur le superbe « La Régate »), « Hors les murs » est vraiment une très jolie chose…
C’est l’amour fou et spontané de Paulo pour Ilir, qui laisse tomber sa copine pour lui, c’est de la poésie romanesque (et romantique ?) associée à un drame des sentiments très subtil, après une
séparation imposée par la prison… Il y a une merveilleuse alchimie entre les deux acteurs principaux (Matila Malliarakis et Guillaume Gouix) et l’histoire s’écoule, riche de surprises et
d’inattendu… La relation entre les deux garçons est traitée avec un réalisme touchant et les rapports physiques sont particulièrement bien filmés ! Quant aux comportements passionnés de Paulo,
visiblement en partie attiré par les relations de dominations, ils participent à la fascination qu’exercent sur le spectateur les images de « Hors les murs »… A ne pas rater quand il sortira
!

the_club.jpg[Hong Kong]
The Club, de Kirk Wong
(Hong Kong, 1981)




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Présenté dans une copie numérique en plusieurs morceaux au Festival (la copie pellicule aurait a priori disparu il y a quelques années et cette étrange présentation permettait surtout d’avoir une
version du film la plus complète possible), « The club » est de par son scénario un film précurseur de la vague des films mafieux sur les affrontements entre triades du cinéma hongkongais des
années 80 ! Mais c’est surtout un film étonnamment drôle (malgré lui) tant les acteurs y sont mauvais et les situations souvent assez débiles… Le style est malheureusement assez figé (mise en
scène trop statique), mais certaines cascades et scènes d’action restent assez réussies : on pense au meurtre d’un homme dans un complexe moderne, avec le son des marteaux piqueurs dans la rue
qui couvrent notamment les bruits des moteurs de bateaux qui permettent de tuer la victime… Le côté série B émerge d’ailleurs à merveille dans cette scène, la victime essayant de se défendre
d’abord avec les pales d’un ventilateur !

boy_meets_girl.jpg[Rétro Leos
Carax]

Boy meets girl, de Leos Carax
(France, 1983)




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Dès son premier long métrage, Leos Carax nous emporte avec lui, dans la magie d’un Paris en noir et blanc et avec l’émerveillement d’un jeune Denis Lavant funambule… La poésie qui irradie tout au
long de « Boy meets girl » demeure tout simplement fantastique, comme un éblouissement de chaque instant ! La mise en scène est pleine d’audaces et de références, quelque part entre le cinéma de
la nouvelle vague et une nouvelle modernité encore à inventer… Carax le fera plus encore avec « Mauvais Sang », deux petites années plus tard… Il y a un souffle et une urgence
fougueuse dans cette œuvre de jeunesse, qui pourtant semble déjà maîtrisée de bout en bout !

the_we_and_the_i.jpg[Avant-première]
The We and the I, de Michel Gondry
(Etats-Unis, 2010)
Sortie le 12 septembre 2012




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Michel Gondry devait être là pour présenter le film, et, retenu sur le tournage de « L’écume des jours », on nous l’a promis à l’issue de la projection… Mais il n’y était pas ! Du moins pas
physiquement… Car par la magie de la technologie, le producteur du film nous a mis en relation avec lui par téléphone (son téléphone portable, qu’il tenait à bout de main contre le micro…)
C’était d’ailleurs plutôt amusant et tout à fait dans l’esprit un peu bricolé du cinéma de Gondry : le son était un peu faiblard, mais on comprenait à peu près ce que disait le petit Michel, qui
a bien voulu répondre à quelques questions de spectateurs emballés par « The We and the I »… et il y a de quoi, tant le film est rudement intrigant et ingénieux ! Gondry y emploie un concept «
simili documentaire » pour filmer le trajet d’un bus rempli de lycéens du Bronx qui les ramène chez eux après leur dernier jour de cours de l’année… Au fur et à mesure que les adolescents
descendent, le film passe ainsi du « We » au « I », du « nous » au « je », faisant tomber les masques et démontrant surtout que l’esprit de groupe ne fait qu’alimenter la connerie humaine… Un
portrait réaliste et juste, joliment agrémenté de quelques fioritures typiques de la part du plus bricoleur des cinéastes !































