vendredi 6 mai 2011

[Critique] La solitude des nombres premiers, de Saverio Costanzo



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La solitude des nombres premiers, de Saverio Costanzo (Italie, 2010)



Sortie le 4 mai 2011



Note :
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« Oh putain qu’elle est moche l’affiche ! » Ca, c’est ce que je me suis dit en la découvrant aux portes de mon cinéma… Mais le film est beaucoup mieux, sachez-le ! Et outre son très joli titre
poétique, il offre aussi un très bel univers, plein d’émotions et de trésors… Bref, c’est chouette quoi !

En fait, comme son nom l’indique, il est avant tout question de nombres premiers dans ce film de Saverio Costanzo. Et même plus précisément de nombres premiers dits « jumeaux », à la fois très
proches, tout juste séparés d’un unique nombre pair, mais condamnés pourtant à ne jamais se rencontrer : c’est le cas du 11 et du 13 par exemple, mais c’est surtout le cas de Mattia et d’Alice
dans « La solitude des nombres premiers »… A travers quatre époques de leur vie, on les voit grandir et vieillir « en parallèle », chacun dans son univers, comme prisonnier d’un monde bien à lui.
Il y a une large part d’autisme dans leurs comportements, issue de leurs traumatismes respectifs survenus au cours de leur enfance : une blessure à la jambe pour Alice, la perte de sa sœur
(jumelle, justement, elle aussi comme un nombre premier, et très clairement autiste qui plus est !) pour Mattia… Cette forme d’absence au monde, d’enfermement dans leur propre esprit, les
empêchera ainsi de véritablement se rencontrer et de vivre leur amour. Si Alice est tout de suite folle de Mattia, celui-ci éprouve mille difficultés à se rapprocher d’elle, tant il semble
dépourvu d’empathie : « Si je ne réfléchis pas, je ne comprends rien », lâche-t-il à Alice qui essaie de lui montrer son désir… Sauf que certaines sensations ne résistent pas à la réflexion, et
Mattia révèle toujours un troublant hermétisme aux émotions incontrôlées comme l’amour. Une seule entorse, gardée secrète, lui est tombée dessus lors de la disparition de sa sœur : croulant sous
le poids de la culpabilité de l’avoir abandonné, il pleure et se révèle ainsi à lui-même… sensible ?

Le film décrit donc la difficulté d’être, et surtout d’être aux autres, pour des individus un peu hors norme, comme « différents » et portant les marques de leur différence… Mais cette
description passe pour le cinéaste par la forme d’un "film d’horreur centré sur les sentiments, la famille et sur l’émancipation impossible du couple". La stridence ou l’intensité des musiques,
l’incarnation trouble des personnages par l’ensemble du casting (chaque personnage possède en effet son acteur en fonction des époques), qui peut passer par un jeu de regard presque fou ou un
comportement inattendu (pour ne pas dire inadapté), participent ainsi à conférer à « La solitude des nombres premiers » une allure de thriller, dont les contours seraient cependant plus poétiques
que sanguinaires… Mais la force et l’intensité presque horrifique du film passe sans doute avant tout par ce montage alterné entre les différentes époques, de l’enfance à l’âge adulte : si les
dates apparaissent d’abord en surimpression sur l’écran pour chaque période au début du film, tout se mélange ensuite… Le rythme s’accélère parfois, se permettant même de déconstruire
complètement certaines séquences pour les monter en parallèle avec d’autres scènes d’une autre temporalité, instaurant alors une instabilité déstabilisante pour le spectateur, symbole finalement
de l’intériorité des personnages. Quand il parle de l’écriture du scénario par rapport au roman original de Paolo Giordano, Saverio Costanzo évoque son "besoin d’aller plus loin et de détruire et
recréer une autre histoire pour amener le spectateur à se perdre, à ressentir le dépaysement nécessaire au cinéma". La perte des repères pour mieux saisir l’émotion, chose que réussit
merveilleusement les deux premiers tiers du long métrage… On en dira malheureusement pas autant de la dernière partie, qui isole la dernière époque montrée du reste du film : celle-ci semble très
vite moins convaincante, probablement parce qu’elle s’avère moins rythmée du fait de sa mise à part, et par là même un peu pesante et ennuyeuse. On y trouve également un formalisme qui ne
paraissait pas nécessaire : l’émotion y est du coup un peu forcée et stérile… Dommage, car tout avait pourtant si bien commencé !































