dimanche 21 mars 2010

Jeu : les 7 degrés de séparation # 11

jeu 7 degres

Dans des genres très différents, Irène et Catherine Jacob sont toutes les deux de formidables actrices ! Saurez-vous les rapprocher en un minimum de degrés de séparation et peut-être ainsi
remporter un point à notre grand jeu hebdomadaire ?!

La règle du jeu est en consultation gratuite à cette adresse : il suffit de cliquer !

Le gagnant de la semaine dernière, Foxart, possédant déjà tous les DVD mis en jeu, a décidé de passer son tour et d’attendre l’arrivée de prochains cadeaux avant de se décider…
Le point pour sa belle chaîne entre deux chevaliers va cette semaine à Adèle R. Si elle
parvient à 3 points (à moins que vous ne la surpassiez ?), elle pourra choisir un DVD parmi les suivants :
- « Akoibon » d’Edouard Baer
- « The calling » de Richard Caesar
- « L’étrange créature du lac noir », de Jack Arnold (dans une
fabuleuse édition, accompagnée notamment du documentaire "Retour sur le lac noir")

Bon dimanche à toutes et à tous, bon jeu et à la semaine prochaine, 13h13 pétante !






























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Bad Lieutenant, d’Abel Ferrara (Etats-Unis, 1992)

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Note :
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« Bad Lieutenant » est d’abord la description hyper réaliste d’une terrifiante descente aux enfers. Celle de ce si « mauvais lieutenant » donc, policier aux méthodes pas très légales, drogué,
alcoolique, mauvais père de famille, et parieur invétéré ! Tout au long du film, on suit ses errances dans New York, ville de tous les excès, de tous les péchés et de tous les crimes. En tant
qu’homme de loi, il enquête à sa façon et se considère finalement au-dessus des lois : s’affirmant catholique, il use de pratiques finalement pas très catholiques, détournant de la drogue sur les
lieux de crime pour la refourguer à des dealers, réglant les conflits un peu comme ça l’arrange… Ce personnage est incarné à l’écran avec une intensité folle et désespérée par Harvey Keitel, qui a
visiblement mis tout ce qu’il pouvait dans ce rôle. Il est énorme dans cette incarnation à la fois rageuse et fragile, oscillant entre excès de colère et pleurs incontrôlés…

Pour rendre avec force la pente vertigineuse sur laquelle le personnage est en train de glisser et de s’effondrer à une vitesse démesurément folle, Abel Ferrara use d’une mise en scène
incroyablement brutale dans le regard qu’elle offre sur la ville, lieu sale et désespérant, où évolue la lie de l’humanité. Par une image sans fioriture, il cadre un décor et des personnages très
réalistes. Pour l’intensité du rendu, la légende dit que le tournage s’est d’ailleurs souvent fait à la sauvage, que les scènes de prises de drogues sont authentiques et que le dernier plan, où le
personnage se fait assassiner dans sa voiture en pleine rue, est en prise de vue « réelle », filmant les véritables réactions des passants… et le spectacle est d’ailleurs effrayant, triste
spectacle d’une humanité qui exhale la veulerie et l’indifférence !

Mais en filmant l’acheminement crasseux du lieutenant vers la mort, Ferrara en propose une vision étonnamment mystique. Des plans de Christ crucifié sont incidemment insérés au cœur de certaines
séquences clé, mais c’est aussi les positions que peut prendre le personnage principal à plusieurs reprises qui évoquent cette figure christique du sacrifié ou du damné. On retient bien sûr
essentiellement ce plan mythique, où Harvey Keitel nu, drogué et débauché auprès de prostituées, s’avance les bras en croix en se mettant à pleurer… Alors, le « bad lieutenant » serait donc un
Jésus moderne ? Tout n’est cependant pas si simple… Si le Christ biblique fréquentait lui aussi plus volontiers les hommes et les femmes des bas-fonds, les voleurs, les prostitués et tous les
marginaux qu’il pouvait trouver, il ne participait pourtant pas lui-même à leurs débauches (du moins, à ce qu’on en dit). Pourtant, notamment par le biais de l’histoire d’une nonne violée sur un
autel par deux jeunes voyous, on s’apercevra que le personnage de Keitel possède un pouvoir proche de celui de Dieu. Comme la bonne sœur qui parvient à pardonner à ses agresseurs, il finira en
effet par faire comme elle, et même à aider les criminels à s’en sortir… Ce sera le dernier effort vers la rédemption, le dernier geste salvateur de cet homme qui vivait jusque là dans les
ténèbres. Il peut désormais mourir, élevé enfin par la grâce de ses derniers instants, capables de racheter toute une vie… Contre toute attente, Ferrara signe peut-être là un film profondément et
indiscutablement chrétien, loin de l’hypocrisie de ceux qui ne conserve de la religion que son apparat et ses rituels. On pourrait ainsi le rapprocher de « La dernière tentation du Christ » de
Martin Scorsese, qui fut très mal interprété à sa sortie et qui fut condamné pour de mauvaises raisons. Scorsese a d’ailleurs très bien évoqué le film de Ferrara : « C’est un film clef, j’aurais
aimé que La Dernière Tentation du Christ lui ressemble. Mais je n’ai pas obtenu certaines images, sans doute parce que je traite directement de l’image du Christ. […] C’est un film exceptionnel,
extraordinaire, même s’il n’est pas au goût de tout le monde. […] C’est également un film pour lequel j’ai la plus grande admiration. On y voit comment la ville peut réduire quelqu’un à néant et
comment, en touchant le fond, on peut atteindre la grâce. C’est le film new-yorkais ultime. […] Si on ose, il faut suivre le personnage jusque dans la nuit. C’est pour moi l'un des plus grands
films qu’on ait jamais fait sur la rédemption… Jusqu’où on est prêt à descendre pour la trouver… »






