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jeudi 12 juillet 2012

[Critique] Holy Motors, de Leos Carax



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(France, 2012)



Sortie le 4 juillet 2012




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« Il n’y a jamais aucune idée au départ d’un projet, aucune intention. Mais deux trois images et sentiments, que je monte ensemble ». Cette déclaration de Leos Carax pourrait résumer à elle seule
tout son cinéma… Chacun de ses films est comme une invitation au voyage et à la poésie, une exaltation permanente des sens et de l’imagination ! Avec « Holy Motors », Leos Carax semble arriver à
une forme de synthèse, voire d’aboutissement, de ses « non intentions »…

Si l’on peut être profondément déconcerté à la vision d’« Holy Motors », c’est parce qu’il ne ressemble à aucun autre film connu. Il appartient à ces films qu’il s’agit de vivre comme des
expériences, en se laissant porter par leur originalité et leur personnalité unique… En un peu moins de deux heures, le film de Carax nous fait traverser par le biais de son acteur principal une
multitude d’histoires enchâssées les unes dans les autres avec pour seul fil conducteur le trajet d’une limousine sur la route… Denis Lavant, acteur fétiche du cinéaste, passe ainsi de rôle en
rôle, de transformation en composition sidérante, sous nos yeux ébahis : Monsieur Oscar (conduit par la formidable Edith Scob dans sa limo), un banquier, une mendiante, un père, Monsieur Merde
(un être qui dévore tout sur son passage, déjà vu dans le film à sketchs « Tokyo »), un tueur et le tué… L’acteur peut tout jouer et affirme par là même l’essence même du film : le cinéma et ses
multiples avatars !

« Holy Motors » apparaît ainsi comme un « film monde » capable de contenir tous les cinémas possibles, tous les rôles, toutes les émotions et tous les sentiments… Leos Carax mène son film à toute
allure avec un désir de création constant et acharné, un peu comme si celui qui a toujours eu un mal atroce et douloureux à monter ses films (seulement cinq long-métrages en trente ans !) avait
une nouvelle fois peur de ne plus pouvoir faire de cinéma avant longtemps… Faire son film comme si c’était le dernier : acte pur et absolu de l’artiste maudit !

En cinéaste poète, Carax ponctue également son œuvre de fulgurances incroyables, qui se révèlent souvent des métaphores de la création et de sa place dans le monde… Le film s’ouvre par une
séquence où l’on voit le cinéaste lui-même passer dans un même plan d’une chambre à une salle de cinéma, dans laquelle les spectateurs paraissent fermer les yeux : incarnation de la peur de ne
pas être vu pour celui qui fait des films ? ou de ne pas être compris ? « La beauté est dans l’œil de celui qui regarde, alors si plus personne ne regarde ! », entend-t-on dans le flux d’images
et de sons… Le héros aux multiples rôles incarne à un moment un acteur qui joue avec des capteurs pour les besoins d’un film numérique : le passage du réel au virtuel, mais aussi de la pellicule
à la projection numérique (la disparition du « holy motor », justement, ce doux ronronnement de la cabine de projection), semble hanter les errances du metteur en scène… Un peu plus loin, Kylie
Minogue regarde le Pont-Neuf depuis le toit de la Samaritaine : écho mélancolique à une carrière de cinéaste foudroyée en plein vol pour Leos Carax, à l’époque des « Amants du Pont-Neuf »… Une
vision pleine d’humour de la vie, enfin, lorsque les limousines rentrent au garage et discutent entre elles après le départ de leurs chauffeurs, avec l’angoisse de bientôt être remisée pour
toujours… A l’instar de « Cosmopolis » de David Cronenberg, l’habitacle de la
limousine semble être le lieu de l’intimité pour l’individu, lieu de l’être soi, en dehors duquel il est condamné à incarner des rôles : métaphore de l’acteur, certes, mais aussi de chacun de
nous, n’étant jamais tout à fait lui-même et pouvant être autant de personnes possibles en fonction de l’endroit où il se trouve ou des êtres qui l’entourent… « Holy Motors » comme un « film
monde » en effet, métaphore du cinéma tout autant que métaphore de la vie !