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jeudi 5 mai 2011

[Palmarès Interblogs] Classement des sorties cinéma au 1er mai 2011


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Rang

Titre du film

Note sur 5

1

Black Swan

4,16

2

Tomboy

4,06

3

Arrietty : le petit monde des
charpardeurs


3,95

4

le Discours d'un roi

3,91

5

l'Etrangère

3,81

6

Avant l'aube

3,80

7

Incendies

3,77

8

Boxing Gym

3,76

9

Il était une fois un meurtre

3,75

10

True Grit

3,71

11

la Pecora Nera

3,69

12

Blood Island

3,63

13

Slice

3,59

14

Poupoupidou

3,58

15

le Voleur de lumière

3,56

16

Rabbit Hole

3,55

17

Paul

3,53

18

Animal Kingdom

3,44

19

Fighter

3,43

20

Detective Dee

3,42

21

Même la pluie

3,42

22

Tron, l'héritage

3,41

23

Never let me go

3,39

24

Une pure affaire

3,38

 

Pina 3D

3,38

26

the Hunter

3,38

27

les Yeux de sa mère

3,36

28

Scream 4

3,33

29

Carancho

3,32

30

Source Code

3,31


Indétronable "Black Swan", pourrait-on se dire du film d'Aronofsky, qui squatte le
sommet du Palmarès depuis quasiment le début de l'année ! Sauf que la concurrence commence à arriver, et solide apparemment : pas moins de 9 blogueurs ont ainsi déjà contribué à offrir au superbe
et sensible "Tomboy" la seconde place du classement...



On ne pourra que se réjouir aussi de quelques entrées de très bons films, dans des genres très différents souvent : "L'étrangère", "Blood Island" ou encore "Rabbit hole" sont de vrais petits bijoux qui méritaient amplement cette mise en valeur
!



Je resterais pour ma part un peu plus sceptique à l'égard d'"Il était une fois un meurtre" ou "Detective Dee", que j'ai trouvé chacun "bien mais pas top" pour tout vous dire...



Et quelle déception enfin de ne pas retrouver l'émouvant "Pina" ou le jouissif "Scream 4" un peu plus haut dans le classement !



A part ça, si vous souhaitez en savoir un peu plus sur ce mystérieux
palmarès ou même connaître la suite du classement, cliquez donc en direction du blog de Vance
!































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mercredi 4 mai 2011

[Jeu] Le Ciné-rébus # 9


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Réponse : Saw (Seau)



Trouvé par Titoune



Jouez et gagnez plein de cadeaux avec Phil Siné : guettez la publication des jeux sur le blog, soyez le premier à donner la bonne réponse en commentaire et accumulez un maximum
de points afin de choisir le lot que vous convoitez parmi la liste mentionnée un peu plus bas…

Règle du « Ciné-Rébus » : Déchiffrez le titre d’un film dans le rébus ci-dessus et gagnez un point si vous parvenez à être le premier à donner la bonne réponse en commentaire
!