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samedi 20 mars 2010

La collectionneuse, d’Eric Rohmer (France, 1967)

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Note :
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Quand un collectionneur rencontre une « collectionneuse », ça donne un affrontement tendre et facétieux, imbibé de philosophie pratique, dans un film d’Eric Rohmer, le quatrième volet de la série
des « Contes moraux ».

C’est l’été, et Adrien laisse s’envoler seule sa petite amie pour Londres, prétextant de son côté la vente d’un objet d’art qu’il doit conclure avec un autre collectionneur. En réalité, il va
surtout profiter de l’occasion pour occuper tout son temps libre à ne rien faire, en s’installant dans une grande maison avec Daniel, un ami vaguement artiste. La quête du néant absolu va alors
devenir la véritable gageure de ses vacances, malgré l’immense difficulté que l’accès à la plus totale inactivité semble revêtir. L’oisiveté ne serait donc pas à la portée du premier venu et Adrien
dira lui-même que dans la société actuelle, il faut du courage pour ne pas travailler !

Cette recherche du vide comme précepte existentiel sera néanmoins gênée par l’arrivée d’Haydée dans la maison, qui viendra en quelque sorte « ravir » (au sens de ravissement) le personnage de son
nihilisme estival. Butinant de garçon en garçon, Adrien la définira comme une « collectionneuse », accumulant les liaisons à dessein, la rapprochant ainsi de lui par le vocabulaire, le terme de «
collectionneuse » évoquant bien entendu son « métier »… Peu à peu se joue un jeu étrange et pervers entre les deux personnages, lui poussant Haydée dans les bras de Daniel avant de le regretter, et
elle refusant effrontément d’ajouter le « collectionneur » à sa propre collection… Adrien finira par repartir vers son amie, la queue entre les jambes (si l’on puit dire).

Badinage sentimental bien plus complexe qu’il n’y paraît, comme c’est souvent le cas chez Rohmer, « La collectionneuse » se veut tour à tour une réflexion sur l’amour, la fidélité et sur l’art.
Confondant les deux, le cinéaste parvient à établir en fin de compte un « art d’aimer » absolument passionnant et bien souvent savoureux… Les acteurs sont frais et possède cette « sensualité
cérébrale » des personnages rohmeriens : on retrouve un Patrick Bauchau jeune et beau, et Haydée Politoff incarne une collectionneuse parfaite et exubérante, dans une mouvance très « nouvelle vague
»…

Mise en perspective :
- Le rayon vert, d’Eric Rohmer (France, 1983)






























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Bus Palladium, de Christopher Thompson (France, 2010)

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Note :
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Fils de la réalisatrice Danièle Thompson, d’habitude plutôt acteur, le petit Christopher (40 tours au compteur cependant) signe ici sa première réalisation, et se montre finalement plus doué que
maman… Il réussit effectivement un film à la mise en scène plutôt fluide et douce, sans temps mort, et en refusant de situer chronologiquement son intrigue avec précision, il parvient à
retranscrire un sentiment de nostalgie presque universel, ou tout du moins adapté à plusieurs générations. En décrivant une époque déréalisée et délicieusement passéiste, quelque part au temps des
33 tours et des magnétoscopes à cassettes, le ressenti mémoriel s’avère finalement plus intéressant et plus payant qu’une description précise et réaliste d’une époque aux contours trop bornés. Le
traitement chromatique de l’image, au teint un peu passé, participe évidemment de cette recherche du bienheureux souvenir un brin idéalisé. L’utilisation également d’images issues d’une caméra 8
millimètres que tient l’un des personnages est un vrai plaisir, permettant de casser la monotonie d’un film trop plan-plan et de proposer à l’écran quelques regards caméras absolument dévastateurs
des acteurs !

