mercredi 6 avril 2011

[Critique DVD] Le dernier voyage de Tanya, d’Aleksei Fedorchenko



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Le dernier voyage de Tanya, d’Aleksei Fedorchenko (Russie, 2010)



Sortie DVD le 5 avril 2011 chez Memento Films



Note :
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« Le dernier voyage de Tanya », c’est en réalité le voyage d’une morte, que son mari va emmener avec lui sur la route, accompagné par un ami avec qui il va évoquer son intimité conjugale, avant
de brûler le corps de sa défunte épouse et de la rendre à la rivière… Chaque étape de ce voyage correspond en réalité à un rituel bien précis, hérité d’une ancienne tribu russe, les Méria, dont
la culture a en partie été assimilée par les nouvelles populations au fil des siècles. Le film permet de décrire avec émotion ces rites oubliés, revenus d’un autre temps, perpétrés par des
individus isolés dans la Russie rurale contemporaine…

La beauté des images, la mise en scène contemplative et la poésie d’une certaine trivialité quotidienne, nous plongent dans un long métrage profondément envoûtant, construit comme un « road movie
» calme et mélancolique, mené par des acteurs typiques pour incarner toute la tristesse et la résignation des gens de l’Est… C’est un très beau film que nous livre ainsi Aleksei Fedorchenko, mais
d’une beauté glacée, qui nous parle d’amour, mais d’un amour à mille lieues des conceptions occidentales : un amour aride mais presque pur, toujours conscient de la mort à venir, échangé entre
des cœurs mornes et blancs, aussi blanc que la neige qui recouvre l’immensité des paysages traversés par les personnages…

Bonus DVD : Interview et filmographie du réalisateur































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mardi 5 avril 2011

[Palmarès Interblogs] Classement des sorties cinéma au 31 mars 2011


 black swanarriettynever let me go









































































































































 Rang



Titre du film 

Note sur 5


1



Black Swan

4,22

2

Boxing Gym

3,95

 

Slice

3,95

4

Arrietty : le petit monde des charpardeurs

3,92

5

Le Discours d'un roi

3,88

6

True Grit

3,84

7

Avant l'aube

3,80

8

Never let me go

3,73

9

Une pure affaire

3,70

10

Incendies

3,68

11

Le Voleur de lumière

3,63

12

Poupoupidou

3,58

13

Hahaha

3,49

14

Paul

3,46

15

Fighter

3,43

16

Même la pluie

3,42

17

Tron, l'héritage

3,41

18

Carancho

3,38

19

The Hunter

3,38

20

Winter's Bone

3,32

21

127 Heures

3,31

22

La Permission de minuit

3,27

23

L'Etrange Affaire Angelica

3,26

24

Sucker Punch

3,25

25

Easy Money

3,20


 



Voici venue la fin du premier trimestre de l'année cinéma 2011, qui nous permet déjà d'y voir un peu plus clair dans le classement du Palmarès interblogs. On peut commencer à penser que les premières places sont
occupées par des films qui devraient compter cette année...



Quoi de plus logique en effet que d'y trouver notamment "Black Swan", indétrônable
première place, "Arrietty" ou "True Grit"... Si le si académique "Discours d'un roi" y demeure toujours aussi surévalué (en 5e position), on est heureux de
retrouver dans le classement des films plus discrets et pourtant bien meilleurs, tel que "Never let me go" ou "Avant l'aube".



Quant aux "inattendus", si "Boxing gym" (qui entre tout de même directement à la 2e place !) ne m'attirait pas outre mesure, j'avoue que le DTV "Slice" (2e ex-aequo) m'excite bien plus encore à
trôner ainsi au sommet du podium !



Et si par hasard vous souhaitiez en savoir davantage sur ce palmarès ou
connaître la suite du classement, n'hésitez pas à faire un tour sur l'article de Maître Vance à ce propos
...































