samedi 22 octobre 2011

[Sortie DVD] Je veux seulement que vous m’aimiez, de Rainer Werner Fassbinder



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Je veux seulement que vous m’aimiez, de Rainer Werner Fassbinder (Allemagne, 1976)



Actuellement en DVD, Blu-ray et VOD chez Carlotta Films



Note :
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Mystérieusement demeurée dans les archives des années 70 de la télévision d’Allemagne de l’Ouest, cette œuvre intense et importante de Rainer Werner Fassbinder sort enfin dans les salles
françaises ! Un titre évocateur qui annonce une histoire implacable : celle de Peter, un jeune homme en mal d’amour (séquelles d’une enfance dépourvue d’affection) qui se tue au boulot pour
couvrir son entourage de cadeaux, pensant ainsi pouvoir être aimé en retour… Une intrigue sinistre et cynique à la fois, qui impressionne par son incroyable modernité ! Le sujet du cinéaste
allemand offre effectivement ici un écho troublant avec notre temps et nos sociétés ultra-libérales, dans lesquelles tout semble contrôlé par le seul pouvoir de l’argent… « Je veux seulement que vous m’aimiez » critique ainsi cette fameuse époque qui a vu les sociétés occidentales se
laisser corrompre par l’économisme pur. Si Peter veut montrer à sa femme qu’il l’aime, il se sent obligé de lui acheter encore et toujours plus : les biens de consommation ont alors remplacé les
sentiments humains. Et s’il n’a pas les moyens de financer ses dépenses excessives, qu’à cela ne tienne : il doit travailler plus, quitte à s’épuiser à la tâche ! Et si ça ne suffit toujours pas,
il convient alors d’imaginer des moyens de plus en plus irrationnels de faire de l’argent, qui feront sombrer Peter dans une tragique descente aux enfers, jusqu’à l’irréparable… La société que
Fassbinder décrit fonctionne comme un cercle vicieux imparable : le pouvoir et la fascination pour l’argent, qui entraîne une logique de ne jamais en avoir assez et d’en vouloir toujours plus !
L’aberration du principe de « crédit », soit celle de vouloir posséder ce qu’on ne peut pas acheter, s’expose déjà dans ce film avec ses implacables rouages autodestructeurs pour le héros…

Pour illustrer ses théories avant-gardistes, le réalisateur use d’une mise en scène précise et tout aussi implacable. On ne peut qu’admirer son sens évident du cadre, les découpages souvent
saisissant de ses séquences, ou encore ses mouvements panoramiques si particuliers, qui diffusent son empreinte tout au long du film… On retrouve son style à la fois très brut et très sec,
toujours direct et frontal dans ce qu’il (dé)montre à l’écran : on atteint ainsi à une forme d’épure cinématographique, de laquelle émane toute la violence de la civilisation humaine. La patte du
cinéaste se lit également à travers des ellipses brutales, qui tracent les contours d’une œuvre créée dans l’urgence : on pense à cette scène où Peter ose inviter pour la première fois sa future
femme à danser un soir, immédiatement suivie de celle de leur mariage, où on les voit justement danser ; même chose lors de leur toute première relation sexuelle, qui précède tout juste la
naissance de leur enfant… On est bluffé enfin par la structure dramatique utilisée pour le film : à l’aide de plusieurs flash-back bien placés (une séquence de l’enfance où ses parents se sentent
obligés de corriger Peter, une autre résumant efficacement leur rencontre jusqu’au mariage), l’histoire nous est racontée avec une pertinence incroyable. Surtout que l’ensemble du long métrage
peut être lui-même considéré comme un long flash-back, Peter racontant son existence à une psychologue de la prison où il se trouve. On sait donc dès le début qu’il sera condamné pour une faute :
le film se déroule alors comme la démonstration de la perte d’un innocent, peu à peu corrompu par la spirale infernale de la société de consommation moderne, qui l’emprisonne lentement, mais
inéluctablement…