« Bus Palladium » retrace comme une chronique tendre l’itinéraire de cinq copains qui rêvent de rock et dont le groupe, Lust, commence à avoir un petit succès… On assiste alors aux émois encore
adolescents ou existentiels des personnages, aux tensions et aux fous rires, le tout balancé sur une bande son vraiment sympa, composée par Yarol Poupaud et (un petit peu) par Benjamin Biolay.
Fougueux et plein de fraîcheur, le film doit beaucoup de sa spontanéité à ses acteurs, tous très naturels et attachants… On retient surtout les deux têtes d’affiche sur qui la narration s’attarde
plus longuement : le merveilleux et sensuel Marc-André Grondin (héros pour l’éternité du sublime « C.R.A.Z.Y. ») et l’impulsif Arthur Dupont, très bon dans ce rôle de rockeur dépressif qui ne pense
qu’à brûler sa vie au plus vite…






























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vendredi 19 mars 2010

Nord, de Rune Denstad Langlo (Norvège, 2010)

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Alors que sa copine l’a largué et qu’il est en pleine dépression existentielle gonflée au Prozac, Jomar, 30 ans, s’est trouvé une planque au pied d’une piste de ski… Un travail inutile qui lui
permet de passer ses journées à roupiller ou à regarder des documentaires sur les incendies dans les tunnels de montagne à la télévision… Et puis un jour, il met involontairement le feu au chalet
où il a pris sa « retraite » et devant la maison en flamme, il décide d’enfourcher sa motoneige et de partir à travers la montagne pour une « odyssée » extraordinaire, au bout de laquelle il
retrouvera sa « Pénélope » qui l’attend avec son enfant… ou pas ?

Au cours de son périple, il multiplie les aventures et les rencontres aux frontières de l’absurde, traversées par un humour tout à fait particulier, que l’on pourrait peut-être qualifier de «
nordique » : ce fameux « humour norvégien », sans doute… Il va rester un moment aveugle dans la maison d’une petite fille qui vit avec sa grand-mère. Pour dormir, il doit franchir une toute petite
porte avant de pouvoir s’allonger. On se croirait presque dans un conte, et le film possède en effet ce côté « fable » initiatique, montrant le parcours de Jomar, être en formation qui semble
chercher à atteindre enfin l’âge adulte… Un peu plus loin, il fera brûler une nouvelle maison (!), il rencontrera un jeune homme étrange, qui s’assure avec insistance de la non-homosexualité de
Jomar avant de l’accueillir à bras ouverts et de multiplier les gestes hyper affectifs à son égard… Une des dernières étapes de son voyage le fera échanger avec un vieil homme sous une tente, qui
lui offrira une carte pleine de points cadeaux pour un magasin avant de disparaître sous la glace, emporté par sa motoneige à laquelle il s’est attaché… Une scène tragique, mais présentée avec un
piquant des plus tordant ! Tout est un peu comme ça à l’avenant, avec un humour « à froid » si l’on puit dire, mais avec aussi une certaine poésie qui affleure : on retient notamment ce plan où
Jomar s’élance sur ses skis dans un immensité blanche, devenant à l’écran un tout petit point noir insignifiant… Une métaphore de sa propre existence ? « Nord » est ainsi un film ironique, décalé
et en fin de compte plus profond qu’il n’y paraît de prime abord !






























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jeudi 18 mars 2010

Ewan McGregor (acteur)


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Avec pas moins de trois films à l'affiche en un peu moins d'un mois, on peut dire sans l'ombre d'un doute que Ewan McGregor est l'acteur du moment ! Vous pouvez en effet le voir actuellement dans
les salles dans "I love you Phillip Morris", où il incarne
l'amoureux transi de Jim Carrey, dans "Les chèvres du Pentagone", où
il joue une variante de son ancien rôle de Jedi (enfin... pas tout à fait, à vrai dire), et surtout dans le magistral thriller politique signé Roman Polanski : "The ghost writer".

Né le 31 mars 1971, cet acteur écossais s’intéresse d’abord au théâtre et à la musique. Il sera vite rattrapé par la télévision, notamment avec la mini-série britannique « Du rouge à lèvres sur ton
col » en 1993, puis par le cinéma, en devenant assez naturellement l’acteur fétiche du cinéaste Danny Boyle. On se souvient tous de Ewan tout chevelu dans le petit film entre amis au succès
phénoménal « Petits meurtres entre amis », à l’humour noir grinçant et réjouissant, puis de son crâne entièrement rasé dans le film suivant, qui le propulsera sous les feux des projecteurs : «
Trainspotting ». Il y interprète un junkie tout maigre et tout délire, duquel on ne pouvait que tomber furieusement amoureux ! Sa collaboration avec Boyle se terminera en 1997 avec « Une vie moins
ordinaire », une pure folie narrative pleine de fantaisie et de trouvailles, qui fut pourtant injustement boudé par la critique et le public…