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[Critique] Chez Gino, de Samuel Benchetrit



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Chez Gino, de Samuel Benchetrit (France, Espagne, 2008)



Sortie le 30 mars 2011



Note :
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Injustement massacré par la critique (qui a vraiment parfois de la merde dans les yeux !), le beau et fringant Samuel Benchetrit (romancier, scénariste, acteur, réalisateur… bref, un homme
accompli !) récidive après son chef d’œuvre ignoré « J’ai toujours rêvé d’être un gangster », avec cette fois-ci un film peut-être un rien moins abouti, mais pourtant toujours furieusement
original et passionnant : « Chez Gino »… Il y évoque les efforts hallucinants du propriétaire d’une modeste pizzeria (José Garcia) pour tourner un faux documentaire sur sa vie et se faire ainsi
passer pour un riche et dangereux mafieux respecté aux yeux de son oncle, véritable « parrain » italien, sur le point de mourir, qui exige de constater qu’il marche dans ses pas avant de lui
permettre de toucher une part de l’héritage…

On peut dire que l’histoire part un peu dans tous les sens et exploite de multiples sujets à un rythme débridé, comme si le cinéaste cherchait finalement à revisiter toute l’histoire du cinéma…
Il faut dire que les hommages au septième art sont nombreux dans ce film archi référencé ! On pense inévitablement aux grands films de gangsters et de mafieux au début du film, avec notamment le
massacre de la famille du personnage de José Garcia lorsqu’il était enfant, source d’une terrible vengeance par son oncle. « Chez Gino » est ensuite parcouru par une quantité tellement incroyable
de citations, de pastiches, de parodies, d’hommages, à des longs métrages de genres et d’époques si variés, qu’il serait impossible d’en faire une liste exhaustive : on retiendra cependant la
relecture hilarante de plusieurs scènes mythiques du « Parrain » de Coppola (notamment celle de la tête du cheval posée dans un lit comme un avertissement), ou une référence improbable et étrange
à « Festen » du danois Thomas Vinterberg… La fin du film nous emporte ensuite plus clairement dans l’hommage à la comédie italienne, de laquelle Benchetrit dit s’être fortement inspirée pour le
film… Tendance « Affreux, sale et méchant », mais avec une tendresse qui contraste forcément et rappelle combien le réalisateur possède en lui une sensibilité profondément humaine.

Si « Chez Gino » crie son amour du cinéma et plus particulièrement du (des) cinéma(s) italien(s), il n’est pas non plus un simple catalogue de citations détournées, pillées ici et là… Il est
peut-être même avant tout un film brillant et novateur, imposant un style (d)étonnant, iconoclaste et carrément foutraque, capable de tout mélanger sans pourtant se perdre dans le n’importe quoi…
Ainsi, si le film fait rire, souvent, il s’avère également très touchant et possède un décalage unique, à la maîtrise rarement constatée au cinéma : si Benchetrit part d’une certaine façon sur
les traces d’un Edouard Baer, prince d’une poésie mi-absurde mi-improvisée mais débordant trop souvent de toute part, il parvient à en délivrer une version plus travaillée et moins dispersée,
plus « regardable » d’un bout à l’autre du long métrage en quelque sorte… Avec « Chez Gino », le jeune surdoué de la littérature et du cinéma contemporains se paie même le luxe d’une mise en
abyme absolument savoureuse et déconnante : il n’est d’ailleurs pas innocent de le voir incarner lui-même le pseudo réalisateur qui va réaliser, en multipliant les gaffes et les imprévus, le film
dans le film, moteur véritable du scénario. Une façon de se moquer de lui-même, sans doute ! Mais il est drôle de constater qu’il a beau redoubler d’efforts pour enlaidir et crétiniser son
personnage, son interprétation nous le rend toujours aussi séduisant et émouvant… On ne peut que tomber sous le charme de « Chez Gino », au fond !