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mercredi 11 juillet 2012

[Sortie] Les enfants de Belle Ville, d’Asghar Farhadi



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(Iran,
2004)



Sortie le 11 juillet 2012




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Le succès surprise d’« Une séparation » l’année dernière aura permis de
révéler le cinéaste Asghar Farhadi au grand public. Après les ressorties récentes de ses films précédents (« La fête du feu » et « A propos d’Elly »), sa filmographie continue
d’être redécouverte aujourd’hui à travers « Les enfants de Belle Ville », son second film… Une nouvelle occasion de confirmer le talent du réalisateur iranien et de comprendre aisément
sa consécration tardive […] Le poids de la religion, celui d’une société très policée, Asghar Farhadi les filme avec une grande habileté et un désespoir tout en retenu dans le regard de ses
personnages, tous très travaillés et incroyablement intenses ! [...] La jeunesse filmée par le cinéaste est encore une fois prisonnière de cette société qu’elle rejette… Ils sont beaux, mais
ils sont tristes, ces « Enfants de Belle Ville ».



Cliquez ici pour lire la critique des "Enfants de Belle Ville" par
Phil Siné dans son intégralité































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mardi 10 juillet 2012

[Jeu] Who's this shark ? Part III


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"Who's this Shark ?", c'est le jeu de l'été sur le blog de Phil Siné, dans le cadre de "The
Shark Attacks Summer
" ! Environ une fois par semaine jusqu'à la fin du mois d'août, il vous faudra reconnaître trois requins en photo et surtout dire en commentaires dans quels films vous les
avez déjà vu... Le premier requin, trop facile à reconnaître, vous rapportera 1 point ; le second, un peu moins facile à trouver, vous créditera de 2 points ; et le troisième, encore moins facile
à deviner, vous fera remporter carrément 3 points ! Vous êtes prêts ? Alors feu, c'est parti... et bonne chasse aux requins à tous !



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7 - Pour 1 point



Réponse : Le monde de Nemo (trouvé par Titoune)



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8 - Pour 2 points



Réponse : La mort au large (trouvé par Titoune)




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9 - Pour 3 points



Réponse : La mort au large et Cruel Jaws (trouvé par π)



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9 bis - Pour 3 points (bonus)



Réponse : Sharktopus (trouvé par π)



A la fin de l'été, les joueurs se voyant crédités du plus grand nombre de points, gagneront bien évidemment de super cadeaux, dont la liste ci-dessous est encore susceptible d'évoluer...



1er prix : 1 DVD au choix (Shark Attack III ou Killing Sharks ou Peur bleue) + 1 requin "collector" en
origami + 1 badge I ❤ Phil Siné



2e prix : 1 DVD au choix parmi les 2 qui n'auront pas été choisi par le 1er prix + 1 requin "collector" en origami + 1
badge I ❤ Phil Siné



3e prix : le DVD qui n'aura été choisi ni par le 1er prix ni par le 2e prix + 1 requin "collector" en origami + 1 badge
I ❤ Phil Siné



4e et 5e prix : 1 requin "collector" en origami + 1 badge I ❤ Phil Siné



6e au 10e prix (et peut-être un peu plus...) : 1 requin "collector" en origami + rien d'autre



Le point sur les points :



π : 9 points



Titoune : 3 points































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lundi 9 juillet 2012

[Carnets de Festival] Paris Cinéma 2012 : épisode 3


paris cinema 2012Après l’épisode 1 ici et l’épisode 2 là, Phil Siné poursuit ses pérégrinations cinéphiles au Festival Paris cinéma 2012, qui fête cette année ses 10 ans : il vous reste encore très peu de temps pour profiter de sa
programmation toujours aussi riche
, alors n’attendez plus !