A partir de 3 points cumulés, vous pourrez choisir un cadeau parmi les suivants :
- 1 badge collector « I [love] Phil Siné » (3 points)
- 1 badge collector « I [star] Phil Siné » (3 points)
- 1 lot des 2 badges collector (4 points)
- DVD « The calling » de Richard Caesar (5 points)
- DVD « L’étrange créature du lac noir » de Jack Arnold
(accompagné du documentaire "Retour sur le lac noir") (5 points)
- DVD « Flandres » de Bruno Dumont (dans une superbe édition collector digipack
double-DVD, débordante de bonus passionnants !) (5 points)
- DVD  "Karaté Dog", de Bob Clark (5 points)
- DVD "Ally McBeal" (les 4 premiers épisodes de la saison 1) (5 points)
- DVD « Tropical Malady », d’Apichatpong Weerasethakul (5
points)
- 1 TV écran plasma 100 cm (1000 points)
- 1 voyage pour 2 personnes à Hollywood (1300 points)



 



Scores actuels :
Romainst : 5 points
Docratix : 2 points
Violaine : 2 points
Foxart : 2 points
Cachou : 2 points
Bruce Kraft : 1 point
Titoune : 1 point
Niko (de CinéManga) : 1 point
Squizzz : 1 point 
FredMJG : 1 point







Bonne chance à toutes et à tous !































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[Critique] Beginners, de Mike Mills



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Beginners, de Mike Mills (Etats-Unis, 2010)



Sortie nationale le 15 juin 2011



Note :
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Vaguement inspiré de sa propre vie, le scénario de Mike Mills pourrait peut-être s’apparenter à une forme de psychothérapie pour son auteur, tant on y retrouve une dimension
mélancolico-dépressive, analytique et existentielle… Mais au fond, cet aspect des choses ne nous concerne, voire ne nous regarde vraiment pas, nous spectateurs de « Beginners » ! Ce qui nous
occupe, c’est surtout le bon moment que l’on passe à savourer cette belle et sensible « tranche de vie », en compagnie de personnages tout autant délicieux… Si l’on rentre aussi facilement dans
l’intrigue de « Beginners », c’est sans doute parce que le spectacle de la vie y est proposé avec une grande justesse et une profonde sincérité : les émotions sont à fleur de peau, le ton y est
doux amer, partagé entre moments de délices et moment de détresses… On a souvent l’impression aussi d’une subtile introspection, qui pose des questions ontologiques sur la vie et la nature
humaine, sur les émotions et les sentiments, mais toujours sans en avoir l’air… La première rencontre entre le couple d’amoureux qui va porter le film est un indice d’ailleurs assez flagrant sur
la perspective psychanalytique de l’ensemble : lors d’une soirée costumée, lui se cache derrière la barbe de Sigmund Freud, pendant qu’elle vient s’allonger sur le canapé juste à côté de lui, en
patiente… muette !

« Beginners » raconte donc les prémices d’une histoire d’amour, entre Oliver et Anna, deux êtres un peu paumés et semi-dépressifs, qui se cherchent et qui doutent toujours de leurs relations avec
les autres… Mais pas que ! Le film de Mike Mills explore ainsi également le thème du deuil, souvent si compliqué : celui surtout du père d’Oliver, duquel ce dernier hérite une maison pleine de
souvenirs et un chien dont il ne peut plus se séparer… Il faut dire qu’Oliver se met à avoir d’étonnantes conversations philosophiques avec le cabot, une façon comme une autre de dialoguer avec
un mort, voire plutôt avec soi-même ! Cette affaire de deuil va permettre une construction habile et complexe d’un scénario oscillant allègrement entre les époques : l’enfance d’Oliver, avec une
mère frustrée par un mari qui ne lui accorde pas assez d’affection, le passé plus récent, avec un père veuf qui ose un coming-out plein de peps à 75 ans, et un présent un peu terne, où Oliver se
cherche… et finira par trouver la belle Anna !