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lundi 4 avril 2011

[Critique] Sucker Punch, de Zack Snyder



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Sucker Punch, de Zack Snyder (Etats-Unis, 2011)



Sortie le 30 mars 2011



Note :
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« Sucker Punch » : It sucks !




Suite à une terrible tragédie familiale, la bombasse Babydoll est enfermée à l’asile par son papa vicieux. Le film devient alors le récit d’une trépanation : alors qu’un méchant médecin lui
enfonce un gros clou dans la tête, on assiste à ses rêveries d’évasion, en compagnie d’autres jeunes filles aussi « bonnes » et sexy qu’elles, vraie ribambelle de petites pétasses vêtues de cuir…
Voilà qui devrait plaire aux garçons… Eh bien non, même pas ! La vulgarité a quand même des limites…

Contre toute attente, « Sucker Punch » prend très vite des allures de la pièce de Shakespeare : « Beaucoup de bruits pour rien »… Enfin, pour l’illustration de son titre tout du moins, car pour
le fond il faudra repasser ! Tout le film est effectivement un enchaînement incessant de scènes d’action fantasmatiques, pleine de bruit et de fureur, mais désespérément creuses et ineptes… Ce
qui aurait pu ressembler à une série B ludique (et lubrique !), carburant à l’humour décalé et réjouissant, ne se présente finalement que comme un gros navet irregardable, parcouru par un abyssal
ennui… La débauche de gros moyens et d’effets spéciaux tape à l’œil, asservie à une mise en scène ronflante et clipesque à mort, ne masque en rien le degré de zéro absolu de l’écriture du film !
Si la bande son rock et sensuelle est formidable (mais ça ne fait pas un film !), l’image aussi glamourisée que le teint lissé de ses héroïnes est d’une froideur mortelle et la poésie qu’un tel
déluge de recherche visuelle et onirique aurait pu faire naître reste désespérément aux abonnés absents… Tapageur et vain, ce film ne présente au fond aucun intérêt, même regardé au 666e degré !































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dimanche 3 avril 2011

[Critique] Phantasm 4 : Oblivion, de Don Coscarelli


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Phantasm 4 : oblivion, de Don Coscarelli (Etats-Unis, 1998)



Note :
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Dernier « Phantasm » à ce jour, ce quatrième volet possède au moins un joli titre, dans lequel son numéro est d’ailleurs dissimulé subtilement : le « i » et le « v » d’« oblivion » formant un «
IV » dans le générique… marrant, non ? Après un résumé des épisodes précédents, on a d’abord l’impression que le film veut en découdre avec la saga en s’imposant comme l’ultime chapitre : « Le
jeu final va commencer » énonce solennellement le « tall man » ! Et même si la fin reste ouverte, force est de constater qu’elle n’attend pas (forcément) de suite supplémentaire… (On va y
revenir)

« J’étais un marchand de glace… Maintenant, je suis un soldat ! », déclare joliment le narrateur, ce bon vieux Reggie Banister, dans un élan de bisserie rigolarde, pour faire le point sur la
situation en début de métrage. La suite nous fait demeurer dans les mêmes problématiques que les précédents films, avec des boules, un croque-mort, du sang jaune et des dimensions parallèles…
sauf qu’au bout du compte ça lasse peut-être un peu, à force ? On ne sait jamais vraiment où l’on va, mais le suspense entretenu quant à la suite ne nous passionne justement plus
complètement…

Bien sûr, un nouveau fil directeur vient apporter à cet opus son lot de « révélations », orientées principalement du côté du croque-mort géant, de son passé et de ses origines… On apprendra ainsi
son véritable nom (ah, ce bon vieux Jebediah Morningside, dont le nom de famille correspond étrangement à celui de la ville où tout a commencé !), mais également des éléments sur ses étranges
pouvoirs : dons de télékinésie, « fourche dimensionnelle » permettant de voyager entre les dimensions mais aussi à travers le temps… D’ailleurs, Michael utilise furieusement les fourches au cours
de l’épisode et semble devenir quelqu’un d’autre, capable de maîtriser certains pouvoirs… Deviendrait-il finalement un nouveau « tall man » ? Ou s’aventure-t-il tout simplement un peu plus loin
dans la folie ? On se gardera toutefois d’en conclure qu’il « perd la boule », dans la mesure où il commence lui aussi à contrôler les « sphères » sanguinaires du croque-mort…