 



 



 



 



 



 



high_noon.jpg[Hong Kong]
High Noon, de Heiward Mak
(Hong Kong, 2008)




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Premier film d’une jeune réalisatrice inconnue en Europe et qui a pourtant déjà réalisé trois films, « High Noon » est un joli portrait de la jeunesse hongkongaise sous les traits de sept lycéens
encore face à leur avenir… Ca commence un peu comme un teen-movie, plutôt frais et drôle (il suffit de voir le générique hystérique et coloré présentant les différents personnages), et ça se
poursuit plutôt comme une chronique douce-amère avec quelques détours assez tragiques… On y sent la fougue d’un premier film, plein d’audaces et de tentatives en tout genre, mais aussi avec les
ratés et les maladresses que cela peut provoquer. L’ensemble reste cependant très encourageant et révèle une certaine « patte » : celle d’une réalisatrice pleine de vigueur (en témoigne sa
présence très enthousiaste à la projection, malgré une salle bien malheureusement très clairsemée…) Etait présent également l’un des jeunes acteurs du film, tout aussi rigolard que la cinéaste et
aussi attachant que son personnage !

la_chasse.jpg[Avant-première]
La Chasse, de Thomas Vinterberg
(Danemark, 2012)
Sortie le 14 novembre 2012




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Si j’étais un peu déçu que le petit Matthias Schoenaerts n’ait pas gagné le prix
d’interprétation à Cannes pour son rôle dans « De rouille et d’os », on ne
peut pas vraiment en vouloir au grand Mads Mikkelsen de le lui avoir raflé ! Après sa performance dans « Le guerrier silencieux », entre autres, il livre avec « La chasse » une
partition dramatique intense, dans la peau d’un homme accusé à tort de pédophilie… On suit sa déchéance et l’on observe la cruauté des autres, de tout son entourage, toujours aveuglé et reniant
toute recherche de la vérité lorsqu’il s’agit d’enfant. On pense bien sûr à l’affaire d’Outreau, qui révéla une bonne fois pour toute que la vérité ne sort pas toujours (voire rarement…) de la
bouche des enfants, mais le film n’est pas tant le procès d’un sujet sociétal sensible que le parcours d’un homme, marqué à vie par un mal qu’il n’a pas commis et une chasse à l’homme qu’il n’a
pas mérité… Vinterberg fait preuve d’une belle acuité, autant scénaristique qu’à travers sa mise en scène, et l’on reste fasciné par une histoire qui viserait presque à déconstruire son premier
film électrochoc « Festen » : après avoir montré une révélation tardive de pédophilie dans la bouche d’un adulte, il présente ici un mensonge arrivant très tôt dans la vie pseudo innocente d’une
enfant… Malgré la coupure intempestive qui eut lieu au cours de la projection (avec désormais l’impossibilité fâcheuse pour le projectionniste de recaler le film exactement où il s’était arrêté
dans le cas d’une copie numérique), « La chasse » fut pour moi un film intense et profondément révélateur de la nature humaine !

guilty_of_romance.jpg[Avant-première]
Guilty of romance, de Sono Sion
(Japon, 2011)
Sortie le 25 juillet 2012