Le montage fait souvent mouche (notamment dans des séquences en voix off, laissant correspondre des images d’archives aux mots d’Oliver), mais l’ensemble de la mise en scène demeure aussi très
convaincant, conférant au film une tonalité riche et appréciable, libérant une foultitude d’émotions « vraies » : qu’il soit triste ou drôle, « Beginners » demeure toujours très humain et
joliment émouvant… Et pour porter une si généreuse sincérité, l’ensemble de la distribution fait merveille ! Le couple formé par Ewan McGregor et Mélanie « Inglourious Basterds » Laurent est juste délicieux, incarnant un
Oliver tout en nuances et une Anna paradoxale, un peu comme son statut de française en Amérique, superposant parfois avec un naturel décomplexé la langue anglaise et la française au gré des
dialogues… Christopher Plummer est tour à tour délirant et émouvant en vieillard un peu indigne mais toujours très vert ! Et si l’on est un peu déçu de revoir Goran Visnjic (le beau Docteur Kovac
dans « Urgences »), qui a visiblement pas super bien vieilli, on demeure bluffé face à la vraie révélation du film : le bien nommé « Cosmo » dans le rôle clé d’Arthur… Même si ce dernier cabotine
à mort, ce qui est d’ailleurs plutôt normal pour un chien !































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mardi 3 mai 2011

[Critique] Les nuits rouges du bourreau de jade, de Julien Carbon et Laurent Courtiaud



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Les nuits rouges du bourreau de jade, de Julien Carbon et Laurent Courtiaud (Hong-Kong, France, 2009)



Sortie le 27 avril 2011



Note :
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Avec son titre à rallonge, « Les nuits rouges du bourreau de jade » est un nouvel hommage au giallo italien, après « Amer » l’année dernière, qui déjà était réalisé par deux français. Mais
là où « Amer » relevait plus de la pure performance et de la démonstration technique qui finissait par se révéler assez vaine ou ennuyeuse, le film de Carbon et Courtiaud, deux frenchy exilés à
Hong-Kong (travaillant notamment avec Tsui Hark !) se révèle nettement plus performant et pertinent ! Non seulement parce qu’il parvient à intéresser, voire à fasciner, son spectateur, mais aussi
parce qu’il ne se contente pas de rendre un hommage admiratif et béat à un certain cinéma de genre : il embrasse lui-même ce cinéma-là, en livrant une œuvre tout à fait digne dans cette
trajectoire si segmentante du septième art… Il ne se contente pas non plus d’uniques références au giallo, puisqu’il s’inspire également du cinéma asiatique plus contemporain ou laisse même
planer l’ombre d’un Hitchcock ou d’un Bunuel dans certaines séquences !

A travers cette histoire d’antiquité volée qui contient le poison du bourreau de jade, qu’une femme chinoise cherche à récupérer pour réitérer à notre époque ses meurtres pervers et rituels, le
film de Carbon et Courtiaud se permet toutes les audaces ! On est tout de suite happé, notamment, par une mise en scène hyper léchée, qui délivre à de nombreuses reprises des plans d’une beauté
inouïe… On est mystérieusement attiré par ces images qui nous emmènent entre perversion et fascination, mélangeant allègrement et sans le moindre complexe le gore le plus frontal à l’érotisme le
plus marginal, allant du fétichisme du pied (ah, les gros plans podophiles sur des talons aiguilles ou des petons déchaussés !) au bondage SM le plus absolu (un « lit de suffocation » à baldaquin
hautement technologique, dans lequel la personne allongée se fait intégralement étouffer de latex). On assiste à des scènes de tortures meurtrières d’une originalité sans borne, partagées entre
la gracieuse beauté et l’ignoble sadisme…

« Les nuits rouges du bourreau de jade » s’impose alors comme un « bel objet », pas toujours très abouti et avec ses maladresses certes, mais à l’univers et à l’esthétique suffisamment
particulier et inédit pour surprendre et attirer… Sans compter que sa beauté glacée n’exclut pas non plus de légères et parcimonieuses touches d’humour tout à fait bienvenues : comme c’est le cas
par exemple dans la scène où la femme chinoise, incarnation moderne du fameux bourreau de jad(is), nous explique en pleine séquence de torture la recette du parfait Dry Martini ! Mais le plus
délicieux reste peut-être de voir déambuler notre « Bel » Frédérique à Hong-Kong, un peu perdue et décalée dans ce pays qui n’est pas le sien : un curieux pistolet à la main, elle marche et
hésite, déclame ses répliques dans un drôle de jeu et oscille parmi toute une palette d’expressions savoureuses… Un film pour a-mateur, peut-être, mais qui vaut le coup d’œil !