Entre-temps, McGregor poursuit son odyssée télévisuelle en y faisant quelques apparitions surprenantes et inattendues, comme dans le quinzième épisode de la saison 3 de la série hospitalière «
Urgences », où il incarne un jeune voyou attachant qui prend en otage l’infirmière Carol Hathaway dans une épicerie…

Sur grand écran, il poursuit son petit bonhomme de chemin de futur grand acteur en jouant dans quelques pépites, comme « The pillow book » de Peter Greenaway (où on a enfin la chance de le voir
intégralement nu !) ou « Le baiser du serpent », premier film du célèbre directeur de la photographie Philippe Rousselot.

On sent une véritable influence de la musique dans sa carrière, surtout lorsque l’on pense à des films comme « Les virtuoses » en 1997, dans lequel il joue de la trompette dans une fanfare, ou
comme « Velvet Goldmine » de Todd Haynes l’année suivante. Jusqu’à l’aboutissement et l’éblouissement « Moulin rouge » en 2001 bien sûr, où on le voit pousser la chansonnette d’une voix
merveilleuse et ô combien sensuelle, aux côtés de Nicole Kidman…

Il jouera aussi dans des films plus discrets, mais néanmoins notables, comme un efficace thriller horrifique signé Ole Bornedal : « Le veilleur de nuit » (dans sa version « remake » américaine),
ou encore comme « Trader », un film assez inattendu et presque visionnaire sur les boursicotages d’un trader !

Viendra ensuite bien évidemment les trois premiers épisodes de « Star wars » : « La menace fantôme », « L’attaque des clones » et « La revanche des Sith », où il incarne le maître Jedi Obi-Wan Kenobi,
donnant au personnage une image jeune et fougueuse après l’interprétation qu’en avait faite Alec Guinness dans la première trilogie…

Ce rôle intergalactique lui ouvre fatalement les portes d’Hollywood en grand, où il s’envole tourner du très bon (le « Big fish » de Tim Burton en 2004), du correct (« The island » en 2005) et
puis… du un peu moins bon quand même ! Mais ça, ça arrive à tout le monde… Et puis Ewan McGregor s’est très bien ressaisi depuis : on l’a vu notamment chez Woody Allen en 2007 (« Le rêve de
Cassandre ») et il n’y a qu’à voir ses films à l’affiche aujourd’hui ! Sans compter que ses prochains projets s’annoncent tout aussi excitant, à commencer par « Knockout », qui sera signé Steven
Soderbergh… Alors longue vie à toi, jeune padawan : que la Force soit avec toi !






























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Chicas, de Yasmina Reza (France, 2010)

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Pour son premier film, Yasmina Reza s’est inspirée d’une pièce de théâtre qu’elle avait elle-même écrite : « Une pièce espagnole ». On comprend constamment ses efforts pour éviter de faire du
simple théâtre filmé, notamment à travers son obsession du travelling, comme si elle avait peur de stopper le mouvement de sa caméra. Ce n’est pas gênant, certes, mais ce n’est pas forcément
pertinent non plus : on observe cependant à cette occasion qu’elle aime beaucoup filmer les pieds de ses actrices, ma foi pourquoi pas… Elle incruste également quelques séquences à part au fil de
son film, vagues évocations nostalgiques de l’enfance, assez vaines à vrai dire, qui n’ajoutent pas grand chose à son sujet…

Son sujet, justement, et surtout son traitement, c’est bien sûr ce qu’elle réussit le mieux ! Son portrait de famille est à la fois terriblement réaliste et absolument savoureux, oscillant entre
tendre drame et humour un peu cruel… Elle sait vraiment décrire de beaux personnages, tous soutenus par ailleurs par des acteurs excellents, au meilleur de leur forme ! Carmen Maura est épatante
dans ce rôle de veuve espagnole, mère courage ayant élevée ses trois filles toute seule et profitant de la dernière partie de sa vie avec un nouveau « fiancé » qui la stimule vraiment. Les trois
filles sont très bien, à commencer par la sublime Emmanuelle Seigner, qui n’a jamais été
aussi émouvante et belle, et qui parvient à une bouleversante performance avec ce personnage de star de cinéma, adulée de tous mais pourtant épouvantablement seule au fond de son cœur… Les seconds
rôles masculins réservent eux aussi de sacrés surprises, particulièrement appréciables : André Dussollier joue le nouveau « fiancé » de la mère, chef d’entreprise « humaniste » plein de fraîcheur,
et le toujours excellent Bouli Lanners est très bon dans le rôle d’un mari faussement fruste…

Mise en perspective :
- Giallo, de Dario Argento (Italie, 2008)
- Les herbes folles, d'Alain Resnais (France, 2009)






























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