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Premier film de Sono Sion à sortir en salles en France, « Guilty of romance » permet ainsi de découvrir un cinéaste sulfureux et pour le moins iconoclaste ! Présenté au festival dans sa version
longue (le montage initial japonais donnant des temps d’apparition égalitaires entre les trois personnages féminins principaux afin de ne pas froisser l’ego des actrices), le film sortira
cependant ici au cinéma dans son montage européen écourté de 25 minutes, sacrifiant un peu pour le coup l’un des trois personnages… Quoi qu’il en soit, le long métrage de Sono Sion est
symptomatique d’un cinéma japonais tordu et sacrément couillu, capable de mélanger l’univers érotico-porno du monde de la prostitution et un univers plus violent, voire gore, à travers une
enquête policière bien sordide dans le monde précité… L’itinéraire d’un des personnages, de gentille femme au foyer qui s’ennuie à pute carrément folle du cul qui se soumet à l’emprise des hommes
et d’une autre femme qui la guide dans ce milieu bien trash, est d’ailleurs parfaitement révélateur de l’atmosphère dans laquelle le cinéaste nous embarque… Si le film peut parfois sembler
répétitif et surtout s’il est peut-être trop « porno » et pas assez « gore », « Guilty of romance » n’en demeure pas moins une sacrée expérience de spectateur que l’on traverse un peu sous
hypnose, fasciné et dégoûté tout à la fois par tout ce qui nous est mis devant les yeux…



Tred évoque sur son blog un évènement particulièrement sulfureux survenu au cours de cette
séance...


nuit_d_en_face.jpg[Retro Raoul Ruiz &
Avant-première]

La nuit d’en face, de Raoul Ruiz
(Chili, France, 2012)
Sortie le 11 juillet 2012




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« Film testament » de Raoul Ruiz, mort l’année dernière, « La nuit d’en face » sort enfin sur les écrans… Comme s’il savait qu’il allait mourir, le cinéaste livre une élégante et labyrinthique
réflexion sur la vie et la mort, multipliant les personnages et les digressions… Comme à son habitude, il livre un récit éclaté, difficile à embrasser pleinement, qui donne surtout l’occasion
d’innombrables métaphores (celle du temps qui passe est omniprésente), de multiples blagues de vieux monsieur espiègle, de travellings et d’allégories visuelles souvent renversantes… Un réveil
qui court tout seul, empêchant celui qui veut le prendre de l’attraper, pénétrer la mort en entrant (littéralement !) dans le canon d’un revolver, voici ce que vous pourrez notamment trouver dans
« La nuit d’en face ». Et même si l’on n’y comprend certainement pas tout (à commencer par son titre !), cet ultime film du réalisateur des « Mystères de Lisbonne » demeure une promenade étonnante et variée, au cours de
laquelle on peut butiner selon ses envies et piocher à droite et à gauche afin de se sustenter…

amour.jpg[Avant-première]
Amour, de Michael Haneke
(France, 2012)
Sortie le 24 octobre 2012




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Toujours avec sa mise en scène d’une froideur chirurgicale et parfaitement maîtrisée, Michael Haneke parvient avec « Amour » (Palme d’or à Cannes cette année) à délivrer un message sensible et
humain sur la vie, l’amour et surtout la mort… Bien sûr, on sent toujours cette haine du bourgeois, avec cette famille aux certitudes et aux petits discours étriqués, avec leurs phrases agaçantes
scandées avec minutie, mais quel plaisir de constater que devant la mort, toutes les classes sociales demeurent finalement à égalité ! Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva incarnent avec une
vraie conviction ce vieux couple entre lequel la mort s’immisce à travers une situation devenant de plus en plus intenable, au point de conduire aux portes de la folie… Certains échanges,
certaines situations en disent souvent beaucoup plus qu’il n’y paraît a priori et c’est bien là la force de ce cinéma apparemment simple mais assurément profond et intelligent ! Il est fort à
parier enfin que le film sera lu, compris ou ressenti de façon bien différente selon l’âge de son spectateur : un film qui pourra très certainement accompagner quiconque voudra en faire plusieurs
fois l’expérience tout au long de son existence…



(A suivre...)