Bref ! Coscarelli multiplie les belles images qu’on ne comprend pas vraiment au cours de ce « Phantasm 4 », comme s’il cherchait à se faire plaisir : un beau coucher de soleil façon « L’exorciste
», un pendu se balançant à un arbre au milieu d’une immense plaine désertique, un champ de « fourches dimensionnelles » qui semblent pousser sous nos yeux ébahis… Sans scrupules, le cinéaste se
permet aussi d’incroyables flash-back dont l’intérêt reste encore à prouver, mais qui lui permettent au moins de recycler les rushes non utilisées du premier film ! Quelques scènes d’action
viennent enfin s’incruster dans toute cette « poésie » visuelle : l’attaque d’un policier à sang jaune (?) ou encore l’éternel accident de voiture… suite auquel on entendra la réplique qui tue et
qui oriente finalement tout le film : « Attendez, je croyais que les voitures n’explosaient que dans les films… »

Voilà donc où Don Coscarelli voulait encore une fois nous amener : en plein fantasme fictionnel et cinématographique ! Si ce « Phantasm oblivion » demeure moins rythmé que les deux précédents, il
rejoint en fait l’univers du premier, en cherchant à créer une « ambiance » plutôt qu’une
cohérence scénaristique… On nage ainsi toujours dans les rêveries de Michael, ou de Reggie, ou… peu importe de qui, au fond, l’essentiel étant visiblement l’effet ainsi obtenu ! La fin recentre
quand même les choses en nous rappelant que « Tout est dans la tête » de Michael, avec cette mystérieuse phrase alors que l’on assiste au souvenir de la rencontre de Michael avec le marchand de
glace Reggie quand il était plus jeune : « C’était le vent… rien que le vent… » Tout ça pour en arriver à un immense vide alors ?

Mais un vide non dénué de plaisir non plus, un plaisir onirique certes, mais aussi humoristique, spécialement lorsque l’intrigue se redirige sur Reggie : comme à chaque épisode, il rencontre une
jeune femme pour satisfaire ses débordement libidineux, avec scène de douche incluse… et quelle rigolade surtout quand deux boules prêtes à tuer lui sortent par les seins : proprement
hallucinant, déviant et jubilatoire ! Un beau geste filmique, en somme, même si un « Phantasm 5 », un temps envisagé, ne contrarierait certainement personne à demeurer dans les placards…



 



Mise en perspective :



- Phantasm, de Don Coscarelli



- Phantasm 2, de Don Coscarelli



- Phantasm 3 : le seigneur de la mort, de Don Coscarelli



- Dar l’invincible, de Don Coscarelli (Etats-Unis, 1982)































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samedi 2 avril 2011

[Critique] La proie, d’Eric Valette



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La proie, d’Eric Valette (France, 2010)



Sortie le 13 avril 2011



Note :
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Nouvelle tentative du cinéma français dans l’univers très codé du cinéma de genre, on ne peut pas dire que « La proie » soit une franche réussite… Très vite, on sent notamment que cette histoire
de « serial killer » poli (et donc français !) qui utilise l’ADN se son ex-compagnon de cellule lors d’un séjour en prison pour lui mettre ses propres meurtres sur le dos, manque cruellement de
crédibilité ! Il faut dire que le scénario ne semble pas avoir été écrit avec une grande finesse, enchaîne les situations convenues, et propose surtout des personnages caricaturaux et sans
profondeur, souvent psychologiquement inaboutis… Si l’on rajoute à ça des erreurs de casting flagrantes, quand ce ne sont pas carrément les acteurs qui sont mauvais (voir Stéphane Debac,
lamentable dans la peau du tueur en série !), on comprendra la gêne à regarder un tel gâchis. Albert Dupontel, Natacha Régnier, Sergi Lopez et quelques autres font ce qu’ils peuvent, mais force
est de constater surtout que le cinéma français ne possède pas les interprètes qu’il lui faudrait pour enfin percer dans de domaine des films de genre ou de la série B ! En gros les moyens sont
là, mais pas les talents…