« Avez-vous du plaisir à vivre ? », répètera plusieurs fois la psychologue à Peter à la fin du film. « Je veux seulement que vous m’aimiez » dresse en réalité le portrait sans concession d’un
inadapté social, ou tout du moins d’un homme probablement trop pur pour s’intégrer correctement dans une société qui a tout remplacé par les seuls biens matériels. A travers le personnage de
Peter, Fassbinder propose très certainement un reflet de lui-même, et essaie de nous parler d’amour… L’amour que Peter cherche auprès de ses parents ou de sa femme se heurte toujours à la
sécheresse du cœur de ces derniers. Devant l’impossibilité de se sentir aimé, on assiste alors assez tragiquement et cruellement au délitement émotionnel progressif de l’individu observé,
littéralement broyé par un système purement basé sur une logique de calcul et sur la valeur mesurable des choses, assez proche finalement d’une société sournoisement totalitaire, laissant croire
à chacun qu’il est libre (d’acheter telle ou telle chose par exemple) alors que ce n’est que mensonge… Un modèle de société qui n’a d’ailleurs fait que croître depuis le milieu des années 70 et
jusqu’à aujourd’hui ! Le film illustre avec amertume une réflexion du cinéaste lui-même, que l’on retrouve dans un recueil d’entretiens intitulé « Fassbinder par lui-même » : "Celui qui aime, ou
qui aime plus que l’autre, ou qui est plus accroché à cet amour, ou à cette relation, naturellement, c’est lui qui est dominé. Et c’est lié au fait que celui qui aime moins a plus de pouvoir, ça,
c’est clair. Parvenir à accepter un sentiment, un amour, un besoin, ça demande une grandeur d’âme que la plupart des gens n’ont pas. C’est pourquoi la plupart du temps, ça se passe de façon assez
moche. Je ne connais quasiment pas de relations entre des gens, quels qu’ils soient, dont je pourrais dire que c’est une belle relation." Tout n’est dicté que par un principe de domination pour
l’espèce humaine : douloureuse logique que l’on retrouve d’ailleurs à l’œuvre dans la plupart des films de Fassbinder…



 



Bonus DVD :
Le film est accompagné d’un documentaire fourni de 60 minutes, « De l’amour et des contraintes : suppositions sur « Je veux seulement que vous m’aimiez », qui se veut tout à la fois un making of
tardif du superbe long métrage de Fassbinder, mais aussi, et peut-être surtout, un brillant témoignage sur la façon dont le cinéaste travaillait et sur tout ce qu’il mettait de lui-même dans son
cinéma ! Insistant sur une analyse freudienne du film, ce document de Robert Fischer, mettant en perspective de nombreux entretiens, s’avère véritablement passionnant…



 



Retrouvez sur Cinetrafic d'autres films de prison ou découvrez la catégorie nouveaux
films































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vendredi 21 octobre 2011

[Sortie] Hors Satan, de Bruno Dumont



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Hors Satan, de Bruno Dumont (France, 2011)



Sortie le 19 octobre 2011



Note :
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Retrouvez la critique 100 % Phil Siné de "Hors Satan" via ce lien































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jeudi 20 octobre 2011

[Critique] Oxygène, de Hans Van Nuffel



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Oxygène, de Hans Van Nuffel (Belgique, Canada, Pays-Bas, 2010)



Sortie le 12 octobre 2011



Note :
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De par son thème (une maladie génétique incurable) et de par la situation du cinéaste (atteint lui-même de mucoviscidose), le film aurait très bien pu n’être au mieux qu’un simulacre de
documentaire pédagogique pour soutenir la recherche médicale, ou au pire un mélodrame sirupeux et misérabiliste… Pourtant, cette fiction douce amère visiblement très documentée, qui sent les
traces du vécu et de l’expérience, n’est rien de tout cela, et ressemble plus aisément à un hymne fort à la vie, clamé par de très beaux personnages, souvent loin des clichés que l’on pourrait
attendre… Les personnages malades traversent bien sûr des moments très difficiles et douloureux, mais ils nous apparaissent cependant toujours présents au monde : malgré leurs fréquents séjours à
l’hôpital, où se déroule d’ailleurs la plus grande partie du film, ils tentent tant bien que mal de donner un sens à leurs vies, de profiter du temps qui reste, de courir, d’aimer… On pourrait
dire en cela qu’« Oxygène » respire (ah ah) l’espoir et la vie ! Ou bien encore que les quelques échappées du film en-dehors de l’univers hospitaliers sont comme des grands bols d’air (re-ah ah)
qui « oxygènent » un peu la noirceur du thème…