 



Mise en perspective :



- Amer, de Hélène Cattet et Bruno Forzani (France-Belgique, 2010)



- Giallo, de Dario Argento (Italie, 2008)































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lundi 2 mai 2011

[Critique] Animal Kingdom, de David Michôd



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Animal Kingdom, de David Michôd (Australie, 2010)



Sortie le 27 avril 2011



Note :
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Joshua a 17 ans lorsque sa mère meurt d’une overdose sur le canapé même où il est assis, en train de regarder passivement une émission débile à la télé… Un événement qui semble à peine le
bouleverser, tant on a l’impression que la vie passe sur lui sans le toucher vraiment. Il sera recueilli par sa tante, qui vit avec ses grands fils, qui sont en réalité d’affreux criminels… A
partir de là, Joshua sera entraîner dans la spirale de l’enfer du crime, sans savoir encore s’il doit l’accepter ou la fuir, d’autant que la police cherche à l’aider pour arrêter ses affreux
tueurs de cousins !

Sous des allures de polar familial bien noir, « Animal Kingdom » prend très vite la voie de la grande tragédie classique, où trahison et vengeance occupent les âmes torturées des mortels ! On
reste scotché et fasciné devant ces histoires de famille sombres et violentes, qui vont peu à peu signer la déchéance de ses différents membres… Le film tourne autour du personnage de Joshua, qui
découvre un univers inédit, même si l’on peut supposer que la vie ne l’avait de toute façon pas épargnée jusque-là : derrière des airs de grand dadais apathique se cache visiblement une vie
intérieure de touchante mélancolie et de perpétuelle dépression… On verra le garçon se transformer tout doucement en cours de route, s’endurcissant visiblement à chaque nouveau coup reçu. Le jeu
de l’acteur débutant James Frecheville est finalement très fin, au point de nous laisser complètement éberlué devant un finale inattendu et sec, achevant une sinistre et cynique éducation dans ce
récit d’apprentissage définitivement tragique ! Au milieu des gangsters se révèle également un autre personnage fort : celui de la mère (incarnée par l’excellente Jacki Weaver), qui cache bien
son jeu de matriarche solide et manipulatrice derrière ses airs de mère poule aimante et attentionnée…

Mais le scénario d’« Animal Kingdom », brillant et passionnant, est surtout porté par une image impeccable et une mise en scène sobre et classieuse, où se bousculent des références majeures dans
le domaine du film mafieux ! L’élégance de l’australien David Michôd est en effet le résultat de nombreuses influences, essentiellement nord-américaines : on y retrouve la mythologie d’un «
Parrain » de Coppola, la maestria des « Affranchis » de Scorsese, le classicisme des films noirs de James Gray ou encore la violence sèche des « Promesses de l’ombre » de David Cronenberg… Mais
nulle intention ici de singer ces grands noms du cinéma, Michôd semble plutôt exceller à en faire la synthèse, en montrant qu’il a non seulement digérer les leçons de cadrages de ses aînés, mais
qu’il a su aussi en tirer un grand film incarné, viscéral et stylisé…































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dimanche 1 mai 2011

[Critique gonzo] Insidious, de James Wan


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Insidious, de James Wan (Etats-Unis, 2010)