On sent un sérieux effort côté mise en scène, avec une belle efficacité visuelle ou un montage nerveux, mais le réalisateur s’applique presque trop finalement… L’influence du cinéma américain est
évidente à chaque plan et « La proie » ne recèle pour le coup pas la moindre originalité : elle recycle sans talent des images et des clichés déjà mille fois revus ! Sans compter que cette
volonté incessante du film de vouloir à tout prix multiplier les scènes d’action, quitte à devenir indigeste et à lasser, finit par rendre le tout parfaitement invraisemblable : à force de se
sortir de n’importe quelle cascade, le héros en deviendrait presque un surhomme, se relevant aussitôt après chaque chute de cinq étages et toujours prêt à courir comme un lièvre… Bref : le
thriller talentueux, subtil et virtuose à la française, ce n’est visiblement pas encore pour tout de suite !



 



Mise en perspective :



- La horde, de Yannick Dahan et Benjamin Rocher (France, 2010)



- La meute, de Franck Richard (France, 2010)



- Captifs, de Yann Gozlan (France, 2010)































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vendredi 1 avril 2011

[Critique] Fukushima mon amour, d’Armato Miike



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Fukushima mon amour, d’Armato Miike (Japon, 2011)



Note :
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« Tu n’as rien vu, à Fukushima… »




Le titre français reprenant celui du célèbre film d’Alain Resnais et de Marguerite Duras sur Hiroshima, on ne pourra pas dire que les japonais manquent de sens de l’humour, surtout dans les
circonstances actuelles, en regardant cet étonnant film, rapidement bricolé ces dernières semaines pour la télévision nippone…

Improbable nanar improvisé sur la catastrophe nucléaire en cours au Japon (après un tremblement de terre et un tsunami !), le scénario (écrit à très gros traits) montre comment la contamination
des bordures océaniques par les rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima transforme progressivement la faune aquatique en véritables monstruosités éminemment dangereuses et
terrifiantes… Après avoir attaqué et coulé deux ou trois bateaux au large des côtes, l’alerte est donnée et des plongeurs sont bientôt confrontés à de gigantesques poissons carnivores et
cracheurs de feu ionisant, puis littéralement dévorés par eux !

La gaudriole va bon train et l’on se retrouve très clairement dans une série Z complètement fauchée mais finalement assez tordante, avec acteurs calamiteux, monstres marins dignes des pires films
de la saga Godzilla et incrustations d’effets spéciaux dans les images dans la droite lignée
d’un « Megapiranha » ! Le comble de l’absurde et de l’aberration filmique est
atteint quand des pattes se mettent à pousser sous les écailles des « méga » poissons et qu’ils envahissent l’île japonaise, allant jusqu’à jouer les Kaiju dans les rues de Tokyo, maquettes
enflammées d’apocalypse urbaine incluses !

Pourtant, sous ses allures d’énième film de monstres nippon, élaboré en deux coups de crayons et avec quelques dizaines de yens, « Fukushima mon amour » en dit bien davantage que ce qu’il veut
bien donner à voir de prime abord… En sous-texte, on comprend bien sûr le retour de la menace nucléaire, qui a déjà tellement hanté les esprits japonais depuis les tragédies d’Hiroshima et de
Nagasaki en 1945 : une menace injuste et aveugle, qui massacre tout ce qui se trouve sur son passage… Les terrifiants poissons géants ne font en effet pas dans le détails, dévorant et exterminant
tout autant les pro et les anti-nucléaires !































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