Mais le plus intéressant avec ce très beau premier film, c’est peut-être sa capacité à s’imposer comme du vrai cinéma, malgré les seules précautions inattaquables inhérentes à son sujet… Dès la
première scène, on sent déjà l’influence d’une matière cinégénique protéiforme, à la fois dans la globalité de la séquence et dans son détail. Ainsi, un plan d’ensemble présentant de jeunes
garçons devant un auditoire de docteurs rappellent le film « Elephant Man » de David Lynch, lorsque le personnage « monstrueux » était exhibé sans ménagement devant une foule de scientifiques,
pour le bien de la science bien évidemment ! Même sensation de malaise… Un gros plan, à l’inverse, montre une figurine de Darth Vador, le héros de « Star Wars », que serre dans ses mains pour se rassurer le petit garçon malade : sensation plus
tendre, par contraste… Deux grands personnages emblématiques du cinéma sont ainsi utilisés, afin de créer bien sûr des liens avec les malades de mucoviscidose. Deux personnages marginaux et
originellement « bons », poussés à des extrémités à cause de leur différence : le suicide pour le premier, le mal le plus absolu pour le second. Des parallèles sont ainsi faits avec les actes des
personnages du film, et il est également amusant de constater le rapprochement entre les troubles respiratoires des malades et la propre respiration sous son masque de Dark Vador…

Bien écrit, bien réalisé, cet « Oxygène » fait un bien fou ! Une vraie atmosphère se dégage des images, magnifiées par le superbe travail du directeur de la photographie Ruben Impens. Les
personnages sont touchants, parfois troublants, et merveilleusement interprétés, à commencer par Tom, le personnage principal, que le jeune acteur Stef Aerts incarne subtilement… On reste sous le
charme de comédiens de talent et d’un petit film plein de promesses pour l’avenir de son réalisateur… Tout du moins s’il ne manque pas de souffle par la suite, sans mauvais jeu de mots !



 



Mise en perspective :



- La ligne droite, de Régis Wargnier



- La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli































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mercredi 19 octobre 2011

[Jeu] Gagnez des places de ciné pour "Love and Bruises"



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C'est le 2 novembre prochain que sortira au cinéma « Love and Bruises », le nouveau film de Lou Ye avec Tahar Rahim, Corinne Yam, Jalil Lespert et Vincent Rottiers.



Phil Siné s'associe à Wild Bunch pour vous faire gagner 5 lots de 2 places pour aller voir le film dans la salle de votre choix !



Pour jouer, il vous suffit de répondre à la question suivante avant le 1er novembre 2011 à minuit : quel est le titre du précédent film du réalisateur Lou Ye ? Je vous offre un petit indice ici.



Envoyez votre réponse par mail à phil.sine[at]free.fr, accompagnée de vos coordonnées complètes (nom, prénom et adresse postale).



Un tirage au sort désignera les 5 gagnants de 2 places à l'issu du concours.



Bonne chance à toutes et à tous !



Synopsis du film : Hua, étudiante chinoise, habite à Paris depuis peu. Un jour, elle rencontre Mathieu, un jeune ouvrier qui tombe amoureux d’elle. Commence alors une
histoire d’amour intense et passionnelle. Cette relation déstabilise Hua qui décide de repartir en Chine. Jusqu’à ce qu’elle prenne conscience de l’importance qu’a prise Mathieu dans sa
vie.



Rejoignez "Love & Bruises" sur Facebook !



[Jeu terminé ! Bravo à Christophe G., Stéphanie G., Thomas P., Véronique A. et Mathieu H. qui remportent chacun 2 places de cinéma]































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[Sortie] Polisse, de Maïwenn



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Polisse, de Maïwenn (France, 2011)



Sortie le 19 octobre 2011



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Prix du Jury au Festival de Cannes 2011



Retrouvez la critique de "Polisse" par Phil Siné en cliquant ici































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mardi 18 octobre 2011

[Critique] Another Earth, de Mike Cahill II



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Another Earth, de Mike Cahill II (Etats-Unis, 2011)