Sortie nationale le 15 juin 2011



Note :
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On fait parfois d'étonnantes rencontres dans les toilettes des cinémas. Alors que je passais par celles d'une certaine salle où de nombreux ciné-blogueurs de qualité tel que moi étaient invités à
assister à la projection d'"Insidious", quelle surprise de tomber sur M. Silence Action en personne, en train de se laver les mains à la fontaine
étrangement située au beau milieu de la pièce. Outre de me rassurer sur l'hygiène irréprochable du célèbre personnage, cette scène m'a permis également d'être invité à rejoindre le rang occupé
par bon nombre d'autres illustres blogueurs pour assister au film... Un grand moment de partage cinéphilique commença alors, au cours duquel, éclairé par le clair-obscur de l'écran, de nombreux
sursauts se libérèrent, mais aussi, curieusement, quelques fous rires retentirent... ce qui est relativement curieux chez les spectateurs d'un film d'horreur ! (Bien que de nos jours, le mélange
des genres demeure une chose de plus en plus courante). Comme je sais que vous mourrez d'envie de connaître les noms des blogueurs cinéma les moins téméraires, me voilà donc prêt à vous balancer
quelques révélations bien senties ! En effet, j'ai bien remarqué que M. Plan C et M. Passeur Critique,
notamment, ont eu tellement peur qu'ils sont partis avant la fin de la projo (à moins qu'ils craignaient de ne pas arriver à temps pour la finale de la Coupe du monde, la France contre
l'Allemagne, ou un truc du genre, j'ai pas tout compris...) Du coup, je me suis retrouvé à voir la dernière image du film en compagnie d'une poignée de spectateurs valeureux, tel que l'intrépide
et orangement vêtu M. Silence Action (encore lui !) ou même une fille (une certaine Djool, mais ça dépend
des jours
si j'ai bien compris), bien plus courageuse que la plupart des hétéro-machos réunis tout autour de moi ce soir-là !

Et "Insidious", me direz-vous ? Eh bien je vous répondrais que vous vous permettez là une question bien "insidieuse"... (mouarf, mouarf ! je me trouve tellement drôle parfois !) Bon, pour faire
bref, on va dire que la seule innovation de ce sous-genre du film d'épouvante (en gros, le "film de maison hantée"), c'est qu'ici ce n'est pas la maison qui est hantée, mais un "corps"... Sans
vouloir trop en dire, le territoire à explorer devient non plus les lieux, mais le corps : "le territoire, c'est votre corps", pour reprendre l'excellente et passionnante interview de Wes Craven
dans le numéro 666 "infernal" des "Cahiers du cinéma" de ce joli mois d'avril... Mais à part ça, le film de James Wan (réalisateur de "Saw" et de quelques autres goretteries...) reste bien sage
et bien standardisé : il accumule les clichés et les poncifs à tout bout de champ (et contre-champ !), avec musique de train fantôme, exagération inutile des sons et des jeux de lumières, et de
nombreux passages clés archi attendus et sans surprise ! Pour autant, et malgré une introduction un peu longue et appuyée, on ne peut pas dire que l'on passe un désagréable moment : "Insidious"
se laisse regarder, sans cependant être furieusement original ou novateur, ni provoquer la révolution que fut par exemple "Saw" en son temps... Le réalisateur déclare avoir eu l'intention de
proposer le "Poltergeist" de la nouvelle génération, mais qui se souvient encore de "Poltergeist" aujourd'hui ? On peut ainsi légitimement supposer que ce nouveau film ésotérique ne marquera pas
très longtemps les esprits !

On reste néanmoins distrait par une bande sans prétention, qui pourra contenter les amateurs de films d'horreur "mainstream", c'est à dire qui ne font pas vraiment peur... (bouh, trop la honte à
M. Plan C et M. Passeur critique qui ont pris leurs jambes à leurs cous !) On pourra aussi s'étonner d'une
certaine teneur humoristique, qui transforme quasiment le film en farce lorsque deux espèces de scientifiques aux allures de guignols tout droit sortis de "SOS Fantômes" font irruption pour
mesurer le taux de présence ectoplasmique dans la maison supposée "hantée"... Sans oublier une séquence déjà mythique où une sorte de voyante illuminée initie une séance de spiritisme en couvrant
son visage d'un masque à gaz, qu'elle relie ensuite à une longue trompe en caoutchouc qui la fait étrangement ressembler à un éléphant pervers et fétichiste sous acide... A hurler de rire !



 



Mise en perspective :



- Amityville 3-D, de Richard Fleischer (Etats-Unis, 1983)



- Le jour du Saigneur































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