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dimanche 8 juillet 2012

[Critique] Killing Sharks (Megalodon), de Pat Corbitt et Gary J. Tunnicliffe


killing sharks(Etats-Unis, 2002)



The Shark Attacks Summer, c'est tout l'été sur le blog de Phil Siné !




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L’idée de départ de « Killing Sharks » (ou « Megalodon », on ne sait plus trop à force, tant la plupart des films de requins de pacotille sont généralement affublés de plusieurs titres chacun,
peut-être histoire d’arriver à les refourguer plusieurs fois aux spectateurs bonne poire ?) est plutôt alléchante et sympathique, dans la mesure où elle parvient à échapper aux gros clichés du
genre, qui se résument bien souvent à un décor de station balnéaire estivale, infestée de touristes abrutis tout juste bons pour servir de chair à requins… En effet, l’action se déroule ici dans
une plate-forme « high-tech » de forage jour du saigneurpétrolier, ce qui nous situe d’ailleurs en pleine
mer, ce qui permet même de développer un climat de « huis-clos »… même si celui dans lequel on nous plonge ici ne se révèle pas particulièrement oppressant.

On pourrait même dire au contraire que tout sonne un peu « cheap » dans ce « Shark
attack
» du pauvre… A vrai dire, l’esprit « huis-clos » permet avant tout de répondre à un budget limité par un nombre de décors hyper-réduits, dans lesquels les acteurs sont d’ailleurs
souvent filmés en plans serrés, un peu comme si ils avaient filmé l’intégralité du film dans le coin d’un garage à la déco rudimentaire… Même les effets spéciaux se montrent à peu près du même
accabit : s’ils n’ont rien de honteux, leur caractère extrêmement lisse et shark attacks summerépuré donne un peu l’impression qu’ils ne
sont qu’une première version de travail encore en cours d’élaboration… Ce n’est malheureusement pas le cas, et tous les plans en images de synthèse de la plate-forme ou de l’hélicoptère la
survolant (et dont le réalisateur est visiblement très fier tant il nous le montre sous toutes les coutures) sont si rudimentaires que leur caractère factice saute aux yeux du début à la fin…

Côté scénario, la dramaturgie est plutôt bien étudiée, amenant tout doucement l’idée du requin (trop doucement, trouveront peut-être certains, le squale tardant un peu à entrer en scène…) avec la
présentation des lieux pour une équipe de journalistes venus filmer la station pour étudier son impact sur l’environnement (on a même la caution écolo du coup !) : on descend au fond des mers
puis on remonte à l’infini à l’aide d’un ascenceur vitré super moderne capable de résister à la pression… là encore, le réalisateur semble très fier de nous le montrer… et pas qu’une fois, cela
va sans dire ! Et puis, c’est le drame : le forage coince, un pauvre type se fait mordre par un bébé mégalodon, et puis c’est l’engrenage… la tête de forage tombe dans un méga-trou qui se révèle
en fait l’entrée d’un océan parallèle qui jusque-là était fermé au notre : c’est là qu’évolue de nombreuses créatures préhistoriques, dont l’ancêtre du grand requin blanc, d’une taille de plus de
20 mètres ! Ouf, le monstre entre en scène… et déçoit un peu, se contentant de donner des coups de museau dans les sous-marins des personnages ou de casser la calotte glacière où ont réussi à se
réfugier pour un temps les survivants de l’ascenceur, qui leur a forcément fait le coup de la panne… Mais bon, si tout cela est parfaitement risible, nous rions justement de bon cœur, jusqu’à
cette scène finale assez débile (genre « trois mois plus tard… ») et son plan final foireux où l’ombre d’un nouveau mégalodon (le premier s’étant fait trancher en deux avec une coupure très nette
alors qu’il est censé avoir explosé…) passe sous le bateau de l’héroïne qui navigue en pleine mer on ne sait pas trop pourquoi… Peut-on vraiment dire que l’on attend la suite avec impatience ?



Index du Jour du Saigneur































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