Sortie le 12 octobre 2011



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Avec sa façon d’évoquer un drame intime sur fond de transformation cosmologique radicale, « Another Earth » semble étrangement naviguer sur les traces du dernier film de Lars Von Trier : «
Melancholia ». Pourtant, le film de Mike Cahill se révélerait plutôt comme une
anti-thèse de ce dernier : une sorte de double inversé et éclairé de la noirceur mélancolique du réalisateur danois… Ainsi, là où « Melancholia » précipitait ses personnages glorieux dans la
Fatalité et la tragédie la plus absolue avec la fin du monde en arrière-plan, « Another Earth » préfère partir de la situation tragique et a priori insoluble d’individus pour mieux les montrer en
train de se reconstruire peu à peu et aborder bientôt les prémices d’un nouveau monde possible…

La vie de Rhoda, brillante étudiante en astrophysique, bascule le jour où sa voiture heurte de plein fouet celle de John, tuant au passage la femme et l’enfant de celui-ci… Ce même jour est
découverte une planète en tout point semblable à la Terre, évoluant dans l’espace à proximité de celle-ci. Des années plus tard, après avoir purgé sa peine de prison, Rhoda cherche l’anonymat et
tente de se rapprocher de John, comme pour essayer de se faire pardonner par cet homme brisé. Le symbole est fort quand elle se fait engager par cet homme qui ne sait pas qui elle est vraiment
pour faire le ménage chez lui… Nettoyer une maison pour mieux remettre une vie sur ses rails ?

« Another Earth » est un film infiniment subtil : loin du film de science-fiction que son postulat de départ pourrait laisser imaginer (le seul effet spécial du film demeure cette seconde Terre
omniprésente dans le ciel), on se retrouve plus simplement dans l’intimité de ces personnages qui tentent de se reconstruire au contact l’un de l’autre… C’est doux et émouvant, porté par une mise
en scène atmosphérique, semblant incarner la tristesse cotonneuse des âmes en présence… mais comme absentes au monde. La métaphysique affleure alors avec cette mystérieuse planète dont on
comprend qu’elle est une réplique exacte de la notre, habitée par les doubles de chaque être humain… Les personnages s’interrogent alors sur ces autres eux-mêmes, retrouvant alors une forme
d’espoir dans leur morne vie : « Et si une autre version de vous-même avait pris un autre chemin, peut-être le chemin idéal ? En quoi cette personne serait-elle différente ? Sa vie serait-elle
meilleure ? » Une théorie est en outre évoquée pour expliquer l’apparition soudaine de cette planète : évoluant initialement comme des mondes parallèles juxtaposés, les deux planètes se sont un
jour séparées pour prendre chacune son chemin, laissant leurs habitants se dédoubler et vivre chacun autant de vies possibles… Cela ayant eu lieu le jour même de la tragédie vécue par John et
Rhoda, ceux-ci se prennent à rêver que l’accident n’a jamais eu lieu sur cette autre planète. Le plan final du film en appelle d’ailleurs joliment à l’intelligence du spectateur : aussi beau que
furtif, il laisse la place à l’interprétation et au rêve, comme l’ensemble de ce long métrage se tournant constamment vers un onirisme intimiste…



 



Mise en perspective :



- Melancholia, de Lars Von Trier



- Rabbit hole, de John Cameron Mitchell































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lundi 17 octobre 2011

[Jeu] 10 codes VOD à gagner pour le film "Incendies"



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incendies



Grâce à UniversCiné, plate-forme de vidéos à la demande (VOD) qui propose le meilleur du cinéma indépendant, Phil Siné vous permet cette
semaine de gagner 10 codes promotionnels pour voir le film "Incendies" depuis leur site. "Incendies", de Denis Villeneuve, est l'un des films coups de poing de l'année 2011, comme vous
pourrez le constater en (re)lisant la critique de Phil Siné à cette adresse
...



Pour participer, il vous suffit de répondre à la question suivante : quel est l'auteur de la pièce de théâtre dont s'inspire le film "Incendies" ? Puis d'envoyer votre
réponse par mail à phil.sine[at]free.fr
, accompagnée de vos nom, prénom et e-mail avant le dimanche 23 octobre à 22h.



En cas de trop nombreuses participations, les gagnants seront tirés au sort. Les
codes seront envoyés aux gagnants dans la semaine suivant les résultats. Phil Siné ne poura être tenu responsable de la non distribution des lots. Une seule participation par famille. Jeu réservé
à la France Métropolitaine, Corse incluse.



[Jeu terminé - Bravo aux gagnants !]































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